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« Ensemble pour Lenoick » : deux défis sportifs pour une même cause

Auteur : le commandant Céline Morin - publié le
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Le gendarme Didier Bordet s’élancera de Luzy, ce vendredi 26 juillet, pour un parcours de 730 km qui le conduira jusqu’à Guingamp.
© D.R.

L’un, gendarme d’active, va parcourir 730 km à vélo, du 26 juillet au 1er août. L’autre, gendarme à la retraite, s’apprête à effectuer, ce samedi 27 juillet, avec un ami, la traversée entre le phare des Roches-Douvres et le port de Lézardrieux, soit 45 km de nage avec palmes en près de 12 heures. Tous les deux relèvent ce défi pour la même cause, celle de Lenoick, un petit garçon de 3 ans, fils de gendarme, atteint du syndrome de Coffin-Siris.

À 52 ans, le gendarme Didier Bordet s’apprête à relever un sacré défi : celui de parcourir 730 km à vélo en sept étapes.

Ce vendredi 26 juillet, il s’élancera ainsi de la brigade de proximité de Luzy, dans la Nièvre, où il est affecté, pour une première étape à La Guerche-sur-l’Aubois (Cher). Il passera ensuite à Mennetou-sur-Cher (Loir-et-Cher), Joué-lès-Tours (Indre-et-Loire), Mûrs-Erigné (Maine-et-Loire), Derval (Loire-Atlantique), Josselin (Morbihan), pour enfin arriver à Guingamp (Côtes-d'Armor), le 1er août.

Pour ce cycliste certes passionné, affichant en moyenne 5 000 km au compteur chaque année depuis deux ans, parcourir autant de kilomètres et enchaîner autant de jours sur la route n’en est pas moins une première. Un défi sportif, mais pour la bonne cause… Celle d’un petit garçon de trois ans, Lenoick, atteint du syndrome de Coffin-Siris. Ce trouble génétique rare se caractérise notamment par un retard de développement, un déficit intellectuel, ainsi que d'autres manifestations cliniques variables.

Inspiré par l’exemple de Régis Descamps

Ce projet lui a été inspiré par sa rencontre avec le gendarme Régis Descamps qui, chaque année parcourt les routes de France à pied afin de récolter des fonds pour soutenir la cause des enfants malades. « En 2018, à l’occasion de son passage à Luzy, nous l’avons escorté sur une petite distance. Pour moi, cela a été un élément déclencheur. Je me suis dit que je pouvais moi aussi faire quelque chose de similaire. De là est née l’idée de relier Luzy à Guingamp à vélo et par la même occasion de récolter des fonds pour aider la famille de Lenoick, confie le militaire au grand cœur. Lenoick est le fils d’un camarade, devenu un ami, que j’ai connu à la brigade de Luzy quand il n’était encore que gendarme adjoint volontaire et qui est aujourd’hui adjudant à la brigade de Guingamp… D’où mon itinéraire. »

Création de l’association « Ensemble pour Lenoick »

Le 14 novembre 2018, le gendarme Bordet et l’adjudant-chef Serge Jacquelin, ancien commandant de la brigade de Luzy de 2004 à 2006, restés amis depuis, créent l’association « Ensemble pour Lenoick », permettant ainsi d’encadrer le projet. La présence du gendarme à Luzy depuis près de 15 ans lui permet d’obtenir le soutien de plusieurs sponsors locaux : « En aucun cas pour financer mon trajet, précise-t-il. Une des entreprises nous a fait des autocollants que nous allons vendre sur le parcours au tarif de 1 euro. Une autre nous fournit une banderole et des magnets pour apposer sur le véhicule suiveur, qui sera conduit par mon épouse. »

Soutenir moralement et financièrement la famille

L’argent récolté contribuera à financer prochainement le voyage de Lenoick et de sa famille aux États-Unis ou aux Pays-Bas, afin de consulter dans une clinique spécialisée en génétique. Cela permettra également de payer quelques dépenses médicales, à l’instar des lunettes, que le petit garçon doit changer plus souvent que ne le prévoit la prise en charge.

« Au-delà de cette aide, qui les soulagera énormément, il s’agit aussi d’apporter un soutien moral à mon camarade et à sa famille. Et sur ce point, le défi est déjà réussi. »

Un entraînement assidu

Pour accomplir son périple, le gendarme s’entraîne assidûment depuis début octobre 2018. « J’ai travaillé mon endurance. Aujourd’hui, je parcours 100 km facilement. En juin dernier, j’ai enchaîné sans problème quatre jours d’affilée, confie-t-il. Au jour du départ, il aura ainsi déroulé quelque 3 900 km depuis le début de l’année.

Le militaire sera le plus souvent seul sur la route, accompagné du véhicule suiveur en soutien logistique. Toutefois, il trouvera, sur la plupart des étapes, le soutien des unités et des municipalités locales.

« J’ai organisé mes étapes pour m’arrêter dans des communes où il y a une brigade. En général, je serai logé soit par la gendarmerie, soit par la mairie. Sur certaines étapes, il y a déjà des animations prévues. Le jour de mon départ, un camarade de la brigade de proximité de Moulins-Engilbert va venir avec son club de mobylettes pour m’escorter sur un quart du parcours. Le service des sports de la communauté de brigades de Château-Chinon va ensuite se relayer à vélo jusqu’en limite de circonscription. À la Guerche-sur-Aubois, des associations locales organiseront des animations à l’occasion de mon passage. Dans une autre commune, c’est un commerçant qui prévoit un « café-croissant »… Ça fait plaisir de voir tant de monde s’impliquer. »

« Je n’ai peut-être pas le physique du parfait sportif, avoue-t-il en souriant, mais j’ai quatre moteurs : un dans chaque mollet, un dans le cœur et un dans la tête. »

Vous pourrez suivre le périple du gendarme Bordet sur la page Facebook de l’association, où il est également possible de faire un don sur la cagnotte en ligne.

Côtes-d’Armor : 45 km à la nage

L’aventure du gendarme Bordet a fait des émules. Déjà au printemps dernier, un gendarme de la brigade de Guingamp et son épouse ont organisé une randonnée pédestre, dont tous les bénéfices ont été reversés à l’association.

Également séduits par ce projet, Bruno Le Rolland, gendarme à la retraite de 54 ans, précédemment affecté à la brigade nautique de Lézardrieux, et Christophe Gicquel, de six ans son cadet, un ami sportif du club Paimpol immersion, ont décidé d’y contribuer à leur manière. À chacun son milieu en effet, puisque le binôme va quant à lui s’attaquer à une traversée à la nage avec palmes de 45 km, entre le phare des Roches-Douvres et le port de Lézardrieux.

Douze heures de nage sans relais, dans une eau à 15 degrés et présentant de forts courants : un vrai défi. Pour assurer leur sécurité, les deux athlètes seront suivis tout au long du parcours par les gendarmes de la brigade nautique de Lézardrieux.

Samedi 27 juillet, dans les Côtes-d’Armor, Bruno Le Rolland, gendarme à la retraite, et Christophe Gicquel, un ami sportif du club Paimpol immersion, s’attaqueront à une traversée à la nage avec palmes de 45 km, entre le phare des Roches-Douvres et le port de Lézardrieux.

© D.R.

Habitués des compétitions et des longues distances, les deux athlètes n’en ont pas moins suivi une préparation minutieuse depuis des mois, d’abord en piscine tout au long de l’hiver, puis dans le Trieux. Depuis un mois, ils y enchaînent d’ailleurs trois sorties par semaine, de 15 à 18 km. Ils ont également préparé avec soin leur itinéraire en fonction des courants. Ensuite, le mental fera le reste !

Les deux nageurs s’élanceront donc ce samedi 27 juillet, vers 6 heures du matin, du phare des Roches-Douvres. Leur arrivée dans le port de Lézardrieux est prévue entre 19 et 20 heures.

Vous pourrez suivre leur périple sur leur page Facebook.

Pour que ce défi sportif soit utile, une cagnotte est ouverte et une tombol-nage, avec de nombreux lots offerts par les sponsors locaux, est organisée afin de récolter des fonds qui seront intégralement reversés à l’association. Les billets, au tarif d’un euro, sont en vente dans plusieurs commerces, ainsi qu’à la capitainerie du port de Lézardrieux et auprès des membres du club de plongée.