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Des patrouilles dans le cyberespace au contact de la population

Auteur : Antoine Faure - publié le
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© GENDARMERIE/SIRPA/M-A.SAILLET

Présenté lors du Forum international de la cyber sécurité (FIC) 2021, qui s’est tenu à Lille du 7 au 9 septembre, le commandement de la gendarmerie dans le cyberespace (ComCyberGend) se compose de trois pôles : Proximité numérique, Investigations numériques, Expertise numérique. Gend’Info vous présente ces pôles, en commençant par celui de la Proximité numérique.

Lors du Forum international de la cyber sécurité (FIC) 2021, sur le stand de la Délégation à l'information et à la communication (DICOM) du ministère de l’Intérieur, où se situait la partie dédiée à la gendarmerie, étaient présentés les trois pôles - Proximité numérique, Investigations numériques, Expertise numérique - qui composent le commandement de la gendarmerie dans le cyberespace (ComCyberGend), plaçant les unités exerçant une mission cyber sous une bannière de coordination unique.

Le premier pôle assume, dans le cyberespace, l'un des impératifs majeurs de la gendarmerie au quotidien : le lien avec la population qu’elle protège. Cette dimension de proximité comprend notamment deux dispositifs déjà bien identifiés par les citoyens :le téléservice magendarmerie.fr, accessible 24 heures/24 et 7 jours / 7, qui complète l’action de terrain des brigades territoriales et dont le nombre de sollicitations a triplé en 2020, atteignant désormais 730 interactions par jour ; la plateforme Perceval qui permet de signaler les infractions relatives à l’usage frauduleux de la carte bancaire,« et ainsi favoriser le rapprochement judiciaire entre des faits distincts, parfois disparates sur le territoire, mais qui ont un même auteur ou une même origine », précise le capitaine Dominique, chef du département prévention protection de la division de la proximité numérique du ComCyberGend.

S’appuyer sur le maillage territorial

Ces dispositifs, qui concernent essentiellement les victimes de cyber malveillance, se doublent d’une offre de prévention à destination des publics habituels de la gendarmerie : les particuliers, les entreprises, surtout les petites structures, et les collectivités. Ainsi, en 2020, la gendarmerie a conduit 12 500 démarches de prévention contre les cybermenaces auprès des élus, des collectivités territoriales et des établissements publics, et près de 45 000 au profit d’entreprises de toute taille.

© GENDARMERIE/SIRPA/M-A.SAILLET

« Nous nous appuyons pour cela sur notre maillage territorial qui nous permet d’aller au cœur des territoires, rappelle le lieutenant-colonel Jacques, chef du centre sécurité économique et protection des entreprises (CSECOPE). L’objectif pour la gendarmerie est d’éviter que des atteintes soient commises, d’avoir le moins de victimes possible. C’est à l’image de nos patrouilles au contact de la population qui ont un effet dissuasif. »

« Une prévention qui fonctionne ne se voit pas, appuie le chef du département prévention protection de la division de la proximité numérique du ComCyberGend. Et si demain nous n’avons plus de dossiers de cyber malveillance à traiter, on ne s’en plaindra pas ! En attendant, il y a un important travail de sensibilisation à mener afin de rendre les structures plus sûres. »

IMMUNITÉ pour les élus

Cette prévention passe par le tissage de nombreux partenariats dont le dernier en date, baptisé IMMUNITÉ, est le fruit d’une collaboration avec l’Association des maires de France (AMF) et le dispositif cybermalveillance.gouv.fr. Il consiste en un formulaire de neuf questions destiné à tester la maturité en matière de cyberprotection. Il a été envoyé aux 30 000 maires adhérents de l’AMF qui vont pouvoir se l’approprier et y répondre. Si tout est dans le vert, c’est parfait ! Mais le plus probable c’est qu’il y ait un certain nombre de réponses dans le rouge. Dans ce cas, l’élu aura la possibilité de prendre contact avec la gendarmerie, dont les spécialistes cyber pourront l'assister et lui dispenser des conseils.

« Pourquoi les élus ? Parce que ce sont les décideurs, ceux qui vont arbitrer et débloquer les budgets qui permettront d’améliorer la sécurité des systèmes d’information, estime le capitaine Dominique. Mais c’est une démarche vertueuse qui touchera aussi des agents, dont on peut supposer qu’ils appliqueront ensuite, dans la sphère privée, les conseils qu’ils auront reçu dans le cadre professionnel. »


© SIRPA/Valentin Martin