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En visite dans les Pyrénées-Orientales, Emmanuel Macron annonce un renforcement du contrôle aux frontières

Auteur : la capitaine Sophie Bernard - publié le
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© GGD 66

Ce jeudi 5 novembre, le président de la République, Emmanuel Macron était en déplacement au Perthus. Après avoir rencontré les forces engagées sur place, il a annoncé un doublement des effectifs aux frontières pour lutter notamment contre le terrorisme, les trafics et l’immigration illégale.

Au-delà de l’épidémie de coronavirus, la France a connu ces dernières semaines une vague d’attentats terroristes. Face à l’intensification de cette menace et compte tenu du passage du plan Vigipirate en « urgence attentat », le chef de l’État entend renforcer les contrôles aux frontières.

300 effectifs supplémentaires à la frontière espagnole

Accompagné notamment de Gérald Darmanin, ministre de l’Intérieur, de Clément Beaune, secrétaire d’État chargé des affaires européennes, et du directeur général de la gendarmerie, le général d'armée Christian Rodriguez, Emmanuel Macron s’est rendu, ce jeudi 5 novembre, au col du Perthus.

Sur le site de l’ancien poste frontière, il a passé en revue les forces de sécurité présentes, fonctionnaires de la Police aux frontières (PAF) et des douanes, ainsi que gendarmes d'active et de réserve, engagés tous ensemble sur le contrôle des frontières, avant d'assister à un contrôle de véhicules provenant d’Espagne, puis de visiter le Centre de coopération policière et douanière (CCPD).

Lors d'une conférence de presse, le président de la République a annoncé l’arrivée imminente de quatre unités mobiles pour renforcer ces contrôles, soit 300 effectifs supplémentaires : une compagnie de CRS, un escadron de gendarmerie mobile, un appui de la police aux frontières et enfin des réservistes de la police et de la gendarmerie nationales.

« Lutter contre le terrorisme, c’est lutter contre les trafiquants »

Plus largement, le chef de l’État entend doubler les forces engagées aux frontières de l’Hexagone, passant ainsi de 2 400 à 4 800 effectifs tous services confondus (police, gendarmerie et armées). « Lutter efficacement contre le terrorisme islamiste, c’est lutter également contre des réseaux de trafiquants qui utilisent le trafic de stupéfiants et le trafic d’êtres humains pour renforcer leur action et parfois agir directement », a-t-il expliqué.

Emmanuel Macron a rappelé que la France, depuis 2015, avait obtenu de la commission européenne l’autorisation de renforcer ses frontières intérieures dans le cadre des accords de Schengen. S’agissant de ces accords, il s’est dit favorable à une refonte « en profondeur, pour en repenser l’organisation, pour intensifier notre protection commune aux frontières extérieures, en renforçant l’intégration de nos règles et en réussissant à construire un fonctionnement conjoint de nos ministres. »

Jusqu’à 7 000 réservistes mobilisés en gendarmerie

Pour accompagner ce renforcement souhaité par le président de la République, la gendarmerie nationale lance l’opération « LIMES », baptisée ainsi en référence au terme latin désignant les chemins de patrouille frontaliers sous l’empire romain.

L’Institution devrait mobiliser jusqu’à 1 200 réservistes aux frontières, notamment espagnole et italienne. En coordination avec leurs homologues, ils seront en mission de surveillance, en alternant des postes fixes de contrôle et des patrouilles mobiles. En outre, jusqu’à 7 000 réservistes seront engagés au total dans les jours à venir et ce, dans tout le pays, pour lutter contre le terrorisme, et plus généralement la délinquance, tout en veillant au respect des mesures de confinement. Tous s’inscriront dans cette démarche à travers des contrôles dynamiques menés dans la profondeur des territoires.