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Puy-de-Dôme : les cadets de la gendarmerie veillent au port du masque

Auteur : le commandant Céline Morin - publié le
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© GND F. Garcia

Ils sont vingt dans le département du Puy-de-Dôme à avoir choisi la gendarmerie pour effectuer leur mission d'intérêt général, deuxième phase du service national universel. Encadrés par des réservistes opérationnels, les jeunes cadets parcourent actuellement les sites touristiques. Leurs missions : participer à la prévention des vols à la roulotte et des incivilités, en augmentation durant la période estivale, mais aussi, au regard de la crise sanitaire, veiller au respect du port du masque dans les zones d'affluence. Exemple sur le marché de Besse.

Les touristes sont venus en nombre dans le Puy-de-Dôme cet été. Et comme partout ailleurs, les gendarmes sont mobilisés pour que ces vacances se déroulent en toute sérénité… Toutefois, cette année, outre les actes de délinquance classique, tels les vols à la roulotte, et les incivilités diverses, ils doivent également porter une attention particulière au respect des mesures sanitaires liées à la crise épidémique, afin d'en limiter la propagation. Pour les aider à remplir ces missions de prévention, les militaires puydômois peuvent compter sur l'appui des jeunes cadets du Service national universel (SNU). Le Puy-de-Dôme fait en effet partie des treize départements préfigurateurs de ce dispositif lancé en 2019.

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Un calendrier adapté à la crise de la COVID

Loin d'être compromise par la crise de la COVID-19, cette première promotion de vingt cadets a vu sa formation complètement réadaptée au regard du contexte.

« Chaque département pouvait décliner le dispositif comme il le souhaitait. Notre objectif était de faire du terrain et de la prévention, explique le colonel (honoraire) Alain Cunin, missionné par le commandant du Groupement de gendarmerie départementale (GGD) du Puy-de-Dôme, pour assurer l’organisation de la formation des cadets du SNU ayant souhaité réaliser leur Mission d’intérêt général (MIG) en gendarmerie. Notre planning initial a été complètement bouleversé à cause de la crise sanitaire. Mais nous avons rapidement réagi en choisissant, en lien avec le commandement, de l'orienter vers des missions pratiques et concrètes. »

Après avoir découvert toutes les unités et spécialités de la gendarmerie de l’intérieur, acquérant ainsi une vision pragmatique de l'Institution, les cadets ont été concrètement « employés » sur le terrain. Pendant une semaine, ils ont d'abord effectué la distribution des masques du département et de la région sur la commune de Puy-Guillaume, avant de réaliser des missions de prévention sur la thématique des vols à la roulotte et des incivilités, mais également sur le respect des mesures sanitaires liées à la COVID, particulièrement le port du masque.

© GND F. Garcia

En « patrouille » sur le marché de Besse

Depuis le début de l'été, par petits groupes, ces jeunes tournent ainsi sur les différentes communes et sites touristiques du département. À l'occasion de leurs différents déplacements, ils ont aussi régulièrement l'opportunité de continuer à approfondir leur connaissance de la gendarmerie et de ses spécialités, à l'instar récemment du peloton de gendarmerie de montagne du Mont-Dore, de la Section aérienne d'Égletons ou encore du poste à cheval saisonnier.

En ce lundi d'août, c'est donc à Besse que les cadets vont porter la bonne parole. Le jour de marché y draine en effet une forte affluence. Et la chaleur estivale et l'insouciance des vacances ont parfois tendance à faire oublier les mesures sanitaires en vigueur…

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Après avoir été accueillis comme à chaque fois par la brigade locale, cinq cadets, répartis en deux groupes, partent ce jour-là au contact des chalands et des commerçants, sous la supervision de réservistes opérationnels rodés à l'exercice.

Arborant pantalon d'intervention bleu, polo blanc et casquette portant le logo bleu-blanc-rouge du dispositif, leur présence suscite bien des questions, souvent de la part de jeunes de leur âge. « Les gens sont surpris, dans le sens où ils ont très peu rencontré de personnes du SNU jusqu’à présent », estime Alec, 16 ans. Mais les cadets sont désormais habitués à expliquer le dispositif et leurs missions. Le contact passe bien, même si certaines personnes se montrent parfois récalcitrantes sur le port du masque. Les réservistes viennent alors à leur aide pour appuyer leur discours.

« Certains interlocuteurs sont parfois moins réceptifs, et finalement cela permet aux jeunes de toucher du doigt une certaine difficulté du métier. C'est dans ces moments-là que nous essayons de les guider, de les orienter, explique la gendarme (ESR) Fanny, qui fait partie des quatre réservistes assurant l'encadrement des MIG ce mois-ci. Nous les laissons s'exprimer, mais ils ne doivent pas prendre d'initiative sans nous en référer au préalable. »

Au fil de la patrouille, on sent que certains, pas encore totalement à l'aise dans cette fonction de contact, ont encore besoin d'être conseillés par leur encadrement.

Il est 13 heures. Les commerçants commencent à remballer. La fin de mission a sonné pour les cadets, qu'un déjeuner attend à la brigade de Besse.

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Naissance de nouvelles vocations

« Le fait de pouvoir découvrir la gendarmerie et ses missions en allant sur le terrain les a agréablement surpris, confie la GND Fanny, qui outre ce SNU, participe également à l'encadrement des Préparations militaires gendarmerie (PMG). À leur arrivée, la plupart étaient timides. Notre objectif était de les pousser à prendre confiance en eux, à s'affirmer. Ils se sont montrés impliqués et volontaires, et ils ont vraiment progressé au fil des semaines. Du retour que l'on a d'eux, ils sont vraiment contents. »

Ce que confirme Alec, dont le premier choix se portait pourtant sur l'armée de Terre : « La gendarmerie a été une agréable découverte », soulignant la qualité du suivi prodigué, « par des personnels très pédagogues et à l’écoute. Nous avons d'ailleurs été très bien accueillis dans les différentes unités que nous avons visitées. » Le jeune homme livre aussi son regard sur le contact avec la population : « C'était nouveau pour moi. On a un échange différent, dans le sens où on est plus vigilant aux autres que d’habitude. »

Depuis, même s'il est toujours hésitant sur son avenir, il n'exclut pas la gendarmerie. « Le fait de mieux la connaître sûrement », au contact des différentes unités et des réservistes. « J’avais très peu d’informations jusqu’alors sur le fait d’être réserviste, en quoi ça consistait, comment le devenir. Maintenant, je peux plus facilement me projeter sur une PMG. »

Plusieurs de ses camarades ont d'ailleurs déjà fait part de leur souhait d’intégrer la PMG, comme le souligne Xavier Bousset, président des cadets du Puy-de-Dôme, annonçant également avec satisfaction que la prochaine session des cadets affiche déjà complet. Et de conclure : « Cette première année a été une complète réussite, en dépit du contexte de crise sanitaire. Les jeunes ont découvert des métiers qu’ils ne soupçonnaient pas au sein de la gendarmerie. Les élus sont ravis d’avoir ce présentiel bleu supplémentaire sur le secteur. Tout ça, on le doit à l'implication très forte de la hiérarchie gendarmerie, le général Philippe Ott et le colonel Patrice Martinez, qui ont ouvert leurs portes, à l'organisation du colonel Cunin et au formidable accueil que les unités ont réservé à ces jeunes. »

© GND F. Garcia