Actualités

Flairer le danger sur les étapes du Tour de France

Auteur : la capitaine Sophie Bernard - publié le
Temps de lecture: ≃3 min.
© GND F. Garcia

Présentes au départ et à l'arrivée de chaque étape, des équipes cynophiles spécialisées en Recherche d'explosifs sur personnes en mouvement (REXPEMO), appuyées par le Peloton d'intervention (P.I.) de la garde républicaine, sécurisent les différents sites du Tour de France. Focus sur cette mission spécifique.

Si gendarmerie nationale est présente sur l'itinéraire de la Grande Boucle pour assurer en particulier la sécurité routière, des forces sont également engagées pour parer aux troubles à l'ordre public et notamment au risque terroriste sur les lieux de départ et d'arrivée, qui engendrent à chaque fois une concentration de foule importante. C'est le cas des militaires du GIGN qui couvrent le Tour, mais aussi des équipes REXPEMO (Recherche d'EXplosifs sur PErsonnes en Mouvement), sollicitées en zone gendarmerie comme en zone police, puisqu'elles sont spécifiques à l'Institution.

Des chiens sous bonne escorte

Quatre équipes cynophiles sont ainsi employées pour repérer le danger, appuyées par dix gendarmes du Peloton d’intervention (P.I.) de la garde républicaine, qui surveillent l'environnement proche et demeurent en contact visuel avec le maître de chien, toujours prêts à intervenir pour éventuellement neutraliser l'individu visé par le marquage de l'animal.

© GND F. Garcia

 

« Le dispositif compte seize personnels au total : un binôme de commandement, chargé de la coordination, et quatorze gendarmes répartis en deux éléments placés au départ et à l'arrivée, pour sécuriser les lieux générant beaucoup de monde. C'est le cas notamment du village, des lignes départ-arrivée, du podium, ou encore des fan parks », explique l'adjudant Bastien, du P.I. de la Garde, qui chapeaute la mission.

Si les gendarmes du peloton suivent tout au long du Tour, les équipes cynophiles sont quant à elles issues de toute la France (Groupes d'investigations cynophile/GIC, Gendarmerie des transports aériens, Commandement du soutien opérationnel, etc.) et alternent entre elles avec des missions allant d'une à deux semaines. « Cela ne pose aucune difficulté. Les maîtres de chien connaissent bien leur mission et ont l'habitude de travailler avec différentes unités en appui, que ce soit les PSIG (Pelotons de Surveillance et d’Intervention de Gendarmerie), les P.I., voire d'autres forces que la gendarmerie nationale », observe l'adjudant.

© GND F. Garcia

Quand les quatre pattes suivent les deux-roues

C'est le cas du GIC de Beynes, présent pour une semaine sur le Tour. « Durant les quatorze semaines de formation à Gramat, on amène le chien à faire de la recherche traditionnelle (NDLR : bâtiments, véhicules, etc.), puis sur les personnes, pour valider la spécialité REXPEMO. Après, tous les chiens ne se prêtent pas à une mission comme le Tour de France. Il faut qu'ils soient audacieux, pour éviter qu'ils n'aient peur face à la concentration de foule et aux bruits générés par les fanfares, les enceintes et les spectateurs », explique le maître de chien Dimitri, venu avec son malinois Nikita, qui a justement son petit caractère.

Une telle mission demande un temps de préparation en amont pour bien observer son animal et ajuster le dressage avant la course. « Ce n'est pas une moto mais un être vivant ! L'effort est beaucoup plus violent que pour nous au niveau sensoriel, avec beaucoup d'odeurs et une forte chaleur, sachant qu'ils travaillent au ras du sol. Ce serait bête de gâcher plus d'un an d'entraînement », fait remarquer Dimitri.

© GND F. Garcia

Les maîtres de chien restent donc attentifs à leur fidèle compagnon et tentent de leur rendre la tâche moins monotone au fur et à mesure que les jours passent. « Il faut le remotiver en donnant une récompense assez rapidement au début, par la parole ou en accélérant le mouvement pour dynamiser l'action, voire parfois en créant des simulacres. »

Ils préservent également leur chien au maximum, avec des séquences de travail n'excédant pas vingt minutes, entrecoupées de pauses d'une heure. La logistique est également réfléchie en conséquence, puisqu'ils circulent avec des Kangoo équipés à l'arrière et dorment dans des hôtels sélectionnés par ASO, où les animaux sont nécessairement acceptés dans les chambres.

Une proximité et une expérience hors du commun qui rapprochent nécessairement les maîtres de leur chien. « On en apprend tous les jours sur leur caractère à l’occasion de missions comme celle-là ! », apprécie Dimitri.

© GND F. Garcia