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Montée en puissance de la réserve opérationnelle

Auteur : la capitaine Céline Morin - publié le
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Après l’attentat de Nice, 2 500 personnes ont manifesté leur intérêt pour la réserve opérationnelle de la gendarmerie. 550 d’entre elles ont été sélectionnées.
© MI Dicom - P. Chabaud

En juillet 2016, peu après l’attentat de Nice, la gendarmerie a pris des mesures importantes, tant en termes de mobilisation des réservistes que de recrutement et de formation.

Dans les heures qui ont suivi l’attentat perpétré à Nice le 14 juillet 2016, François Hollande a exprimé sa volonté de recourir à la Réserve opérationnelle (R.O.), concernant « tous ceux qui à un moment ont été sous les drapeaux ou dans les effectifs de la gendarmerie pour venir soulager les effectifs de policiers et de gendarmes. […] Nous pourrons les déployer sur tous les lieux où nous avons besoin d’eux et en particulier pour le contrôle des frontières ».

Une volonté réaffirmée deux jours plus tard par le ministre de l’Intérieur qui appelait « tous les Français patriotes qui le souhaitent » à rejoindre la R.O.À la suite de ces annonces, le président de la République s’est rendu au Cnefg, à Saint-Astier, le 20 juillet, afin de rencontrer les 346 réservistes en cours de formation.

À cette occasion, le général d’armée Denis Favier a rappelé que la R.O. de la gendarmerie représente à elle seule 50 % des réserves militaires françaises. L’Institution possède en effet un vivier de 25 000 réservistes opérationnels sous contrat (RO1) auxquels s’ajoutent 28 000 retraités de l’Arme, officiers, sous-officiers, GAV, soumis à une obligation de disponibilité de cinq ans (RO2) et donc mobilisables par publication d’un décret.

Dès le 18 juillet, la gendarmerie a mobilisé 9 000 hommes et femmes, pour une empreinte au sol de près de 3 400 réservistes/jour, avant d’annoncer un effectif porté à 12 500 dès la fin du mois de juillet. Ressource territoriale totalement intégrée au dispositif gendarmerie, la R.O. procure au commandement une capacité de manœuvre supplémentaire, en renforçant notamment le dispositif estival de protection des populations. Cet été, ils ont été employés à la sécurisation renforcée de 56 événements.

Mobilisation de la réserve

« Notre première mission a été de procéder à la montée en puissance rapide du volume de réservistes employés quotidiennement sur le terrain, explique le général de division Alain Coroir, délégué aux réserves gendarmerie. L’ensemble des responsables territoriaux de la gendarmerie a été sollicité pour organiser et mettre en place l’engagement massif des réservistes sous contrat. Nous sommes ainsi passés de 2 000 avant l’attentat à 3 400 le week-end suivant, avec l’objectif d’atteindre 4 000 et de s’y maintenir. Nous leur avons aussi demandé de sensibiliser les RO2 à l’éventualité d’être officiellement rappelés, mais aussi de les inciter à passer en RO1. »

Fin juillet, 9 000 RO2 avaient d’ailleurs fait connaître leur intention de signer un contrat ESR, dont 3 000 se sont exécutés dans la foulée. Ces RO2 présentent l’immense avantage d’être immédiatement employables, qui plus est s’ils ont quitté l’Institution depuis moins de deux ans, ce qui concerne 10 000 personnes, puisque leur aptitude médicale est toujours valable.

Le président de la République, François Hollande, s’est rendu au Cnefg, à Saint-Astier, le 20 juillet 2016, afin de rencontrer les 346 réservistes en cours de formation.

© Élysée

Formation exceptionnelle

« Notre deuxième axe de travail a été d’organiser, à la demande du DGGN et du major général, une Préparation militaire gendarmerie (PMG) exceptionnelle en août, de manière à augmenter notre effectif. La DOE, le commandement des écoles, le Saelsi pour l’habillement, le SSA pour le contrôle médical et les psychologues se sont mobilisés pour monter cette formation en trois jours, poursuit le général. Pour être en mesure de le faire, nous avons dû modifier nos process. Par exemple, les psychologues se sont déplacés sur les sites de formation pour faire passer les tests, de même que la société Boyer pour livrer l’équipement. »

Après l’attentat de Nice, quelque 2 500 personnes ont manifesté leur intérêt pour la réserve opérationnelle de la gendarmerie. 550 d’entre elles (avec possibilité de recourir à une liste complémentaire en cas de désistement, d’inaptitude ou d’abandon) ont donc été sélectionnées pour être formées dès le mois d’août sur un cursus traditionnel de 15 jours. Trois sites ont accueilli ces PMG exceptionnelles : Montluçon (250 stagiaires), Tulle (80) et Beynes (220).

En outre, deux régions avaient également programmé des formations en août (110 à Lyon et 70 à Orléans), portant à 730 le nombre de réservistes immédiatement employables à la fin de l’été. Et le GDI Coroir d’annoncer : « Avant l’attentat, nous avions un objectif de 30 000 réservistes opérationnels ; il est désormais à 40 000 à l’échéance 2018-2019. Nous devrons donc aussi porter notre effort sur le recrutement ».Dans un futur proche, cette réserve opérationnelle de la gendarmerie pourrait être le socle nécessaire à la création d’une véritable Garde nationale annoncée par le président de la République.

En août 2016, les 250 stagiaires de la Préparation militaire gendarmerie exceptionnelle (PMG) organisée à l’école de Montluçon ont reçu la visite du président de la République, François Hollande. © MI Dicom - P. Chabaud

 

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2016, année de préfiguration d’un nouveau cursus

En 2015, une nouvelle formation initiale des réservistes a été élaborée. Le programme, totalement remanié et condensé sur quatre semaines, vise à former un réserviste « prêt à l’emploi » au profit des unités d’active. Cette PMG rénovée a été expérimentée cette année par les régions Aquitaine et Auvergne Rhône-Alpes, avec l’objectif d’une généralisation à l’horizon 2017. Dès le printemps 2017, les réservistes recevront également leur carte professionnelle électronique leur permettant ainsi d’accéder aux applications métier et d’atteindre un niveau opérationnel d’autant plus intéressant pour les unités.