Actualités

Armada 2019 : la gendarmerie est au taquet !

Auteur : Morgane Jardillier - publié le
Temps de lecture: ≃4 min.
© MAJ - F. Balsamo
© Tous droits réservés

Du 6 au 16 juin, la ville de Rouen a accueilli l’Armada, un événement rassemblant les plus grands voiliers du monde. Ce rendez-vous a bénéficié, cette année, d’un niveau de sécurité jamais mis en œuvre auparavant. D’importants moyens humains et matériels ont été déployés à terre, sur l’eau et dans les airs pour assurer la sécurisation de cet événement et de ses spectateurs.

Visites de navires, rencontres avec des équipages venus du monde entier, feux d’artifice, concerts gratuits quotidiens : Rouen a fait la fête pendant une dizaine de jours, à l’occasion de l’Armada. Cette manifestation nautique a rassemblé, du 6 au 16 juin, une quarantaine de voiliers de prestige et de navires de guerre de treize nationalités, ouverts à la visite, avant de redescendre la Seine, tous ensemble, jusqu’au Havre, pour un spectacle unique au monde.

Cet événement d’envergure nationale a attiré plus de 2 millions de personnes sur les quais de Rouen et plus d’un million sur les rives du fleuve, entre le bassin rouennais et l’estuaire de la Seine.

La préparation de cette 7e édition, classée « grand événement » au niveau national, a nécessité une très importante mobilisation de la gendarmerie depuis plusieurs mois.

Un dispositif sans commune mesure

Pour la première fois depuis sa création, en 1989, l’Armada s’est inscrite dans un contexte sécuritaire particulier.

« Compte tenu de la menace terroriste et du contexte de tensions sociales liées à la crise des gilets jaunes, le dispositif gendarmerie a été sans commune mesure avec les éditions précédentes. Le niveau de sécurité maximum appliqué sur la terre ferme a été entièrement décliné sur la Seine », explique le lieutenant-colonel Nicolas Künkel, commandant la gendarmerie des voies navigables, chargé du commandement opérationnel et logistique du dispositif fluvial., placé sous l’autorité du général Bruno Bresson, commandant la région de gendarmerie de Normandie, commandant le groupement de gendarmerie départementale de la Seine-Maritime.

La région de gendarmerie de Normandie, renforcée par des groupements limitrophes, la gendarmerie maritime, la gendarmerie des voies navigables, le GIGN et des moyens spéciaux ont été mobilisés pour assurer pleinement la sécurisation de cet événement et de ses spectateurs.

« Notre dispositif a été calqué sur l’ouverture du site au public. Près de 40 militaires, comprenant toutes les composantes et les capacités de la gendarmerie, ont ainsi été engagés tous les jours, de 10 heures à 1 heure. »

Brigade fluviale et Psig sabre dans le même bateau

L’édition 2019 a été particulièrement marquée par la sécurité renforcée à terre mais sans oublier le domaine nautique. Cette mission a notamment été attribuée à la brigade fluviale de gendarmerie de Rouen, assurant, comme à son habitude, la sécurité de la navigation, appuyée par la brigade fluviale et la brigade de recherches de Conflans-Sainte-Honorine, le sonar de la compagnie fluviale franco-allemande de Strasbourg et, pour la première fois, par des militaires de Psig sabre.

« Nous avons construit, avec le référent régional d'intervention professionnelle et en nous appuyant sur l’expertise de la force d’intervention du GIGN, une manœuvre de formation et d’aguerrissement fluviale des 60 personnels des Psig sabre de Rouen, Le Havre, Evreux et Louviers. »

Ce mode d’action est totalement innovant sur ce dispositif où huit militaires de Psig sabre ont été engagés et embarqués en permanence afin d’avoir une capacité de riposte immédiate en cas d’attaque terroriste.

Les gendarmes ont ainsi procédé à de multiples contrôles d’identité, visites de navires, bateaux, établissements et engins flottants, parfois même en cours de navigation, ainsi qu’à l’inspection ou à la fouille de bagages.

900 gendarmes mobilisés

Si l’Armada se déroule principalement sur les quais de Seine de la ville de Rouen, la clôture de ce grand événement est traditionnellement marquée par la « grande parade en Seine », au cours de laquelle les bateaux quittent les quais de Rouen pour rejoindre l’embouchure de la Seine au Havre, parcourant une distance de 120 kilomètres en 8 heures.

Les communes aux abords du fleuve ont donc un point de vue imprenable pour regarder passer ces géants des mers. Plus d’un million de personnes sont ainsi venues admirer le spectacle tout au long des berges de la Seine. Mais qui dit foule, dit mesures de sécurité à prendre !

"Nous avons déployé un dispositif assez conséquent visant tant à assurer la sécurité sur le fleuve que sur les berges, en intégrant la dimension gestion des flux sur tous les axes menant au fleuve ainsi que sur les ponts de Normandie, de Tancarville et de Bretonne", explique le général de brigade Bruno Bresson, commandant la région de gendarmerie de Haute-Normandie.

La région de gendarmerie de Normandie a donc déployé un dispositif opérationnel d’environ 900 gendarmes d’active et de réserve des groupements de gendarmerie de Seine -Maritime et de l’Eure . Elle a également été renforcée par deux escadrons de gendarmerie mobile de Chauny et de Mont-Saint-Aignan, des moyens nautiques de la gendarmerie maritime et de diverses équipes spécialisés : GIGN, section aérienne de la gendarmerie d'Amiens Glisy et Villacoublay, cellule nationale nucléaire radiologique biologique chimique, cellule nationale d’aide à la mobilité de la gendarmerie, dispositif de lutte anti-drone et deux équipes cynophile du peloton de sûreté maritime et portuaire de Dunkerque et du peloton de surveillance et d'intervention de Bernay.