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COVID-19 : un week-end placé sous le signe de la prévention et de la pédagogie

Auteur : la capitaine Marine Rabasté - publié le
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© MI/DICOM/F.Balsamo

Face au regain de l'épidémie de la COVID-19 constaté depuis plusieurs semaines, Emmanuel Macron a annoncé, mercredi 14 octobre, des mesures fortes avec, notamment, la mise en place d'un couvre-feu de 21 heures à 6 heures dans les zones les plus touchées, à compter du samedi 17 octobre, minuit. Engagée déjà depuis plusieurs mois dans la lutte contre la propagation du virus, la gendarmerie poursuit sa mobilisation. Ce week-end, des patrouilles ont été mises en place afin de s'assurer du respect du couvre-feu. L'objectif ? Prévenir la population et communiquer sur les nouvelles mesures et leur mise en application. S'inscrivant dans la droite ligne des directives gouvernementales, la compagnie de gendarmerie de Meaux (77) a donc renforcé ses contrôles, engageant l'ensemble des moyens à sa disposition.

Samedi soir, à la Brigade territoriale autonome (BTA) de Dammartin-en-Goële, huit militaires, dont trois réservistes, s'équipent. Dès 21 heures, sous les ordres de la Cheffe d'escadron (CEN) Séverine Hammel, ils débutent leur service. Leur mission est claire : s'assurer du respect et de la bonne compréhension des mesures de couvre-feu par la population. C'est le deuxième soir qu'ils la réalisent. La veille, dès minuit, ils avaient déjà procédé aux contrôles de quelques personnes. Si la mesure avait été comprise par la majorité, un individu, peu satisfait de l'existence d'un couvre-feu, avait toutefois outragé les militaires en les insultant. Pour cette deuxième mission, en coordination avec la Brigade motorisée (B.Mo.), le Peloton de surveillance et d'intervention de la gendarmerie (PSIG) de Meaux et les autres brigades de la compagnie, les militaires vont contrôler les gares, les routes et les principaux lieux de rassemblement nocturne.

Des contrôles à visée pédagogique

Après un passage dans le centre-ville de Dammartin-en-Goële, où le couvre-feu semble respecté, l'ensemble des patrouilles se dirige vers la gare de Saint-Mard. À leur arrivée, les militaires constatent la présence d'un homme sur le quai. Ce dernier n'a pas d'attestation et ne semble même pas avoir pris connaissance des nouvelles directives. Désorienté, il est pris en charge par la patrouille et sera récupéré plus tard dans la nuit par son centre de soin.

Quelques minutes plus tard, le premier train arrive à quai. Quelques personnes descendent. Pas d'attestations pour celles-ci non plus. Mais pas de verbalisation ce soir. Les mesures de couvre-feu ont été annoncées il y a quelques jours et ne sont applicables que depuis peu. L'objectif des gendarmes lors de ce premier week-end est plutôt de prévenir et d'accompagner la population dans cette application, la plupart étant de bonne foi.Un homme affirme avoir bien entendu les annonces du président de la République, mais, après sa journée de travail, il a pris son train avant 21 h, il pensait donc ne pas avoir d'attestation à remplir. Les trois gendarmes lui expliquent alors la marche à suivre : dès lors qu'il est dehors après 21 h, il doit avoir une attestation dûment remplie, même si son heure de sortie est antérieure.

Une communication préventive essentielle

Le service se poursuit avec la B.Mo. de Meaux, à la sortie de Saint-Mard, où une quinzaine de véhicules est contrôlée. Si la plupart des conducteurs rentrent du travail et présentent leur attestation, parmi eux, un couple de vacanciers, de retour de Haute-Savoie, n'en a pas, pensant que les mesures débutaient dimanche à minuit. Attentifs aux recommandations des militaires, ils en profitent également pour se renseigner. L'épouse doit en effet accompagner son mari, chauffeur routier, lundi à 5 heures, afin qu'il récupère son camion et ne sait pas comment remplir son attestation. La marche à suivre lui est alors communiquée.

“Ce soir, les maîtres-mots sont prévention et communication, explique la CEN Hammel. Nous expliquons où trouver les attestations, comment les remplir, les risques encourus en cas de non présentation du justificatif… Cette phase est nécessaire avant de commencer à réprimer. Les mesures sont nouvelles, elles ont été annoncées il y a quelques jours seulement. Nous devons accompagner la population.”

Expliquer et rectifier les erreurs de compréhension également ! Quelques minutes plus tard, un conducteur est contrôlé. Il présente une carte professionnelle, affirmant que son employeur lui a assuré que cela suffisait. Mais ce n'est pas le cas. L'attestation doit aussi être renseignée. Elle doit ensuite être accompagnée soit d'une carte professionnelle, soit d'un justificatif de l'employeur.

Mais la prévention a des limites. Ainsi, plus tard dans la nuit, deux infractions sont relevées à l'encontre de deux personnes qui refusaient délibérément la mesure de couvre-feu.

L'engagement continu dans la lutte contre la propagation du virus

Prévention, vérification des attestations, contrôle du port du masque, dans les transports, sur la voie publique, dans les lieux recevant du public… Depuis début mars, la gendarmerie est mobilisée pour lutter contre la propragation du virus, grâce à une présence dissuasive mais aussi répressive lorsque cela est nécessaire. Afin de renforcer le dispositif, de nombreux réservistes ont également été déployés partout en France, par l'intermédiaire des Détachements d'appui territorial (DAT). Cet engagement se poursuivra au cours des semaines à venir.

“L'emploi des réservistes nous permet de mettre en place des dispositifs plus larges et ainsi d'assurer une meilleure visibilité sur le terrain. Leur période d'emploi est modulable. Au départ, les réservistes présents ce soir devaient effectuer leur mission l'après-midi. Mais à la suite des annonces présidentielles, nous avons pu décaler leurs horaires afin qu'ils puissent couvrir un créneau plus opportun”, explique le CEN Hammel, qui précise également qu'une soixantaine de missions de réserve sont prévues pour le mois d'octobre au sein de la compagnie de Meaux et que le groupement de Seine-et-Marne a déja oeuvré pour que les horaires des missions correspondent aux nouveaux besoins.

Des dispositifs similaires à celui mis en place sur la compagnie de Meaux ont été visibles sur l'ensemble des zones impactées par les mesures de couvre-feu. Durant tout le week-end, les militaires ont en effet renforcé leurs contrôles, afin de veiller à la compréhension et à l'application de ces nouvelles directives. Ces opérations seront régulièrement reconduites au cours des semaines à venir. Aux côtés des élus locaux et des différents partenaires, la gendarmerie continue de protéger la population en restant engagée dans la lutte contre la propagation de la COVID-19.