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Grand Prix de France moto : contrevenants hors circuit

Auteur : la capitaine Gaëlle Pupin - publié le
Temps de lecture: ≃4 min.
Avec plus de 200 000 spectateurs convergeant vers Le Mans pendant trois jours, la gestion des flux était l’une des missions essentielles du week-end.
© Photo d'illustration : Sirpa – Major F. Balsamo

Rassemblant plus de 200 000 amoureux des grosses cylindrées, le Grand Prix de France (GPF) de moto est l'un des événements majeurs de la saison pour le groupement de la Sarthe (72). Gestion des flux, répression des comportements à risques, contrôle des conduites addictives, le tout sur fond d’une potentielle menace terroriste : plus de 150 gendarmes étaient sur le pont chaque jour pendant ce week-end de la Pentecôte… et sur tous les fronts ! Une épreuve bien encadrée, sans freiner les passionnés.

« Pendant trois jours, le groupement de la Sarthe vit au rythme du Grand Prix de France, explique le colonel Jérôme Delhez, commandant le groupement de gendarmerie départementale de la Sarthe (72). Tous les personnels sont fortement mobilisés autour de deux missions principales : le contrôle des flux et la gestion d’éventuels troubles à l’ordre public en zone périurbaine. »

Contrôle des motocyclistes et des véhicules leur servant éventuellement de logistique, par les gendarmes de la communauté de brigades de Moncé en Belin, à proximité immédiate du circuit et de la fameuse ligne droite des Hunaudières.

© GGD 72

Dès samedi matin, les premiers à marcher des pelotons motorisés sillonnent en effet les autoroutes. Dès qu'un groupe de motards est repéré, les patrouilles leur font signe de s’arrêter sur l’aire de repos la plus proche afin d’effectuer un contrôle des papiers, des engins, mais également des bagages. Pendant ce temps, sur les divers péages situés autour du Mans, des dispositifs de contrôle sont mis en place.

Maîtrise de la gestion des flux et du traitement des comportements à risques

Dès 10 heures, au péage d’Auvours, les gendarmes sont à pied d’œuvre pour contrôler les « flux entrants ». « Pendant trois jours, plus de 200 000 spectateurs convergent vers Le Mans. Ils viennent de toute la France, voire même de l’étranger, précise le colonel Delhez. Pour cette mission, l’EDSR 72 (Escadron Départemental de Sécurité Routière) est particulièrement sollicité. Il bénéficie également de l’appui de gendarmes des brigades du groupement. »

Le Mdl/chef MATHIEU Lionel, du GIC Feneu, participe aux contrôles stupéfiants réalisés par les motocyclistes de l'EDSR 72 à la barrière de péage d'autoroute depuis Paris.

Il dispose de deux chiens "stups/armes/munitions/billets", ce qui est garant d'efficacité dans la durée. Hagin, de race springer, flaire les occupants d'un véhicule contrôlé et permet d'identifier à coup sûr les consommateurs de produits illicites qu'il marque impitoyablement.

© GGD 72

Trois équipes cynophiles se relaient par ailleurs sur les points de contrôle. Une fois le véhicule arrêté et les papiers vérifiés, le maître de chien fait aligner tous les occupants afin que l’animal puisse repérer d’éventuelles odeurs de stupéfiants. En cas de marquage sur un individu, le véhicule est passé au crible. La découverte de produits entraîne alors la prise en compte des contrevenants par une équipe de l’EDSR au peloton d’autoroute du Mans. C'est alors au tour d'une équipe spécialement dédiée aux procédures judiciaires de prendre le relais : auditions, relevés décadactylaires, photographies et même prises de sang, effectuées sur place par un médecin spécialement réquisitionné pour l’événement.

Anticipation et travail en synergie sur fond de menace terroriste

Particularité du GPF : la plupart des installations se trouvent en zone police. Le P.C. s’articule ainsi autour de plusieurs services : gendarmerie et police nationales, sécurité civile… « Ce type d’événement d’ampleur ne se traite pas à la légère, rappelle le colonel Delhez. C’est un véritable travail d’anticipation sous l’autorité du préfet du département, monsieur Nicolas Quillet. À l'image des années précédentes, la menace terroriste a particulièrement été prise en compte. C’est pourquoi tous les services ont œuvré en synergie, prêts à faire face à tout acte terroriste, en liaison avec l’organisateur du GPF, qui est largement mis à contribution. »

Depuis l'hélicoptère EC 135, le LCL Ségui, officier adjoint commandement, coordonne les services au sol en lien direct avec le PC opérationnel au sol.La phase des départs, qui succède à la fin de la course, est incontestablement la plus délicate à gérer en raison des flux massifs qui engorgent les axes, notamment lors des deux premières heures.

© GGD 72

La composante gendarmerie du P.C. a notamment pour mission de renseigner en temps réel les autorités sur la variation des flux routiers, mais également sur le maintien de la sécurité publique en zone gendarmerie. À cet effet, des officiers du groupement se relaient, appuyés par les spécialistes des services d’information et de communication, pour recueillir toutes les données nécessaires.

Adaptation et réorganisation pour une épreuve sous contrôle

Plusieurs dispositifs de contrôles sont planifiés au cours de ces trois jours, notamment de nuit, afin de cibler notamment les conduites sous l’emprise d’un état alcoolique ou de stupéfiants. Une vingtaine de personnels sont ainsi engagés, plusieurs heures durant, avec l’appui des équipes cynophiles.

De même, des contrôles spécifiques sont mis en place le dimanche matin. Au programme : ouverture des camionnettes sous réquisition du procureur de la République afin d'éviter que des indélicats ne repartent avec des motos qui ne leur appartiennent pas…Cependant, comme le souligne le colonel Delhez, « le reste du groupement continue de tourner. » En marge de ces contrôles ciblés, les gendarmes des brigades sont, en effet, également confrontés à de multiples interventions, notamment nocturnes : accidents, tapages, suspicion de rave party, etc. En fonction des sollicitations, le dispositif est régulièrement réadapté pour faire face aux événements.

Un gradé "formateur contrôleur de titres sécurisés" de l'EDSR 72 s'assure de la conformité d'un permis de conduire géorgien suspect, au niveau de la barrière de péage de l'A28.

© GGD 72

Dimanche, en début d'après-midi, tous les motocyclistes et les gendarmes de brigade sont prêts pour le « rush » du week-end : c’est-à-dire la fin des épreuves et le départ de tous les passionnés. Le moment fort du GPF pour les gendarmes ! À peine un quart d’heure après la fin de la course, des files de motards affluent sur tous les carrefours. Les gendarmes régulent la circulation afin d’éviter les engorgements, notamment aux entrées d’autoroute. Outil essentiel en renfort : l’hélicoptère de la Sag (Section Aérienne Gendarmerie) de Tours qui survole la zone et donne en temps réel au P.C. l’état de la circulation. De précieux renseignements qui permettent de réarticuler immédiatement les équipes au sol.

Vers 18 h 30, le flux de circulation est redevenu « normal », marquant la fin d’un week-end intense pour tous les gendarmes du groupement…