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Hommage de la Nation au colonel Arnaud Beltrame

Auteur : la capitaine Céline Morin et Angélina Gagneraud - publié le
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Le cercueil du colonel Arnaud Beltrame fait son entrée dans la cour d’honneur des Invalides, recouvert du drapeau tricolore et porté par dix militaires issus des unités où l’officier a servi, comme l’EOGN, la garde républicaine, la compagnie d’Avranches et le groupement de gendarmerie départementale de l’Aude.
© Sirpa Gend © BRC F. Garcia

L’hommage national en l’honneur du colonel Arnaud Beltrame s’est déroulé, mercredi 28 mars, en fin de matinée, aux Invalides. Soulignant son courage et son abnégation, le président de la République Emmanuel Macron a élevé l’officier au rang de commandeur de la légion d’Honneur à titre posthume.

Dépêché à Trèbes, le 23 mars, sur le théâtre d'une prise d'otage, pour coordonner les opérations et conduire la négociation avec le terroriste, le colonel Arnaud Beltrame, officier adjoint commandement du groupement de gendarmerie départementale de l’Aude, s’était volontairement substitué au dernier otage entre les mains du terroriste pour permettre sa libération. Il a succombé à ses blessures dans la nuit du 23 au 24 mars.

Sous la présidence du chef de l’État, Emmanuel Macron, un hommage national lui a été rendu aux Invalides, en présence de nombreuses autorités politiques, civiles, militaires et religieuses, des familles des trois autres victimes (Jean Mazières, Christian Medvès et Hervé Sosna) et des blessés de l’attaque terroriste, mais aussi d’un grand nombre d’anonymes, touchés par ce drame et venus présenter leurs ultimes respects à l’officier qui a donné sa vie en échange de celle d’une otage.

L'hommage national s'est déroulé en présence de nombreuses autorités politiques, civiles, militaires et religieuses, des familles des trois autres victimes, Jean Mazières, Christian Medvès et Hervé Sosna, et des blessés de l’attaque terroriste survenue à Trèbes, le 23 mars.

© Mi Dicom - ADC F. Pellier

Après une veillée d’armes poursuivie toute la nuit au sein de la caserne Tournon, le cortège funéraire a quitté la place du Panthéon en milieu de matinée, emmené par une escorte de quinze motocyclistes et douze cavaliers de la garde républicaine, en direction des Invalides.

Tous rassemblés pour un dernier hommage

Parmi la foule rassemblée dans un grand silence, de chaque côté de la rue Soufflot, au départ du cortège, quelque 2 000 collégiens et lycéens avaient été conviés par l’Élysée à venir rendre hommage au geste héroïque du colonel Arnaud Beltrame. Leurs applaudissements ont accompagné le départ du cortège.

Le parcours était jalonné de gendarmes, de policiers et de sapeurs-pompiers en uniforme venus former une haie d’honneur au passage du cercueil. Le cortège a notamment été salué par une forte délégation de militaires de la direction générale de la gendarmerie nationale et de la région de gendarmerie d’Île-de-France rassemblés face à l’Esplanade des Invalides. Près de 2000 citoyens anonymes avaient également fait le déplacement malgré la pluie.

Arrivée du cortège funéraire du colonel Beltrame aux Invalides, escorté par quinze motocyclistes et douze cavaliers de la garde républicaine.

© Sirpa Gend - BRC F. Garcia

Dans la cour d’honneur des Invalides, sur les rangs, plus de 200 gendarmes, venus de toutes les unités où l’officier a servi au cours de sa carrière, étaient rassemblés pour rendre un dernier hommage à leur camarade.

Après les honneurs militaires, le chef de l’État a passé les troupes en revue, avant d’accueillir le cercueil du colonel Arnaud Beltrame. C’est dans un profond recueillement, au seul son des roulements de tambours, que celui-ci a fait son entrée dans la cour d’honneur des Invalides, recouvert du drapeau tricolore et porté par dix militaires, dix frères d’armes, issus des unités où l’officier a servi, comme l’EOGN, la garde républicaine, la compagnie d’Avranches et le groupement de gendarmerie départementale de l’Aude.

Porté par un idéal : le service de la France

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Dans son éloge funèbre, le président de la République a rendu un vibrant hommage à l’officier, saluant le geste héroïque et le sacrifice d’un homme pour lequel la vie de l’employée prise en otage, et plus largement la vie des autres, comptait : « Elle comptait même plus que tout, car elle était, comme toute vie, la source de sa vocation de servir. Accepter de mourir pour que vivent des innocents, tel est le cœur de l'engagement du soldat. Être prêt à donner sa vie, car rien n'est plus important que la vie d'un concitoyen, tel est le ressort intime de cette transcendance qui le portait. »

« Je rends ici hommage aux forces de gendarmerie de l’Aude, à leur chef, au chef du GIGN de l’antenne de Toulouse et à ses hommes, dont deux ont été blessés en menant l’assaut. Tous sont durement éprouvés par la perte de leurs camarades, a poursuivi le Président. Les Français n’oublient pas non plus le tribut payé par toutes nos forces de sécurité sur le sol national et par nos forces armées sur les théâtres extérieurs. Tous ont droit à notre respect inconditionnel et tous partagent la certitude profonde qui animait le colonel Beltrame, celle que son destin ne lui appartenait pas tout à fait, qu’il avait partie liée avec quelque chose de plus élevé que lui-même. Car il était un engagé et il avait juré de faire corps avec un idéal plus grand et plus haut, et cet idéal, c’était le service de la France.

Après avoir rendu un vibrant hommage au colonel Arnaud Beltrame dans son éloge funèbre, le président de la République s'est recueilli en silence devant le cercueil de l'officier de gendarmerie décédé.

© Sirpa Gend - BRC F. Garcia

« Le nom d'Arnaud Beltrame est celui de l'héroïsme français »

Pour Emmanuel Macron, « le nom d'Arnaud Beltrame est celui de l'héroïsme français », et avec lui surgit « l’esprit français de résistance ».

S'adressant à la jeunesse, le président a proclamé : « L'absolu est là devant nous [...] Il est dans le service, dans le don de soi, dans le secours porté aux autres. Dans l'engagement pour autrui, qui rend utile, qui rend meilleur, qui fait grandir et avancer. Telle est la voie montrée par Arnaud Beltrame. »

« Votre sacrifice, Arnaud Beltrame, nous oblige. Il nous élève. Il dit, comme aucun autre, ce qu'est la France. Ce qu'elle ne doit jamais cesser d'être et qu'elle ne cessera jamais d'être, tant que des femmes et des hommes décideront de la servir avec courage, sens de l'honneur, amour de la Patrie, tel que vous l'avez démontré. À ces mots, vous avez donné l'épaisseur de votre vie et les traits de votre visage. Au moment de votre dernier adieu, je vous apporte la reconnaissance, l'admiration et l'affection de la Nation tout entière. »

Le président de la République a déposé la cravate de commandeur de la légion d'Honneur sur le cercueil du colonel Arnaud Beltrame.

© Sirpa Gend - BRC F. Garcia

Commandeur de la légion d’honneur

Le président a ensuite annoncé la promotion au grade supérieur de l’officier décédé et son élévation au grade de commandeur de la légion d’Honneur, avant d’en déposer solennellement la cravate sur le cercueil, à côté du képi.

Le cercueil a ensuite lentement quitté la cour d’honneur des Invalides sur la Marche funèbre de Chopin, interprétée par l’orchestre de la garde républicaine, suivi par la famille du colonel Arnaud Beltrame accompagné du commandant de groupement de l’Aude, puis par le Président et son épouse.

À 10 heures, partout en France, une minute de silence avait été respectée dans toutes les unités. Cet hommage était ouvert aux élus et à la population souhaitant se joindre à cet instant de recueillement.

Minute de silence à la direction générale de la gendarmerie nationale.

© Angélina Gagneraud