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Les accidents de la route mortels en hausse en 2021

Auteur : Pablo Agnan - publié le
Temps de lecture: ≃4 min.
© GGD 13

La mortalité routière est repartie à la hausse cette année, contrairement à 2020, où les mesures exceptionnelles de restriction des déplacements et des activités avaient conduit les usagers de la route à limiter drastiquement leur mobilité. Toutefois, comparés aux chiffres de 2019, ceux de 2021 sont en légère baisse, excepté en ce qui concerne les cyclistes.

La journée mondiale du souvenir des victimes des accidents de la route est l’occasion de rappeler que le nombre de personnes décédées sur les routes françaises n’a jamais été aussi bas qu’en 2020. En réalité, la dernière fois que la mortalité routière avait atteint un niveau aussi peu élevé remonte à… 1924 ! À titre d’information, à cette époque, le parc automobile français comptait environ 330 000 automobiles en circulation. Aujourd’hui, ce chiffre est passé à plus de 40 millions.

Il est donc logique que cette augmentation de 725 % s’accompagne d’un accroissement des victimes d’accidents de la route. L’année dernière, 2 780 personnes sont décédées sur les chaussées françaises, soit une baisse de 21 % par rapport à 2019. Une diminution historique donc, à laquelle la pandémie de COVID-19 n’est pas étrangère. En effet, de mars à octobre 2020, les mesures exceptionnelles de restriction des déplacements et des activités avaient conduit les usagers de la route à limiter drastiquement leur mobilité.

Une recrudescence logique du nombre de tués par rapport à 2020

Mais évidemment, depuis la reprise progressive des activités, le nombre d’accidents, de tués, ainsi que de blessés, ne cesse d’augmenter, en tout cas par rapport à 2020. Il convient donc de les nuancer, comme l’expliquait Marie Gauthier-Melleray, Déléguée interministérielle à la sécurité routière (DISR), sur le site vie-publique.fr : « Le caractère exceptionnel de cette baisse est à relativiser en raison du contexte de crise sanitaire ayant entraîné des mesures de restriction de déplacements, qui ont eu des effets massifs sur le trafic routier. » Selon le Centre d’études et d’expertise sur les risques, l’environnement, la mobilité et l’aménagement (CEREMA), le trafic routier aurait diminué de 75 % au mois d’avril 2020.   

Il convient donc de comparer les données de 2021 avec une année analogue. « Les indicateurs de l'accidentalité routière présentent des évolutions très atypiques depuis mars 2020 », écrit, dans son baromètre mensuel, l’Observatoire national interministériel de la sécurité routière (ONISR), avant d’ajouter : « Les comparaisons sont donc réalisées également avec l'année 2019, voire les années antérieures. » 

Avril et octobre constituent les mois où l'écart du nombre de personnes tuées est le plus important entre 2020 et 2021. 

© ONISR

Ainsi, rien que pour le mois d’octobre 2021, 294 personnes sont décédées sur les routes de France métropolitaine et 24 en outre-mer, soit une augmentation de 45 % par rapport à l’année passée et de 14 % si l’on regarde les chiffres de 2019. Il s’agit de la période où l’accroissement de la létalité routière est le plus important par rapport à 2020, excepté pour le mois d’avril, qui a connu une hausse des personnes tuées de 99 %.  

Des chiffres dans la moyenne des cinq dernières années

Deux phénomènes expliquent cette recrudescence : d’abord, pour le CEREMA, les déplacements lors du mois d’octobre ont d’augmenté environ 5 % par rapport à ceux de l’année passée à la même période. « Ainsi, les résultats concernant les accidents, les blessés et les tués reflètent la reprise de la mobilité des Français, avec une accidentalité du même ordre que celle des mois d'octobre avant la pandémie », décrypte l’ONISR.

Ensuite, ajoute l’observatoire, « aucune mesure restreignant la mobilité des Français n'est en place en France métropolitaine. » Pour rappel, l’année dernière, un couvre-feu avait été mis en place progressivement sur le territoire à partir du 17 octobre.

Donc, si ces résultats peuvent paraître alarmants malgré les circonstances, l’OSNIR tend à les relativiser : « La mortalité en octobre 2021 est (…) semblable à celle enregistrée sur les mois d'octobre d'avant pandémie. »

Les victimes cyclistes de plus en plus nombreuses

D’autant que si l’on regarde l’évolution de la mortalité routière, non pas mois par mois, mais cumulée sur les 365 derniers jours, les résultats sont plutôt encourageants. Ainsi, entre octobre 2020 et octobre 2021, l’OSNIR estime que 1 303 automobilistes sont décédés, contre 1 622 pour toute l’année 2019, « soit une baisse de 20 %. » Cette diminution concerne également les cyclomotoristes (moins 28 %), les motocyclistes (moins 8 %) et les conducteurs de poids lourds (moins 3 %).

À noter que cette baisse concerne également les seniors âgés de 65 ans ou plus (moins 16 %), « dont les déplacements ont été réduits pendant les confinements », précise l’OSNIR. Quant aux jeunes adultes de 18-24 ans, l’observatoire constate un recul de 13 % au cours des 12 derniers mois par rapport à 2019 (477 tués contre 549 en 2019), « une tendance qui se poursuit sur la première moitié de l'année 2021, avec les mesures de couvre-feu et la fermeture de certains lieux festifs. »

Seul le taux de mortalité des cyclistes a progressé au cours des douze derniers mois. 224 d’entre eux sont ainsi décédés sur cette période, soit une hausse de 20 % par rapport à 2019. Si une légère baisse a été observée en septembre 2021, la mortalité parmi les cyclistes repart à la hausse avec 27 tués en octobre, contre 8 en 2020 et 16 en 2019. Une augmentation qui s’explique par « un engouement pour l'utilisation de modes de déplacements individuels sur les petits trajets plutôt que les transports en commun en ville, mais aussi le développement des loisirs à vélo en milieu rural », conclut l’ONISR.

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