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Coopération des forces françaises et andorranes pour sécuriser le Tour

Auteur : capitaine Sophie Bernard - publié le
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© SIRPA - Gend. F.Garcia

Cette année, l'itinéraire du Tour de France passe par la principauté d'Andorre, avec l'arrivée de la 15e étape à Andorre-la-Vieille et le départ de la 16e depuis le Pas de la Case. L'engagement de la gendarmerie nationale ne s'est pas arrêté à la frontière puisque, à la demande de la police andorrane, les militaires ont été amenés à renforcer leurs voisins.

À l'image de l'édition de 2016, la Grande Boucle traverse une nouvelle fois les Pyrénées. Un joli crochet, qui emporte néanmoins de nombreuses conséquences en termes de sécurité. « Adaptée à la taille de son territoire, la police andorrane ne compte que 240 personnels, dont 7 motocyclistes. En vertu d'un accord bilatéral conclu entre la France et la principauté en 2014, celle-ci a demandé officiellement au ministère de l'Intérieur français le renfort de la gendarmerie nationale », explique le lieutenant-colonel Joël Scherer, officier de liaison sur le Tour de France.

Les gendarmes passent la frontière

Si les gendarmes n'ont pas hésité une seconde à traverser la frontière pour épauler leurs homologues, il a fallu organiser cette coopération bien en amont. « Nous avons dû fournir les identités des gendarmes, leurs numéros d'armes et de munitions, ainsi que les immatriculations de leurs véhicules. Nous avons également échangé avec l'ambassadeur et le directeur de la police andorrane, afin de convenir ensemble des modalités pratiques. »

Quatre motocyclistes andorrans sont ainsi partis de Céret aux côtés de ceux de la garde républicaine et trois autres sont venus s'ajouter une fois passé la frontière, dont un a été symboliquement placé en tête de la course. Tout comme les gendarmes, d'autres policiers andorrans se sont positionnés le long de la route pour le jalonnement. Comme convenu, toutes les forces françaises ont accompagné et sécurisé la course, même une fois passé la frontière. « Nous nous sommes mis à la disposition de la police andorrane. Nous sommes néanmoins strictement limités à la légitime défense et, en cas d'intervention, nous remettrons l'individu à l'officier de police judiciaire local. »

© SIRPA - Gend. F.Garcia

Des renforts étrangers pour une course internationale

Ce n'est pas l'unique exemple de coopération internationale sur la Grande Boucle, puisque, de son côté, la gendarmerie nationale a fait appel au renfort de gardes civils espagnols, de policiers néerlandais et de l'Unité opérationnelle franco-allemande sur certaines étapes.

« Nous avons beaucoup de ressortissants étrangers supporters sur le Tour. La présence de ces forces, là où se concentrent leurs nationaux, facilite les échanges, notamment pour expliquer les consignes de prévention dans leur langue. Cela permet aussi de dissuader, en leur montrant qu'en cas de débordement, cela ne sera pas sans conséquence une fois de retour dans leur pays. »

C'est le cas, par exemple, à Céret, où un policier néerlandais a formé une patrouille mixte avec les gendarmes. « J'étais déjà venu en renfort en 2018 pour sécuriser le Tour au niveau du virage 7 de l'Alpe d'Huez (NDLR : surnommé « le virage fou des Hollandais » au regard de la concentration de supporters néerlandais). Je parle néerlandais, flamand, allemand, anglais et français. Je peux ainsi m'assurer que les touristes ont bien compris les règles et porter assistance à mes camarades français en cas de problème. »

© SIRPA - Gend. F.Garcia

La Grande Boucle n'a pas fini de rapprocher les peuples, puisqu'elle passera l'année prochaine par le Danemark, des étapes que le lieutenant-colonel Scherer prépare d'ores et déjà, en lien avec ses homologues danois.