Violences intrafamiliales : l’école de Chaumont présente le dispositif de formation à Christophe Castaner et Marlène Schiappa

auteur : le commandant Céline Morin - publié le
Visite de la brigade pédagogique de l'école de gendarmerie de Chaumont.
© Sirpa Gendarmerie

Le ministre de l’Intérieur et la secrétaire d’État chargée de l’Égalité entre les femmes et les hommes et de la lutte contre les discriminations se sont rendus à Chaumont, ce vendredi 22 novembre, dans le cadre du Grenelle des violences conjugales. À l’école de Chaumont, où ils ont été sensibilisés au dispositif de formation mis en œuvre par la gendarmerie en matière de violences intrafamiliales, ils ont présenté la nouvelle grille d’évaluation du danger.

Dans le cadre de leur déplacement conjoint en Haute-Marne, le ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner et la secrétaire d’État chargée de l’Égalité entre les femmes et les hommes et de la lutte contre les discriminations, Marlène Schiappa sont allés à la rencontre des différents acteurs de l’État engagés dans la lutte contre les violences faites aux femmes.

La formation gendarmerie en matière d’accueil des femmes victimes

À ce titre, accompagnés en autres autorités du général d’armée Christian Rodriguez, directeur général de la gendarmerie nationale, ils se sont notamment rendus à l’école de gendarmerie de Chaumont, où le dispositif de formation mis en œuvre par la gendarmerie en matière de violences intrafamiliales leur a été présenté.

Après avoir été accueillis par le commandant de l’école, trois cadres formateurs leur ont montré le fonctionnement de la brigade pédagogique, qui permet de mettre les élèves en situation, avec une retransmission en temps réel dans une salle de cours.

Le ministre et la secrétaire d’État ont ainsi pu assister à un exercice pratique d’accueil physique d'une personne, avant de se voir détailler la formation liée à la prise en compte des victimes.

La formation initiale des élèves-gendarmes sur l’accueil, l’accompagnement et la prise en charge des femmes victimes de violences est ainsi basée sur des enseignements transverses. Depuis 2019, un module spécifique a été introduit dans le cursus afin de tenir compte des évolutions. Il concernera l’ensemble des élèves-gendarmes qui sortiront d’école en 2020.

La formation continue fait également l’objet de rappels sur le sujet au travers des formations de cursus et de préparation à l’emploi ou de stages spécifiques (stages enquêteurs, audition de mineurs victimes, PROGREAI), ainsi qu’en formation collective au sein des unités.

Un outil d’évaluation du danger commun à la gendarmerie et à la police

Sandrine Guillon, conseillère judiciaire et juridique du cabinet de la DGGN, lors de la présentation de la nouvelle grille d’évaluation du danger.

© Tous droits réservés

Devant une assistance notamment composée d’élèves-gendarmes de différentes promotions, de cadres formateurs de l’école de Chaumont et de policiers, Christophe Castaner a rappelé que « les violences intrafamiliales dans leur globalité et les morts au sein du couple sont un combat à mener au quotidien. Le président de la République en a fait une priorité. »

Avec 220 000 victimes par an et 70 000 procédures, « il s’agit d’un contentieux de masse. Les forces de sécurité ont une responsabilité particulière et nous devons être meilleurs encore à chaque instant sur ce sujet. » Et d’en souligner la prise en compte dans la formation initiale des gendarmes, qui consacre 10 % du volume global d’enseignement au soin des victimes, soit 130 heures.

Pour Marlène Schiappa, « l’empathie ne suffit pas » pour aborder ce sujet, d’autant plus difficile qu’il touche à l’humain. « C’est un métier qui doit s’apprendre », a-t-elle rappelé, soulignant à son tour sa satisfaction quant aux modules de formation mis en place pour le recueil des paroles des femmes dans la bienveillance.

Sandrine Guillon, conseillère judiciaire et juridique du cabinet de la DGGN et Vincent Le Beguec, conseiller juridique de la DGPN ont ensuite présenté la nouvelle grille d’évaluation du danger.

Élaborée par l’un des onze groupes de travail du « Grenelle des violences conjugales », dont les conclusions seront annoncées lundi 25 novembre, elle comprend une trame de 23 questions fermées, posées indépendamment du dépôt de plainte, qui doivent permettre aux forces de l’ordre de mieux évaluer les signaux d’alerte des victimes de violences conjugales et ainsi d’adapter leur réponse.

Mis en place à compter du premier semestre 2020 pour une phase d’expérimentation, ce nouvel outil, commun aux forces de gendarmerie et de police, sera intégré dans les procédures.