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Des gendarmes à bord du « Grand Charles »

Auteur : Antoine Faure - publié le
Temps de lecture: ≃3 min.
Les trois militaires du Peloton spécial de sécurité (PSS) de l’escadron de gendarmerie mobile 11/6 de Marseille sur le pont du Charles De Gaulle, avec le commandant du navire, le capitaine de vaisseau Guillaume Pinget.
© Aspirant De Nicolay/ Marine nationale

Depuis le 14 février, des gendarmes du Peloton spécial de sécurité (PSS) de l’escadron de gendarmerie mobile 11/6 de Marseille sont embarqués à bord du porte-avions nucléaire Charles De Gaulle, dans le cadre de la conduite de leur mission de contrôle gouvernemental de la dissuasion au profit de la Marine nationale.

Les Pelotons spéciaux de sécurité (PSS) sont des unités de gendarmerie mobile rattachées pour emploi à la Gendarmerie de la sécurité des armements nucléaires (GSAN). Dans le cadre de leur mission, ces pelotons sont appelés à embarquer à bord du porte-avions nucléaire Charles De Gaulle. Depuis le 14 février dernier, ce sont ainsi trois militaires du PSS de l’escadron 11/6 de Marseille qui ont pris place à bord du navire amiral de la Marine nationale, pour la mission baptisée Clemenceau 21.

La GSAN, maillon essentiel de la dissuasion depuis 1964

« À bord du porte-avions, les gendarmes du PSS forment l’Unité spéciale de sécurité embarquée (USSE), explique le capitaine (CNE) Jean-Louis, qui commande le peloton. Ce sont des volontaires. Ils doivent avoir quatre ans d’ancienneté et être aptes à la mer. Leur présence à bord est liée à la dissuasion. »

La Gendarmerie de la sécurité des armements nucléaires (GSAN) constitue l'une des formations spécialisées de la gendarmerie nationale. Elle est chargée du contrôle gouvernemental et de la sécurité des armes nucléaires qui permet de garantir au président de la République qu’il dispose à tout moment de la totalité des moyens de la dissuasion et de la capacité de les engager.

« C’est une grande fierté pour les gendarmes du PSS d’accompagner l’équipage du Charles De Gaulle, relève l'adjudant-chef (ADC) Jean-Luc, commandant l’USSE pour la mission Clemenceau 21. Nous arrivons en terre inconnue, avec des conditions de confort et une promiscuité qui ne sont pas forcément faciles à vivre pour des gendarmes, mais nous sommes toujours très bien reçus par les marins, ce qui facilite notre adaptation. »

« Nous sommes actuellement sur le retour, nous remontons vers le canal de Suez, décrit l’ADC Florent. Il fait 40°, l’environnement est très bruyant, le physique vraiment mis à rude épreuve. La mission est certes rythmée par les escales, mais COVID oblige, les interactions avec les populations locales sont quasiment nulles. C’est un regret bien sûr, mais ça fait du bien de temps en temps de dormir dans un hôtel climatisé ! Et puis nous avons eu la chance de passer une nuit dans le désert, ça restera un excellent souvenir. »

Mélodie, première gendarme sur le pont du porte-avions

La gendarme Mélodie est devenue, en janvier 2020, la première femme affectée au sein d’un PSS pour la GSAN et, de fait, la première gendarme à monter à bord du « Grand Charles ». Elle témoigne avec un réel enthousiasme : « C’est une opportunité fantastique ! Quand je suis entrée en gendarmerie, jamais je n’aurais imaginé pouvoir vivre une telle expérience, voir les avions être catapultés, apponter... Les marins sont parfois surpris de nous croiser. Alors ils nous posent beaucoup de questions. Contrairement aux hommes du peloton, qui sont logés ensemble, je suis logée avec les femmes de la Marine. Cela permet de nombreux échanges, et j’apprends plein de choses sur le porte-avions. Je ne m’attendais pas forcément à ce qu’il y ait autant de spécificités, de métiers différents. Il y a un pâtissier, un boulanger… et même des gendarmes ! »