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Reconfinement : rappel des dispositifs de lutte contre les violences intra-familiales

Auteur : la capitaine Sophie Bernard - publié le
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Alors que les Français sont de nouveau confinés, face à une deuxième vague d’épidémie de Covid-19, une nouvelle envolée des Violences intra-familiales (VIF) est malheureusement également à craindre. Retour sur les nombreux dispositifs existant pour lutter contre ce fléau.

Au printemps 2020, tandis que le coronavirus faisait rage, un autre mal sévissait dans l'intimité de certains foyers. À l’issue du premier confinement, le constat était malheureusement sans appel : le taux de violences conjugales avait augmenté de plus de 30 % durant cette période propice à exacerber les risques. Alors qu'un deuxième confinement est entré en vigueur le 29 octobre dernier, à minuit, les associations de lutte contre ces violences ont été reçues par le gouvernement dès le lendemain, pour échanger sur les dispositifs qui devaient être maintenus.

Donner l’alerte

Avant tout, même si cela peut sembler évident, il est essentiel de rappeler que les victimes, mais aussi les témoins de VIF, peuvent à tout moment prévenir les forces de l’ordre en composant le 17.

Il existe aussi d’autres moyens pour alerter sans se faire entendre par l’agresseur, comme l’envoi d’un SMS au 114, la brigade numérique de la gendarmerie, le Portail de signalement des violences sexuelles et sexistes (PVSS) ou la plateforme gouvernementale arretonslesviolences.gouv.fr.

Parce que les enfants sont aussi malheureusement bien souvent les victimes ou les témoins de violences familiales, la ligne téléphonique 119 et le site allo119.gouv.fr permettent à ces mineurs de signaler une situation de violence ou à l'entourage de prévenir lorsqu’un enfant semble en danger.

Les victimes ne pouvant pas toujours donner l’alerte depuis leur foyer, épiées par leur agresseur ou coupées de tout moyen de communication, le dispositif « alerte pharmacie », qui a vu le jour durant le premier confinement, a été conservé. Les victimes peuvent ainsi se signaler discrètement auprès des pharmacies, mais aussi via des points de contact situés dans certains supermarchés, qui se chargent de leur donner toutes les informations utiles et de prendre attache avec les forces de l’ordre.

La ministre chargée de l’Égalité entre les femmes et les hommes, Élisa Moreno, a également insisté sur un point, le 30 octobre dernier, lors de sa réunion avec les associations: « Les femmes victimes de violences n’ont pas besoin d’attestation pour sortir et fuir le conjoint violent ». Par ailleurs, les membres des associations disposent d’une dérogation spéciale pour continuer leur mission et venir en aide aux victimes.

Se confier

Parce que les victimes, mais aussi les témoins, n’osent pas toujours signaler les violences et hésitent bien souvent à prévenir les forces de l’ordre, des numéros d’écoute sont également à leur disposition, comme la plateforme du 3919. Gratuite et anonyme, elle propose une écoute et oriente vers des dispositifs d'accompagnement et de prise en charge. Durant cette deuxième vague de confinement, ces écoutants vont de nouveau pouvoir proposer aux victimes gratuitement des trajets Uber et des nuits d’hôtel pour qu’elles puissent plus facilement fuir leur agresseur.

Par ailleurs, afin de prévenir les violences et d’accompagner aussi les auteurs potentiels dans leur gestion des tensions, une permanence téléphonique a été instituée par la Fédération nationale des associations et des centres de prise en charge d'auteurs de violences conjugales & familiales (FNACAV) au 08 019 019 11.

Enfin, il est important de souligner que les gendarmes reçoivent une formation spécifique en matière de violences intra-familiales, notamment pour recueillir la parole des victimes.

En outre, un peu partout sur le territoire national, de nombreuses unités de gendarmerie, travaillant en lien avec les différents partenaires et les Intervenants sociaux gendarmerie (ISG), sont spécialement dédiées à cette problématique : les Cellules de lutte contre les atteintes aux personnes (CLAP), les Brigades de protection des familles (BPF) et, surtout, depuis la rentrée, les Maisons de confiance et de protection des familles (MCPF).