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La gendarmerie et l’Inde : partenariat au sommet

Auteur : la capitaine Sophie Bernard - publié le
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Parce que les sommets des Alpes comportent des difficultés similaires à ceux de l’Himalaya en terme de secours, les instructeurs du Centre national d’instruction au ski et à l’alpinisme de la gendarmerie (CNISAG) ont invité des ressortissants indiens à échanger sur leurs modes d’intervention en haute montagne.

Il y a un an presque jour pour jour, le CNISAG était parti fêté les 30 ans de l’unité dans l’Himalaya, à plus de 6000 mètres d’altitude. Une belle façon de célébrer cet anniversaire, mais aussi d’approfondir les échanges avec leur homologues indiens. En effet, le CNISAG coopère depuis 2013 avec l’unique centre de formation des instructeurs et guides du pays.

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Cette année, les gendarmes du CNISAG ont souhaité remercier leurs homologues en leur faisant découvrir leurs modes d’action dans le massif du Mont-Blanc. A leur tour, quatre instructeurs indiens du Nehru institute of moutainering (NIM) accompagnés de leur colonel sont donc venus passer une semaine au centre situé à Chamonix.

Du sauvetage à 3500 mètres ...

Après avoir visité les prestigieuses écoles de formation de guides de haute montagne et les entreprises fabricant le matériel technique dans la vallée, les ressortissants indiens se sont intéressés aux opérations de secours. Le 17 septembre, les professionnels français et indiens ont été débarqués par hélicoptère sur l’arête de la Table de Roc menant à l’Aiguille du Tour. Ce point, culminant à 3500 mètres d’altitude, permet d’observer notamment le Mont Dolent, l’Aiguille Verte et le Mont Blanc.

Depuis cette « table », un gros caillou situé au dessus du vide, les instructeurs indiens ont pu assister à une démonstration de sauvetage. Le CNISAG a mis en pratique ses techniques de secours auprès d’une fausse victime placée en contrebas. A l’issue, les participants ont poursuivi leurs ascension jusqu’à l’Aiguille du Tour avant d’être hélitreuillés pour le retour.

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Les ressortissants indiens ont ainsi pu apprécier le savoir faire de ces gendarmes de haute montagne. Ils se sont montrés impressionnés par la coordination de ces professionnels du secours et l’intervention en hélicoptère, leur permettant d’agir de façon rapide et efficace. Dans leurs pays, les instructeurs du NIM ne disposent pas de moyen aérien. Ils doivent se débrouiller seuls dans la majorité des situations, ne faisant appel aux hélicoptères de l’armée qu’en cas d’ultime recours.

jusqu’au toit de l’Europe

Le réel objectif de cette invitation en France pour les ressortissants indiens demeurait l’ascension du Mont Blanc. Accompagnés de sept gendarmes français, c’est donc à douze qu’ils sont partis gravir ce fameux sommet le week-end dernier. Les cordées binomées avec un professionnel de chaque pays ont encouragé l’échange et le renforcement des liens dans cette épreuve physique.

Après une courte nuit au refuge de la Tête Rousse, ils se sont élancés dans cette ascension à 2h du matin, atteignant tous le toit de l’Europe tôt dans la matinée. Bien que les 4808 mètres du Mont Blanc représentent l’altitude d’un camp de base dans l'Himalaya, l’effort n’est pas moindre pour les ressortissants indiens. En effet, habitués à respecter des paliers en faisant des pauses dans des camps intermédiaires, ils ont du s’adapter à la méthode alpine en gravissant les 1600 mètres de dénivelé d’une traite.

Afin de marquer leur passage, les instructeur du NIM ont laissé un fanion avec le noms de l’ensemble des participants au refuge de la Tête Rousse. Ils ont également reçu un diplôme symbolique de la part du CNISAG en souvenir de cette expédition.

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