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Le DIAG agrège les forces de la gendarmerie

Auteur : Antoine Faure - publié le
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© GEND/SIRPA/MARIE-AMELIE SAILLET

Mis en place en janvier 2021, le Dispositif d’intervention augmenté de la gendarmerie (DIAG) peut être déployé rapidement au profit d’une Région zonale, afin de renforcer sa capacité d’intervention dans une situation de crise soudaine et aiguë.

Ce vendredi 26 novembre, il règne un froid polaire et humide. Sur le site Nexter à Satory, dans les Yvelines, à proximité du Groupe d’intervention de la gendarmerie nationale (GIGN), le scénario de l’exercice est le suivant : À la suite d’une vaste opération de police judiciaire menée dans un quartier de reconquête républicaine, ayant permis de démanteler un réseau de trafics de stupéfiants et d’armes à feu, des émeutes éclatent. Les gendarmes mobiles envoyés en renfort ont essuyé des tirs. Face à la gravité de la situation, sur proposition du commandant de Région, le préfet valide l’engagement d’un Dispositif d’intervention augmenté de la gendarmerie (DIAG).

Un socle de base qui peut être renforcé

Il s’agissait ce matin-là d’une démonstration de grande ampleur, en présence d’auditeurs de l'Institut des hautes études de défense nationale (IHEDN), du Centre des Hautes études militaires (CHEM) et de l’École de guerre. Mais ce qui s’y jouait paraissait bien réel et démontre l'efficacité de ce nouveau dispositif, mis en place en début d’année, déjà activé lors des recherches de forcenés, l’été dernier, et actuellement en Guadeloupe et en Martinique pour rétablir l’ordre et protéger la population.

« Le DIAG est une task force mise à disposition d’un commandement de zone pour renforcer les échelons territoriaux afin de faire face à une crise soudaine et aiguë, expose le colonel Laurent, commandant adjoint du Groupement blindé de gendarmerie mobile (GBGM). La gendarmerie a mis en place un dispositif de permanence dans chacune des régions zonales, avec un groupement tactique de gendarmerie, qui va conduire la manœuvre aux côtés du commandement territorial, et un escadron de gendarmerie mobile. Cet ensemble constitue le socle de base du DIAG, qui peut être renforcé par les antennes locales du GIGN, voire par le GIGN, une capacité blindée ou héliportée, ainsi que les moyens spécialisés des cellules nationales : CNAMO (Cellule nationale d'appui à la mobilité), CNOEIL (Cellule nationale d'observation et d'exploitation de l'imagerie légale) et la Force Nationale NRBC. »

Comme le souligne l’officier du GBGM, si le DIAG a été officiellement mis en place en janvier 2021, « la gendarmerie possédait déjà cette capacité d’agrégation, qui était surtout mise en œuvre outre-mer, avec les escadrons de gendarmerie mobile, les antennes GIGN et les SAG locales. Mais il était nécessaire de conceptualiser ce regroupement de nos forces, notamment pour le déployer en métropole. »

© BRI Marie-Amélie Saillet - Thomas Darnault

Interopérabilité et efficacité

La poursuite de l’exercice permet de visualiser l’application sur le terrain de ce DIAG. Les forces mobiles sont toujours au contact de petits groupes d’individus très mobiles et très violents. Un renseignement fourni par la force observation recherche du GIGN avertit qu’un véhicule piégé se dirige à vive allure vers les gendarmes engagés. L’intervention d’un tireur d’élite embarqué, à bord d’un hélicoptère EC 145, permet de neutraliser le conducteur, avant que le passager ne soit interpellé par un chien d'assaut, et que le piège explosif ne soit désamorcé par un dépiégeur.

Un tireur isolé ouvre alors le feu sur les forces de l’ordre. Tandis que les gendarmes mobiles se protègent en utilisant comme protection balistique les Véhicules blindés à roue de la gendarmerie (VBRG), les militaires du GIGN entreprennent rapidement une manœuvre d’interpellation avec trois de leurs propres véhicules blindés, un en appui et deux en débordement. Blessé par un tir de riposte, le forcené est pris en charge par l’antenne médicale spécialisée de Satory.

Le calme revenu, les gendarmes mobiles sécurisent la zone pour permettre les investigations judiciaires. Les experts du PJGN entrent alors en action, en prenant d’abord des photographies de tous les éléments et de toutes les traces, puis en utilisant un drone et un scanner laser pour fixer la scène en 3D. « La scène est le point de départ de l’enquête judiciaire, décrit le chef d’escadron Christophe, chef du département signal image parole (DSIP) de l’Institut de recherches criminelles de la gendarmerie nationale (IRCGN). Il faut la traiter rapidement, avec beaucoup d’attention. Toute scène contient des traces, visibles ou invisibles. Si elles sont invisibles, il faut les révéler, avant de les placer sous scellés en vue de l’analyse en laboratoire. Le véhicule lui-même constitue une scène dans la scène, qui peut être prélevée dans sa globalité pour être traitée dans un lieu protégé. »

L’enjeu et l’intérêt du DIAG résident dans cette interopérabilité des forces de la gendarmerie qui permet à chaque entité de jouer efficacement son rôle au bénéfice des autres.