La Nation rend un dernier hommage aux deux commandos de marine tués au Burkina Faso

auteur : le commandant Céline Morin - publié le
Sur le pont Alexandre III, le cortège funèbre est salué par une foule d'anonymes, où se mêlent civils et militaires, avant qu'un dernier hommage soit rendu aux premiers maîtres Cédric de Pierrepont et Alain Bertoncello, aux Invalides.
© Jean-Christophe.Mantrant / Etat-major des armées

La cérémonie d’hommage national aux deux militaires morts pour la France s’est déroulée ce jour, à 11 heures, dans la Cour d'honneur des Invalides, sous la présidence du chef de l’État et en présence de délégations de toutes les armées et de la gendarmerie.

Les premiers maîtres Cédric de Pierrepont et Alain Bertoncello, respectivement âgés de 33 et 28 ans, ont été tués au combat dans la nuit du 9 au 10 mai, lors d’une opération de libération d’otages au Burkina Faso. Ces deux officiers mariniers des forces spéciales étaient engagés au Sahel depuis le 30 mars dernier, dans le cadre de l’opération Barkhane.

Un hommage national a été rendu ce matin à ces deux héros morts pour la France.

À 10 heures, les cercueils de Cédric de Pierrepont et d’Alain Bertoncello, recouverts du drapeau tricolore, ont traversé la Seine sur le pont Alexandre III. Le cortège funèbre a été salué par la foule présente, où se mêlaient civils et militaires, parmi lesquels une importante délégation de gendarmes.

À 11 heures, la cérémonie présidée par le chef de l’État a pris place dans la Cour d'honneur des Invalides, en présence des familles, de leurs frères d’armes, des membres du gouvernement, des anciens chefs de l'État, Nicolas Sarkozy et François Hollande, et de délégations de toutes les armées et de la gendarmerie, notamment représentée par le directeur général.

Les cercueils des deux militaires, recouverts d'un drapeau français, ont fait leur entrée dans la cour d’honneur portés par leurs frères d’armes, au son du bagad de Lann-Bihoué de la Marine. Les deux cercueils ont ensuite été disposés côte à côte, symboliquement reliés par une "sangle de vie", utilisée par les nageurs de combat pour les plongées de nuit.

Après avoir longuement salué les familles des deux militaires, le président de la République a prononcé un discours d’hommage, retraçant l’assaut et l’acte héroïque de ces deux « soldats hors normes comme peu d’armées dans le monde ont la chance d’en compter » : « C’était une mission difficile, mais nécessaire […] En tête de la colonne d'assaut, deux hommes, deux militaires d'expérience, deux guerriers d'exception : le maître de Pierrepont et le maître Alain Bertoncello [...] Pour sauver la vie des otages, une seule solution, mener l'assaut sans ouvrir le feu. Les deux militaires n'hésitèrent pas un seul instant, bravant la mort pour sauver des vies. Ils pénétrèrent dans les tentes pour sauver les vies des nôtres. Rapidement, les otages furent extraits mais l'ennemi tira à bout portant. Ils tombèrent. La mission était un succès, mais nos deux soldats n'étaient plus. Ils étaient morts en héros pour la France. »

Au terme d’une émouvante cérémonie, le chef de l’État  a promu les deux militaires défunts au grade de premier maître et les a décorés du titre de chevaliers de la Légion d’honneur à titre posthume.

La gendarmerie nationale s’associe à la Marine nationale et présente ses sincères condoléances à la famille des militaires décédés, à leurs proches et à leurs frères d’arme.