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Les gendarmes de Corse formés à la prise en charge de victimes de violences intrafamiliales

Auteur : la capitaine Marine Rabasté - publié le
Temps de lecture: ≃3 min.
Photo d'illustration
© MININT/F.PELLIER

Du 12 au 14 octobre dernier, plusieurs gendarmes de Corse-du-Sud ont suivi une formation à la Préfecture d’Ajaccio, afin de mieux comprendre les victimes de Violences intrafamiliales (VIF). Durant trois jours, plusieurs acteurs locaux se sont succédé pour leur transmettre les clés d’évaluation de ces situations complexes.

Alors que Marlène Schiappa inaugurait, le 13 octobre dernier, la première Maison de confiance et de protection des familles (MCPF) à Bois d’Arcy, dans les Yvelines, des gendarmes de Corse-du-Sud ont suivi, durant trois jours une formation sur la prise en charge des victimes de Violences intrafamiliales (VIF), animée par une formatrice et un psychologue du Centre régional de formation de la Police Nationale de Nice, en collaboration avec la Gendarmerie. Malheureusement, aujourd’hui encore, trop peu de victimes passent la porte des brigades pour déposer plainte. Mais lorsque c’est le cas, il est nécessaire qu’elles soient prises en compte de façon adaptée, afin d’aller jusqu’au bout de leur démarche. De l’accueil à la réponse pénale, le rôle du gendarme est déterminant.

Une diversité d’intervenants

Durant trois jours, plusieurs intervenants se sont succédé au sein de la préfecture d’Ajaccio. Procureur de la République, association d’aide aux victimes, psychologue, médecin légiste, officier de police judiciaire ou encore défenseur des droits, tous ont répondu présent pour partager leur expérience et leurs conseils avec les enquêteurs du département.

L’occasion pour eux d’aborder des problématiques variées, portant sur les domaines du judiciaire, du médico-légal, mais également sur la psychologie des victimes. L’attention des enquêteurs a tout particulièrement été attirée sur les dangers d’une prise en charge inadaptée. L’attitude du militaire et les questions posées peuvent avoir des conséquences sur les déclarations de la victime. Si cette dernière n’est pas en confiance, ou perçoit de la méfiance de la part de son interlocuteur, elle sera freinée dans sa démarche. De même, elle ne parlera pas librement si les questions lui sont posées à l’accueil de la brigade, en présence d’autres personnes, ou encore si son audition est interrompue à plusieurs reprises.

L’accueil des victimes comme priorité

L’amélioration de la prise en charge des victimes est un élément central de l’action de la gendarmerie dans le domaine de la lutte contre les VIF. Chaque gendarme peut être confronté à une telle situation et doit donc disposer des clés pour pouvoir agir et réagir de façon adaptée. Des formations initiales et continues sont donc dispensées. Mais la gendarmerie va encore plus loin. Cellules spécifiques, associations d’intervenants extérieurs, aménagement d’espaces dédiés… Depuis plus d’un an, de nombreuses initiatives sont mises en place pour favoriser la démarche des victimes et leur dépôt de plainte. Consciente de l’enjeu majeur que cela représente, l’Institution n’hésite pas à s’entourer de partenaires associatifs et institutionnels, afin de perfectionner sa stratégie en matière de lutte, comme en témoigne la formation dispensée au sein de la préfecture d’Ajaccio. Face au succès rencontré et à la satisfaction des militaires, qui ont jugé ces interventions enrichissantes, elle sera reconduite à Bastia au mois de novembre, au profit des militaires de la Haute-Corse.