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En Charente-Maritime, un QR Code pour signaler les violences conjugales

Auteur : Pablo Agnan - publié le
Temps de lecture: ≃3 min.
© Ministère de l'Intérieur/J.ROCHA

En Charente-Maritime, le groupement de gendarmerie a créé un dispositif original permettant aux victimes de violences conjugales de signaler ces faits. Comment ? En scannant simplement un QR Code, apposé sur un autocollant, elle sera mise en relation dans les 34 secondes qui suivent avec les forces de l’ordre. Baptisée LibRA, cette initiative sera prochainement étendue à l’ensemble du territoire. 

Grande cause quinquennale, la lutte contre Violences intra-familiales (VIF) a connu un tournant majeur en 2019, avec le grenelle contre les violences conjugales. À l’époque, le gouvernement d’Édouard Philippe avait annoncé diverses mesures, parmi lesquelles la création d’un budget dédié à cette cause, la facilitation du signalement des violences, une meilleure protection des victimes, un suivi des auteurs ainsi que de nouvelles sanctions à leur encontre et enfin, un effort sur l’éducation et la formation.

Une lutte tout azimut

Sur ce dernier point, la gendarmerie a mis en place une série de formations initiales et continues afin que ses personnels offrent aux victimes une meilleure prise en charge. Dans le détail, les militaires bénéficient désormais d'une formation d'expertise aux mécanismes de VIF, dispensée par le Centre national de formation à la police judiciaire (CNFPJ), tandis qu’un module d’enseignement spécifique a été ajouté dans les écoles de gendarmerie. Du côté de la formation continue, chaque Groupement de gendarmerie départementale (GGD) organise des journées de sensibilisation aux VIF, à destination des gendarmes amenés à occuper la fonction de chargé d’accueil et à réceptionner les appels au 17, ainsi que des enquêteurs.

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Aussi, l’institution a décidé de revoir l’organisation de ses unités dédiées à la prévention, afin à la fois de les densifier, sur le plan humain et matériel, mais aussi pour qu’elles deviennent le fer de lance de lutte contre les VIF. Ainsi, on peut notamment citer la création, au niveau local, de nombreuses unités ad hoc, comme les Maisons de protection des familles (MPF) ou les cellules spécialisées, toutes deux composées d’enquêteurs ne traitant que ce type de procédures.

L’adjudant-chef Geoffrey, commandant de la MPPF 91, est aussi référent VIF dans l'Essonne. Il est chargé, entre autres, de former les gendarmes du département à lutter contre cette problématique.

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Si depuis la mi-octobre, les MPF disposent de prérogatives élargies sur le volet judiciaire, elles conservent également le monopole des actions liées à la prévention. Un cocktail qui favorise la prise d’initiatives, en particulier sur le plan du signalement des violences.  

« Il faut 34 secondes pour être relié avec un interlocuteur, qu’il soit policier ou gendarme. »

Ainsi, si les prises de plaintes à l’extérieur tendent à se généraliser, un autre dispositif, pour l’instant local, risque de faire des émules. Lancée par le GGD de Charente-Maritime (17), l’opération LibRA, pour « Libérer la parole – Recueillir la plainte ou le témoignage – Accueillir les victimes », rencontre un franc succès.

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Il s’agit ni plus ni moins d’un simple autocollant, sur lequel se trouve un QR Code. En le scannant, la victime de VIF est directement mise en relation avec la plateforme de luttes contre les violences sexuelles et sexistes, ainsi qu’avec les forces de l’ordre. « Nous l’avons testé », dévoilait au site Actu.fr, le colonel Rémi de Gouvion Saint-Cyr, commandant du GGD 17. « Il faut 34 secondes pour être relié avec un interlocuteur, qu’il soit policier ou gendarme. » L’objectif est d’apposer ces autocollants partout, des bars aux universités jusqu’aux toilettes.

© GGD17

Un dispositif qui séduit, jusqu’aux plus hautes sphères de l’État. Dans un message vidéo toujours rapporté par le site Actu.fr, Marlène Schiappa a évoqué de généraliser l’initiative à tout le territoire. La ministre déléguée auprès du ministre de l’Intérieur, chargée de la citoyenneté a annoncé avoir effectué cette demande auprès du Directeur général de la gendarmerie (DGGN), le général d’armée Christian Rodriguez.