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Tempête Alex : onze plongeurs et un sonar

Auteur : Antoine Faure - publié le
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© Dylan MEFFREIT Nice matin droits réservés

Les plongeurs des Brigades nautiques côtières (BNC) d’Antibes (Alpes-Maritimes), Martigues (Bouches-du-Rhône) et Roquebrune-les-Issambres (Var) explorent, depuis ce vendredi 16 octobre, une zone située à l’embouchure du Var, à la recherche de victimes des crues du 2 octobre. Ils peuvent s’appuyer sur une cartographie des fonds réalisée grâce au sonar high-tech de la brigade fluviale de Strasbourg.

 Seize. C’est le nombre d’objectifs visés, depuis ce vendredi matin, par les plongeurs de la gendarmerie nationale à l’embouchure du Var, à proximité de l’aéroport de Nice. Ces seize objectifs sous-marins ont été définis grâce à l’utilisation d’un sonar haute technologie franco-allemand, mis à disposition par la brigade fluviale de Strasbourg.

« Nous avons été engagés sur la tempête Alex par le Groupement de gendarmerie départementale des Alpes-Maritimes le 2 octobre, rapporte l’adjudant-chef Gilles Falco, qui coordonne cette mission délicate et fastidieuse. Dès le samedi 3 octobre après-midi, avec la décrue de la Vésubie et du Var, nous avons commencé à reconnaître les berges redevenues visibles et les trous d’eau apparents. Les conditions étaient très difficiles, car ce n’était pas vraiment de l’eau, mais plutôt de la terre. Il y avait toujours beaucoup de courants et aucune visibilité. Nous explorions à tâtons. »

Dans cette boue compacte, entre les arbres, les débris des maisons et les amas de ferraille, les plongeurs cherchent notamment des véhicules, afin de procéder aux levées de doute. Les plaques d’immatriculation pouvant permettre, par exemple, d’établir si le véhicule était vide au moment des crues, ou si, au contraire, il y avait probablement une ou plusieurs personnes à bord.

Progressivement, la phase de sauvetage de la vie humaine a malheureusement laissé place à la recherche de corps, avec une forte probabilité que les victimes aient été transportées par les eaux vers la mer. « Bien que certains corps aient pu rester dans les rivières ou le fleuve, entravés par un arbre ou une partie d’habitation », précise l’ADC Falco.

Une torpille experte en détection subaquatique

Les recherches se concentrent désormais sur une zone de 500 mètres par 500 mètres, à proximité de l’aéroport de Nice, où se jettent les eaux du Var, et conséquemment celles de la Vésubie, qui en est un affluent. « L’eau est encore extrêmement terreuse, avec de très nombreux débris et arbres, poursuit Gilles Falco. Les fonds ont été bouleversés. Il était impossible de couvrir la zone en plongée sans cartographier les fonds. » La Brigade nautique côtière (BNC) d’Antibes (Alpes-Maritimes) a donc fait appel à la brigade fluviale de Strasbourg, qui dispose d’un matériel de pointe : le sonar Klein 4900, une torpille jaune experte en détection subaquatique, capable de réaliser des prouesses dans ces conditions extrêmes.

Arrivés mardi en fin d’après-midi, les sonaristes de la gendarmerie ont d’abord effectué une reconnaissance avec la vedette de la BNC, pour faire un premier état des lieux à l’aide du profondimètre du bateau. Les fonds se révèlent très accidentés, avec des profondeurs allant de 6 à 30 mètres. Le lendemain et le jeudi, le sonar entre en action, avec pour mission de cartographier plus précisément les lieux, en répertoriant les tombants, et surtout de géolocaliser des masses qui ne sont ni des arbres ni des rochers, ce que cet appareil est capable de faire.

Dès qu’une masse est détectée, l’endroit est matérialisé en surface par une bouée reliée à une gueuse. « Les courants sont toujours très forts, note l’adjudant-chef, donc il demeure une imprécision de 3 à 5 mètres, qui nous contraint à effectuer des recherches circulaires. Mais c’est une aide précieuse pour les plongeurs. » Ce sont eux qui ont pris le relais désormais. Onze militaires des BNC d’Antibes, Martigues (Bouches-du-Rhône) et Roquebrune-les-Issambres (Var).

Le briefing a eu lieu ce vendredi à 7 heures, et les recherches subaquatiques ont commencé dans la foulée, par palanquée de trois ou quatre plongeurs, sur les 16 objectifs ciblés par le sonar. « Ce sont peut-être des véhicules, mais on ne peut avoir aucune certitude à ce stade, conclut Gilles Falco. Des stations-service ont par exemple été emportées, donc il peut s’agir de citernes ou de pompes à essence. » À ce jour, 12 personnes sont toujours portées disparues à la suite des intempéries du 2 octobre.