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Un séminaire dédié aux chiens de police à l’initiative des cynotechniciens de la gendarmerie de la Haute-Savoie

Auteur : l'adjudant Gwendal Laouénan - publié le
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D.R.
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Les 10 et 11 octobre, à Archamps, les équipes cynophiles de la gendarmerie de la Haute-Savoie ont organisé, pour la seconde année consécutive, le « séminaire genevois du chien de police », en référence au secteur frontalier où opère le groupement.

Les organisateurs, les adjudants Gwendal Laouénan, du groupe d'investigations cynophile de Bonneville, et Laurent Boudou, de l’Équipe cynophile du peloton de surveillance et d’intervention de la gendarmerie de Saint-Julien-en-Genevois, ont souhaité réunir une nouvelle fois les utilisateurs professionnels de chiens dans le domaine de la sécurité.

Cette année, cinq conférences, animées par des experts, ont notamment traité de l'odorologie, de l’entraînement du chien d'utilité et de la physiologie de l'effort chez le chien, avec en clôture une intervention de la cellule cynophile du GIGN et des unités sœurs des commandos Kieffer et Hubert, ainsi que du RAID.

De l'olfaction à l'odorologie

La première de ces conférences était donnée par Barbara Ferry, chercheuse en neurosciences au CNRS de Lyon et collaboratrice de l'IRCGN.

Après avoir expliqué, de manière scientifique, l'odorat du chien, Mme Ferry a exposé ses travaux dans le domaine de l'odorologie, c’est-à-dire les capacités du chien à comparer des prélèvements d'odeurs sur une scène d'infraction et sur un auteur présumé.

Au même titre que des prélèvements ADN sur une scène d'infraction, des techniciens prélèvent des odeurs. Lorsqu’un auteur présumé est interpellé, son odeur corporelle prélevée est placée en bocal et présentée au chien à la manière d'un tapissage photographique au milieu de quatre autres prélèvements. Le prélèvement de la scène d'infraction est présenté au chien, qui va ensuite sentir les cinq bocaux alignés au sol. Si le chien marque sans hésitation l'odeur du suspect, cela permet d'établir la présence de la personne sur la scène d'infraction. Plusieurs essais et plusieurs chiens sont passés sur les odeurs pour certifier les faits.

Cette technique de l'odorologie est détenue par la police technique et scientifique de Lyon. Ses résultats pouvant être pris en compte comme élément de preuve devant une juridiction pénale, certains magistrats l'utilisent avant d'engager des frais d'analyse ADN.

Les clés de la performance chez le chien de travail

La deuxième conférence, donnée par le professeur Dominique Grangean, chercheur à l'ENVA et spécialiste de la nutrition du chien de sport et d'utilité, a permis de voir comment améliorer les capacités naturelles du chien au moyen de l'intervention de l'homme et d’aborder le rôle de la nutrition et de l’entraînement physique du chien afin d’éviter les blessures et la démotivation.

Les chiens détecteurs d'ivoire au Bénin

Frédéric Chappée, chef de projet au sein de l'association IFAW, association internationale de protection animale, a présenté la mise en place d'unités canines au Bénin dans le cadre de la lutte contre le trafic d'ivoire et de pangolins.

Les chiens des unités d’élite

Après une présentation de l'unité du GIGN, les cynotechniciens du Groupe ont convié leurs homologues des commandos Kieffer et Hubert et du RAID de Marseille, à venir échanger avec le public sur l'utilisation du chien dans le cadre de leurs missions.

Cette séquence a notamment permis de découvrir l'emploi très particulier du chien dans le contre-terrorisme avec, par exemple, la mise en place des chiens explo/défense et l'utilisation couplée de moyens technologiques ( caméra embarquée, drone).

Gestion de l’effort et récupération

Dans sa conférence, le colonel Lamour, vétérinaire militaire a présenté la gestion de l'effort chez le chien de travail, afin de permettre aux professionnels présents d’anticiper la fatigue et de permettre une récupération rapide après un effort. Dans un deuxième temps, il a présenté la dysplasie coxo-femorale du chien, afin de mieux la prévenir et la soigner.

Un public international

En parallèle, un village d’exposants, comprenant une dizaine de commerçants spécialisés dans le domaine de la cynotechnie d'utilité et d'associations, avait pris place dans le hall d’accueil du complex de cinéma Pathé-Gaumont où se déroulait cet événement. Celui-ci était ouvert au public, qui a notamment pu assister à des démonstrations de chiens de traîneaux et d’agility sur le parvis.

Garde frontière, polices cantonales et armée suisses, ONU, armée de Terre, Marine nationale, police nationale, SUGE, gendarmerie, CEA… Cette seconde édition a attiré de nombreux participants issus de différents corps travaillant avec des chiens et en provenance de toute la France, voire même de l’étranger ( Espagne, Bénin).

Au regard de cette fréquentation (en moyenne 110 personnes lors des conférences et une présence un peu plus marquée lors de l'intervention des unités d'élite), de la satisfaction des participants et des sollicitations déjà formulées pour une réédition l’an prochain, le bilan est en tout point positif pour les adjudants Gwendal Laouénan et Laurent Boudou, qui ont travaillé pendant près d'un an à l’organisation de ce séminaire.

Il semblerait bien que le groupement de gendarmerie départementale de Haute-Savoie ait donné naissance à un nouveau rendez-vous pour les professionnels de la cynotechnie. À suivre…