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Deux après le lancement du Grenelle des violences conjugales, l’engagement se poursuit !

Auteur : la capitaine Sophie Bernard - publié le
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© Twitter Marlène Schiappa

Il y a deux ans, le gouvernement organisait un Grenelle contre les violences conjugales, s’appuyant sur 11 groupes de travail thématiques et donnant lieu à 46 mesures. En cette rentrée 2021, Marlène Schiappa, ministre en charge de la Citoyenneté, a souhaité réunir tous les acteurs engagés dans ce combat pour leur faire écouter des témoignages de victimes.

 

Grande cause du quinquennat du président de la République, la lutte contre les violences conjugales continue deux après le lancement du Grenelle. Tandis qu’une délégation du gouvernement se déplaçait, le 3 septembre dernier, dans la Manche pour s’enquérir de la mise en œuvre des mesures en la matière, c’est à Beauvau que se poursuivent aujourd’hui les échanges.

Après un temps de réflexion et de mise en place des mesures, Marlène Schiappa a souhaité innover, en ce lundi 6 septembre 2021, avec la tenue d’une « conférence inversée ». Personnalités politiques, directeurs de la police et de la gendarmerie nationales et membre des forces de l’ordre ont ainsi été conviés à venir écouter d’anciennes victimes de violences conjugales et leurs proches. Parmi ces personnes venues témoigner se trouvaient notamment Valérie Bacot, mère de famille ayant assassiné son mari après des années de violence, Tatiana Laurens Delarue, auteur et présidente d’une association sur le sujet, ou encore M. et Mme Fouillot, les parents d’Alexia Daval assassinée par son mari. Touchés par le récit de ces expériences, les invités ont pu les remercier et échanger sur les dispositifs institués.

En effet, de nombreuses mesures ont été mises en oeuvre depuis deux ans, comme la création de plus d’une centaine de postes d’intervenants sociaux en commissariat et gendarmerie qui ont un rôle d’interface avec les services sociaux et les administrations concernées. Associée au numéro d’écoute 3919, la plateforme de signalement des violences sexuelles et sexistes permet également d’échanger avec des policiers ou des gendarmes à tout moment de façon anonyme et gratuite. Ce tchat a notamment pris tout son sens durant les confinements liés à la crise sanitaire où l’accès des victimes aux forces de l’ordre était plus compliqué. Afin d’améliorer la réponse pénale en matière de violences intrafamiliales, 2310 téléphones grave danger ont déjà été déployés (ils devraient être 3000 d’ici la fin de l’année) et 1000 bracelets anti-rapprochement ont été mis à disposition des magistrats.

Au delà des grilles d’évaluation du danger utilisées par les forces de l’ordre dans le cadre de l’accueil des victimes, 90 000 policiers et gendarmes ont reçu une formation pour un meilleur accueil et accompagnement des victimes. Les gendarmes ont ainsi pu bénéficier d’une formation d'expertise aux mécanismes de VIF dispensée par le Centre national de formation à la police judiciaire (CNFPJ), tandis qu’un module d’enseignement spécifique a été ajouté dans les écoles de gendarmerie. Par ailleurs, au niveau local, de nombreuses unités spécialisées ont vu le jour comme les Maisons de protection des familles (MPF), créant des points d’entrée unique départementaux en matière de VIF, ou les cellules spécialisées dans de nombreux groupements de gendarmerie, formées d’enquêteurs ne traitant que ce type de procédures. Les gendarmes ont également développé des partenariats spécifiques selon les régions, comme en Vendée avec la plateforme Doctolib qui facilite la prise de rendez vous médicaux pour les victimes de violences.

Parmi les dernières mesures instituées, se trouvent la création d’un fichier des auteurs de violences conjugales, ou encore la nomination de référents VIF dans les commissariats et les brigades, mais aussi aux côtés des directeurs de la police et de la gendarmerie nationales. C’est la lieutenante-colonelle Dorothée Cloitre qui va occuper ce poste auprès du général d’armée Christian Rodriguez.

L’engagement des forces de l’ordre reste donc total en matière de lutte contre les violences conjugales. En atteste malheureusement le décès de trois gendarmes, le 28 décembre dernier, alors qu’ils intervenaient pour sauver une victime de VIF à Saint-Just.