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Une rentrée scolaire sous haute surveillance face à la menace terroriste

Auteur : la capitaine Marine Rabasté - publié le
Temps de lecture: ≃4 min.
© Gend F. Garcia

Après l’attentat ayant entraîné la mort de Samuel Paty, le 16 octobre dernier, la rentrée des classes était l'un des principaux points d’attention ce lundi 2 novembre. Sur l’ensemble du territoire, la gendarmerie était présente pour sécuriser les établissements scolaires.

L’acte terroriste ayant visé le professeur d'histoire-géographie Samuel Paty, le 16 octobre dernier, dans les Yvelines, a bouleversé l’ensemble de la France. Ce jour-là, c’est L’École qui a été touchée et, à travers elle, la République et ses valeurs. Ce lundi 2 novembre, la rentrée des classes était donc fortement marquée par le souvenir de l'enseignant et de l’attaque dont il a été victime. Sur l’ensemble du territoire national, militaires d’active et de réserve ont dès lors été engagés afin de renforcer la protection aux abords des établissements scolaires, exerçant une présence dissuasive mais surtout rassurante pour les familles et le corps enseignant.

Protection renforcée

« Attaquer une école, c’est attaquer la République. Ce sont donc des lieux exposés au risque terroriste. Dans le contexte actuel, il nous est nécessaire d’être présents aux abords des établissements et de veiller à leur sécurisation », explique Julien, gendarme à la brigade d’Esbly, en Seine-et-Marne.

Avec ces quelques phrases, il résume l’action menée par la gendarmerie en ce jour de rentrée scolaire, mobilisant ses effectifs sur l’ensemble du territoire, pour protéger et rassurer le corps enseignant, les élèves et leurs familles. Afin de maintenir un niveau de protection élevée face aux risques et aux menaces, les gendarmes départementaux ont bénéficié de multiples renforts. Réservistes, gendarmes mobiles, gardes républicains et militaires de l'opération Sentinelle ont en effet également été engagés, comme ce fut le cas sur la compagnie de Meaux.

Dès 7 h 30, les effectifs ont été déployés sur les différents sites. Accompagnés d'un policier municipal et de son chien de défense Sierra, à Annet-sur-Marne, ou encore des chasseurs alpins en mission Sentinelle, aux abords du collège d’Esbly, les gendarmes ont veillé à ce que la rentrée se passe au mieux et que les craintes que pouvaient ressentir certains se dissipent.

Cette présence dissuasive de la gendarmerie a reçu un accueil favorable de la part de la population, et notamment du milieu scolaire. « La gendarmerie est, pour nous, un point d’appui. C’est un soulagement de les voir au niveau de l’établissement, car les événements récents ont suscité une vive émotion au sein de l’Éducation nationale », exprime le directeur du collège d’Esbly.

 

 

Actions de prévention

L’action de la gendarmerie a toutefois débuté bien avant la rentrée des classes. Pendant près de deux semaines, les gendarmes départementaux ont accompagné les chefs d’établissement dans la mise en place de mesures sécuritaires. En plus d’une sécurisation physique, un dispositif de sûreté passive a également dû être envisagé. Ainsi, les correspondants sûreté des brigades locales ont guidé les directeurs dans la mise à jour de leur plan particulier de mise en sûreté et les correspondants territoriaux de prévention ont été sollicités afin de prendre attache avec les équipes éducatives et d’encadrement. « Une grande inquiétude a été ressentie au niveau des établissements, concernant cette rentrée. Il y a actuellement un réel besoin de réassurance du milieu scolaire, qu’il s’agisse des enseignants ou des associations de parents d’élèves », indique le capitaine Laurent, commandant en second de la compagnie de Meaux.

Face à une menace terroriste prégnante, le contact avec la population est en effet plus que jamais essentiel. En plus des liens avec le milieu éducatif, les gendarmes restent donc également présents aux côtés des élus, afin d’organiser la lutte contre l’ensemble des fléaux menaçant la sécurité.


© SIRPA Gendarmerie

Entre lutte anti-terroriste et lutte contre la propagation de la COVID-19

Avec le risque de propagation du coronavirus, les dispositifs visant à éviter les regroupements et les croisements étaient également au cœur de l’organisation des écoles. Elles avaient ainsi parfois multiplié les entrées pour fluidifier les arrivées au sein de l’établissement. C’est notamment le cas de l’école primaire et maternelle d’Annet-sur-Marne, qui avait mis en place cinq entrées distinctes. Néanmoins, eu égard au contexte sécuritaire, il y a lieu de repenser ces mesures, comme l’explique le capitaine Laurent : « Plus il y a d’entrées, plus l’accès à l’établissement est facilité et plus il est difficile de le sécuriser ». Allier les mesures anti-terroristes et celles de lutte contre la propagation du coronavirus n’est ainsi pas toujours simple pour les responsables d’établissement. L’ensemble de la gendarmerie reste donc présente pour les accompagner dans l’élaboration d’une nouvelle organisation, permettant de protéger la population, quelle que soit la menace.