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Quand les citoyens fabriquent des visières de protection pour les gendarmes

auteur : Pablo Agnan - publié le
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Depuis le début de la crise sanitaire, de nombreux citoyens se mobilisent pour protéger les gendarmes du COVID-19. Grâce à des imprimantes 3D, ils fabriquent des visières de protection à bas coûts. Une initiative locale qui s’est transformée en phénomène national.

Ils sont très jeunes et aussi plus âgés. Certains sont entrepreneurs, d’autres encore étudiants. Ils font tous partie de la communauté des « makers », qui, depuis le début de la pandémie de COVID-19, se mobilise pour venir en aide à celles et ceux qui sont en première ligne face au virus. Comment ? En fabriquant eux-mêmes des visières de protection et en les mettant gratuitement à la disposition des gendarmes, mais aussi des hôpitaux, des supermarchés et des pharmacies, et ce, sur tout le territoire.

Ce phénomène, désormais national, part d’une initiative locale. Le 23 mars, Stéphane Claisse, entrepreneur et aussi réserviste dans la gendarmerie maritime du Var (83), décide d’utiliser ses ressources pour répondre aux besoins de sa compagnie. Comme le raconte Var-Matin, il fait appel aux collaborateurs de son cluster « System Factory », un regroupement d’entreprises spécialisées dans l’industrie technologique, pour produire des visières en plastique.

Les makers, les nouveaux bricoleurs du numérique

Grâce à son réseau, ils établissent un procédé de fabrication qu’ils transmettent au Réseau français des fablabs (laboratoires de fabrication spécialisés dans le numérique). Le résultat est bluffant. En deux heures à peine, 86 visières sont fabriquées, puis 2 500 en une semaine. 400 d’entre-elles ont été distribuées gratuitement aux gendarmes.

« Cet élan de solidarité traduit un bel exemple d’intelligence collective », salue le colonel Frédéric Huguet, chef du bureau de la qualité et de l’innovation participative de la gendarmerie.

Cette initiative locale a eu un effet boule de neige sur tout le territoire national. Du Var à la Vendée, en passant par la Creuse et bien d’autres départements, des dizaines de « makers », des « Géo Trouvetout du numérique », se sont eux aussi lancés dans la fabrication de visières de protection.

Comme Stéphane Claisse, certains « makers » sont eux aussi entrepreneurs et réservistes. Exemple dans l’Orne, où la communauté de brigades de Mortagne a reçu un lot de 38 visières de la part d’un des siens. D’autres sont beaucoup plus jeunes : en Moselle, un garçon de 9 ans a fabriqué 20 visières et les a offertes aux militaires.

L’idée des visières séduit tout le monde, des fabricants aux utilisateurs. Certaines autorités ont même décidé d’en commander pour les personnels des forces de l’ordre. Dans les Hauts-de-France, 11 000 visières ont ainsi été distribuées aux gendarmes et aux policiers.