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Alpes-Maritimes : un important dispositif engagé à Gréolières pour retrouver l’auteur présumé d’un féminicide

Auteur : commandant Céline Morin - publié le
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© CNE Eloi Brot - RGPACA

Suspecté d’avoir tué une femme, ce dimanche, dans le Var, l’homme, décrit comme « armé et dangereux » par le procureur de la République de Draguignan, a également tiré en direction des gendarmes. Âgé d’une trentaine d’années, il est activement recherché depuis hier soir. La population de Gréolières et des environs est invitée à rester chez elle le temps de l’intervention.

Dimanche au petit matin, le corps d’une jeune femme d’une trentaine d’années était retrouvé sans vie, tuée par balle, devant son domicile, au Plan-de-la-Tour, dans le Var. Une enquête pour homicide volontaire a aussitôt été ouverte par le parquet de Draguignan et confiée conjointement à la Section de recherches de Marseille et à la Brigade de recherches de Gassin.

L’exploitation de la vidéo-protection et du téléphone portable de la victime permet très rapidement aux enquêteurs d’identifier un suspect. Il s’agit d’un homme, également âgé d’une trentaine d’années, avec lequel « la victime entretenait ou avait entretenu » une relation, a indiqué le procureur de la république de Draguignan, lors d’une conférence de presse donnée ce lundi en fin de matinée.

Dans la soirée de dimanche, les enquêteurs se rendent alors à Gréolières dans le département des Alpes-Maritimes, au domicile du mis en cause, afin de l’auditionner. Mais très vite, celui-ci se retranche chez lui, avant de faire feu en direction des militaires de l’AGIGN d’Orange venus en renfort.

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Le dispositif monte alors en puissance. Il n’est pas encore minuit quand une centaine de militaires sont engagés pour boucler la zone. Sur place sont également engagés des négociateurs, des équipes cynophiles, la section aérienne de gendarmerie, des militaires du Peloton de gendarmerie de haute montagne et les techniciens SOLC (Sections opérationnelles de lutte contre la cybercriminalité) pour assurer la bulle de communication. Le GIGN arrive sur les lieux un peu avant deux heures du matin.

Après avoir ratissé en vain la résidence du suspect jusqu’au petit matin, les recherches se sont étendues aux alentours, dans un périmètre « délimité et bien contrôlé par les gendarmes », comprenant un secteur boisé escarpé.

Depuis ce midi, près de 200 militaires sont mobilisés pour retrouver cet individu décrit comme « armé et dangereux » par le parquet de Draguignan, à la fois saisi pour l’homicide perpétré au Plan-de-la-Tour et les faits survenus à Gréolières, qui ont conduit à l'ouverture d'une enquête pour tentative de meurtre sur personne dépositaire de l'autorité publique. Un chien Saint-Hubert a été engagé, quatre hélicoptères se relaient H.24 dans les airs, transportant notamment les militaires du PGHM, dont la technicité permet d'effectuer les levées de doute dans les parties escarpées du périmètre, ainsi que dans les quelque 90 grottes que compte cette zone. Deux escadrons de gendarmerie mobile sont venus renforcer le dispositif de ratissage.

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Dispositif de recherche H.24

Les recherches vont se poursuivre toute la nuit, de même que la mobilisation des divers moyens régionaux, zonaux et nationaux déployés par la gendarmerie « pour retrouver cette personne et la convaincre de se rendre », a souligné le préfet, lors de la conférence de presse donnée ce lundi en fin d'après-midi à Gréolières.

« Depuis hier midi, nous avons mis en place un dispositif de recherche important, actif H.24. C'est un dispositif dynamique, évolutif et qui s'inscrit dans la durée », a confirmé le colonel Nasser Boualam, commandant le groupement de gendarmerie départementale des Alpes-Maritimes, soulignant là encore l'étendue et la complexité d'un terrain que « connaît parfaitement le suspect », chasseur à ses heures.

Précisant que des investigations sont parallèlement en cours, notamment à travers l'exploitation de l'appel à témoins lancé par la gendarmerie en fin de matinée, le colonel Boualam a confié n'écarter aucune hypothèse de travail. Pour l'heure, les gendarmes « tiennent le terrain, en nombre et en spécialités. Les recherches vont se poursuivre autant que nécessaire pour localiser l'individu. Mais il faut du temps. Il y a un espace important à prendre en compte et à contrôler minutieusement, et cela doit se faire en sécurité pour la population. Nous affinons le périmètre au fur et à mesure. »

Tant l'officier que le préfet ont profité de cette conférence de presse pour encourager le fugitif à se livrer aux forces de l'ordre. « Il faut savoir déposer les armes, se livrer et faire confiance aux autorités. C'est la meilleure solution, pour lui, sa famille et tous ceux qui le connaissent », a insisté le préfet, tandis que le colonel Boualam indiquait que la priorité serait donnée au dialogue « pour essayer de lui faire entendre raison et le convaincre de se rendre », avant tout emploi de la force, « en ultime recours ».

Il est toujours demandé à la population d'éviter ce secteur, de rester chez elle et de ne pas gêner l'action des forces de l'ordre.

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