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Avec mon handicap, vais-je pouvoir franchir la porte d’une gendarmerie ?

Auteur : capitaine Marine Rabasté - publié le
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Depuis l’automne 2021, les données d’accessibilité des établissements recevant du public de la gendarmerie sont visibles sur le site AccèsLibre.gouv.fr afin de faciliter l’accès des personnes en situation de handicap.

Créée grâce au programme beta.gouv qui aide les administrations publiques à construire «  des services numériques utiles, simples, faciles à utiliser et qui répondent vraiment aux besoins des gens », AccèsLibre est une start up d’Etat renseignant sur l’accessibilité des Etablissements recevant du public (ERP). L’objectif est de permettre à tous les usagers, quel que soit leur handicap, de connaître les conditions d’accès à un établissement avant de s’y rendre, qu’il soit privé ou public. En effet, près de 12 millions de personnes se demandent au quotidien si elles pourront ou non pénétrer dans le site où elles souhaitent se rendre. Certes, des informations sont parfois disponibles sur internet mais elles ne sont pas toujours précises ou fiables, les obligeant ainsi à appeler l’établissement.

Faciliter l’accès aux gendarmeries

Grâce à l’intégration de ses données sur le site Accèslibre, la gendarmerie porte à la connaissance de toutes et tous les conditions d’accès à ses 3622 emprises destinées à accueillir du public. Une façon de s’impliquer encore davantage dans la Responsabilité sociétale et environnementale (RSE), dans sa dimension sociale. « Il s’agit de faciliter le choix des personnes en situation de handicap lorsqu’elles doivent se rendre dans une gendarmerie, par exemple pour déposer plainte ou signer une procédure, qu’elles sachent dans laquelle elles auront le moins de difficultés à accéder. » explique la Lieutenante-colonelle (LCL) Marielle, à l’initiative de l’engagement de la gendarmerie dans la démarche.

Brigades de proximité, motorisées, pelotons d’autoroute ou encore maisons de protection des familles ont tous fait l’objet d’un questionnaire visant à recueillir les données d’accessibilité. Désormais, les usagers trouveront donc systématiquement les renseignements relatifs à l’accès en transport en commun, au stationnement et aux aménagements extérieurs et intérieurs.

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Une plateforme collaborative

AccèsLibre est une plateforme sur laquelle les renseignements peuvent être ajoutés ou modifiés par toute personne, qu’elle soit de l’institution elle-même ou qu’il s’agisse d’un usager. Cela permet de maintenir à jour les informations, au plus proche de la réalité. Une partie de ces dernières sont par ailleurs actualisées toutes les 24 heures grâce à un lien avec le site Datagouv qui contient de nombreuses informations utiles. « Pour ce faire, il a d’abord fallu fiabiliser et mettre à jour les données qu’elle contenait. Puis, trois gendarmes de réserve ont été missionnés au sein du Service de la transformation afin de contacter l’ensemble des établissements pour obtenir les informations relatives à leurs conditions d’accès.» indique la LCL Marielle. Un travail de fourmi donc, mais dont l’utilité est indéniable !

Au service de la population

A terme, les renseignements présents dans le site Acceslibre seront affichés dans l’ensemble des sites et téléservices permettant de recourir à la gendarmerie (application, site institutionnel, annuaire service public ou encore Pages Jaunes). Depuis septembre 2021, ils sont d’ailleurs déjà intégrés dans la préplainte en ligne.

« Par ailleurs, avec les mises à jour automatiques qui ont été implémentées, cela permet d’afficher des données fiables au profit de la population sans travail supplémentaire de la part des gendarmes » indique la LCL Marielle. La démarche s’intègre donc pleinement dans la stratégie poursuivie par la gendarmerie : « Pour la population, par le gendarme ».

L’engagement de la gendarmerie sur Accèslibre s’inscrit dans un écosystème de projets permettant d’améliorer son empreinte cyber. Comme elle le fait pour l’empreinte terrain, en étant physiquement présente auprès de la population, la gendarmerie doit également asseoir sa présence sur Internet. « On pourra à terme connaître cette empreinte grâce à l’aperçu de l’utilisation de ces données d’accessibilité, rendu possible par le développement du projet Cyberimpact dont je suis également à l’origine. On saura alors combien de fois elles ont été consultées, pour quel usage ... » conclut la LCL Marielle.