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La Réunion : deux experts du PJGN en renfort pour déterminer l'origine de l'incendie

Auteur : le commandant Céline Morin - publié le
Temps de lecture: ≃3 min.
© DEIE

Vendredi 6 novembre, un feu de forêt a éclaté au cœur du Parc national de La Réunion. En cinq jours, près de 200 hectares sont partis en fumée. La gendarmerie, qui s'est vu confier l'enquête sur l'origine du sinistre, a reçu le renfort de deux experts du Département environnement incendie explosif, arrivés sur place le 11 novembre.

Ce mercredi 11 novembre, alors que l'incendie qui ravage La Réunion depuis cinq jours semble « fixé » mais « pas encore éteint », selon les termes du ministre des Outre-mer, la veille au soir, les pompiers sont massivement mobilisés pour empêcher toute reprise, qui pourrait être favorisée par des conditions météorologiques défavorables, ou encore toute propagation souterraine.

La gendarmerie est elle aussi engagée sur le front de cet incendie, notamment pour enquêter sur les causes du sinistre. Les gendarmes ont d'ailleurs lancé un appel à témoin mardi.

Deux experts du Département environnement incendie explosif sur le terrain

Sur ce volet, la brigade de proximité et la brigade de recherches de Saint-Paul, qui se sont vu confier l'enquête, viennent de recevoir le renfort de deux experts en incendie du Pôle judiciaire de la gendarmerie nationale (PJGN).

Ces deux militaires, agréés par la cour de cassation (plus haut degré de juridiction en France), sont là pour aider les unités locales à déterminer l'origine et la cause de cet incendie de forêt, qui a détruit près de 200 hectares en cinq jours dans le Maïdo, au cœur du Parc national de La Réunion.

Comme la plupart des pôles d'expertises du PJGN, le Département environnement incendie explosif (DEIE), de la division criminalistique physique et chimie, répond ainsi aux sollicitations émanant du terrain, souvent à distance ou en projetant une équipe sur site, en fonction de la complexité du dossier.

Un site classé au patrimoine immatériel de l'Unesco

De fait, à l'ampleur de la zone dévastée, s'ajoute ici une sensibilité particulière liée au classement de ce secteur au patrimoine immatériel de l'Unesco, en raison de sa faune et de sa flore endémiques. Une zone en outre tristement déjà marquée par deux incendies d'origine criminelle en 2010 et 2011, qui avaient respectivement détruit 800 et 3 000 ha. L'auteur avait été condamné à 12 ans de réclusion.

« Nous sommes là pour mettre nos compétences et notre expérience au service des unités et les aider à résoudre leur enquête, confie le lieutenant-colonel Guillaume Cognon, chef du DEIE. Nous projeter sur le terrain nous permet aussi de renforcer les liens avec les unités locales. L'IRCGN ne travaille pas seule. »

D'ailleurs, à peine arrivés sur le sol réunionnais, ce mercredi 11 novembre, en milieu de journée, le LCL Cognon et le deuxième expert incendie, l’adjudant-chef Christophe R., se retrouvent immédiatement engagés sur zone au côté des Techniciens en identification criminelle (TIC) de la Cellule d'identification criminelle de La Réunion (CIC 974). Les deux militaires doivent aussi travailler en relation avec l'Office national des forêts (ONF) et les sapeurs-pompiers déployés sur place, afin de délimiter les zones potentielles de départ de feu et en trouver la cause. Sur le terrain, l'ampleur des dégâts et l'étendue du sinistre, qui plus est difficile d'accès, compliquent la tâche des enquêteurs.

Des analyses effectuées sur place pour orienter rapidement les investigations

« Notre mission comprend deux volets : la recherche sur zone, notamment pour faire de nouveaux prélèvements, en complément de ceux effectués avant notre arrivée par les TIC locaux, et la partie analyses, précise l'officier. Nous sommes venus avec du matériel analytique de pointe, que nous avons installé dans les labos de la CIC, de façon à pouvoir procéder sur place aux analyses des prélèvements, afin de rechercher d'éventuelles traces de produits inflammables. »

Les deux experts peuvent ainsi transmettre beaucoup plus rapidement leurs résultats aux enquêteurs, leur permettant d'orienter leurs investigations en réduisant le nombre de pistes possibles.

« C'est un énorme gain de temps, estime le LCL Cognon. Notre objectif est de rendre nos premières conclusions et notre rapport d'étape avant de rentrer à Pontoise, a priori d'ici une semaine. Nous affinerons ensuite certaines analyses dans nos labos, mais 80 % du travail sera déjà fait. »