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Création d’un véhicule criminalistique : un partenariat constructif entre un lycée et la gendarmerie de Landerneau

Auteur : la lieutenante Floriane Hours - publié le
Temps de lecture: ≃3 min.
© Gendarmerie nationale

À Landerneau dans le Finistère, un partenariat entre le lycée de l’Elorn et la compagnie de gendarmerie, a permis la réalisation d’un véhicule criminalistique multi-service. Remis à la compagnie depuis le 14 octobre 2020, il est le fruit d’un travail acharné et d’une belle coopération entre gendarmerie et élèves.

Il y a trois ans et demi, en septembre 2017, le lieutenant-colonel Yann Marchal, alors commandant de la compagnie de Landerneau, fait un constat : au regard du caractère opérationnel des missions de la gendarmerie, disposer d’un véhicule criminalistique adapté, répondant aux nécessités de coordination et de soutien technique serait une véritable plus-value.

Valoriser le savoir-faire des élèves

Pour mener à bien ce projet, le colonel va se tourner vers les partenaires locaux. Le lycée de l’Elorn qui dispose d’une filière d’enseignement technique présentant toutes les compétences et savoir-faire nécessaires, s’impose rapidement comme un choix idéal.

Sur les trois années nécessaires à la création du véhicule, 18 élèves du BTS de “Développement et réalisation bois” vont travailler sur cette commande quelque peu atypique. “ Pour les élèves, c’était un peu particulier de travailler pour la gendarmerie. Le projet d’ailleurs était un peu particulier, d’habitude on est sur des meubles, là il a fallu s’adapter”, explique Guillaume Larreur, un des deux professeurs chargés du projet. “ C’est vrai qu’au début, lorsque les élèves ont reçu la commande de la gendarmerie, il y a eu des sourires mais ensuite, la technique est très vite passé par dessus et ils ont joué le jeu.”, poursuit-il. 

Après un an de réflexion, de débats, d’élaboration du cahier des charges et de recherches de financements, le projet est lancé en septembre 2018.

© Gendarmerie nationale

Un travail de coopération élargi

Dès la première année de conception, c’est une véritable armée de petites mains qui se met en place. Elle est constituée des élèves, des deux enseignants, Alain Monot et Guillaume Larreur et du lieutenant-colonel Yann Marchal qui assure le pilotage, le suivi du projet dans sa globalité. Dans cette équipe, se trouvent également des militaires de la compagnie de gendarmerie de Landerneau qui conseillent et orientent les élèves sur les besoins opérationnels. La fine équipe compte aussi un garagiste, Fabrice Abgrall, référent sur les aspects techniques propres au véhicule. 

Grâce au travail de tous et à l’aide financière de 6000€ de l’Agence de l’Innovation de Défense (AID), pas à pas, le véhicule prend forme. Des premiers prototypes émergent des modules finalisés qui seront ensuite positionnés dans le fourgon. Une conception modulaire qui répond parfaitement aux besoins opérationnels des militaires.

Citation au prix de l’innovation Gendarmerie 2019

Si la coopération entre les différents acteurs du projet a été une franche réussite, le création de ce véhicule criminalistique, a en revanche, comme tout projet, dû faire face à quelques contretemps, soulignés par le lieutenant-colonel Yann Marchal,

 [ Il y a eu] des contraintes techniques soulevées lors de la réalisation des divers prototypes, aspects administratifs, gestion des calendriers, puis le Covid-19 qui est également venu perturber les agendas. Malgré cela, les objectifs pédagogiques ont été pleinement remplis. […] Tous les partenaires ont su avancer ensemble en vue de leur résolution avec une motivation sans faille.

Une motivation et une coopération grâce auxquelles, chacun à découvert l’univers de l’autre avec d’un côté, celui du bois, de la conception et de la réalisation, et de l’autre, celui du monde de la gendarmerie et des techniques d’identification criminelle.

Un échange très enrichissant pour tous, qui a été grandement salué lors du prix de l’innovation gendarmerie 2019 où le projet a figuré parmi les lauréats. Une distinction récompensant aussi bien le partenariat qui a été mis en place, que les compétences techniques déployées pour la réalisation du véhicule. 

Autre preuve de l’intérêt suscité par ce projet, les plans réalisés par les élèves seront bientôt mis à disposition auprès d’autres unités ayant des véhicules et des besoins semblables.