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Les gendarmes ont fait les 90 heures du Mans

Auteur : Antoine Faure - publié le
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© SIRPA - GND R. CULPIN
Exceptionnellement programmée cette année au mois d’août, lors d’un week-end de retour de vacances, la course automobile des 24 heures du Mans a encore constitué un défi organisationnel de taille, relevé haut la main par les gendarmes du Groupement de gendarmerie départementale (GGD) de la Sarthe, renforcés par des réservistes, un escadron de gendarmerie mobile et, pour la première fois, un poste à cheval.

Depuis 1923, généralement le 24e week-end de l’année, des voitures tournent pendant 24 heures sur un circuit de 13,629 kilomètres, au sud du Mans, dans la Sarthe.

Pour la gendarmerie nationale, les 24 heures automobile du Mans, l’une des courses les plus prestigieuses au monde, représentent un défi annuel nécessitant le déploiement d’un important dispositif. « Un peu plus de 150 gendarmes étaient engagés ce week-end, avec une montée en puissance à partir du dimanche précédent », confirme le lieutenant-colonel (LCL) Romain-Grégoire, adjoint de commandement du Groupement de gendarmerie départementale (GGD) de la Sarthe.

Car si les voitures tournent précisément pendant 24 heures, les gendarmes, eux, étaient en action pendant près de 36 heures ce week-end, de 6 h 30 le samedi matin à la fin de la journée du dimanche, à la fois au P.C. sécurité et pour tenir les différents postes au plus près du circuit. Et l’engagement de la gendarmerie ne se limitait pas aux deux jours de course. L’événement dure en effet une semaine, avec une journée test le dimanche précédent, le 15 août, suivie par les essais libres et les qualifications, du mercredi 18 août au vendredi 20 août, soit plus de 90 heures de service.

Les militaires du GGD de la Sarthe, notamment ceux de la Compagnie de gendarmerie départementale (CGD) du Mans et de l’Escadron départemental de sécurité routière (EDSR) de la Sarthe, étaient renforcés pour cette mission par de nombreux réservistes, leurs camarades de l’Escadron de gendarmerie mobile (EGM) 22/7 de Wissembourg, deux militaires du J6 du Centre national des opérations (CNO), le Poste à cheval (P.C.) du Lion-d’Angers, ainsi que la Section aérienne de gendarmerie (SAG) de Tours. L’EGM 15/3 de Vannes a également été engagé au profit de la Direction départementale de la sécurité publique (DDSP) du Mans.

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14 kilomètres de routes départementales privatisés

Les 24 heures automobile du Mans présentent la particularité de se dérouler pour partie sur un circuit permanent, le circuit Bugatti de l’Automobile Club de l’Ouest (ACO), et pour partie sur des portions de routes départementales privatisées pour l’occasion, sur 14 kilomètres, à la fois en zone police et gendarmerie. « Avec une difficulté particulière cette année, puisque, en raison de la crise sanitaire, cette 89e édition a été reportée au mois d’août, lors d’un week-end de retour de vacances particulièrement chargé sur les axes les plus empruntés, dont la RD 338 fait partie », précise le LCL Romain-Grégoire.

La surveillance du circuit, afin d’éviter notamment toute intrusion, est rendue difficile par la présence, en bordure, de zones boisées et sablonneuses. D’où l’idée de mettre en place, pour la première fois, des patrouilles à cheval avec le P.C. du Lion-d’Angers. « Outre le fait que le cheval permet d’avoir une vue en hauteur, et qu’il est plus silencieux qu’un véhicule motorisé, il peut aisément passer partout, en évitant les branches au sol, explique le lieutenant-colonel. Ils ont aussi été des yeux supplémentaires dans le cadre de la prévention des feux de forêt. Bien que ce ne soit pas notre mission première, il y avait une vigilance particulière sur ce point cette année. L’engagement de gendarmes à cheval était un test, parce que nous ne savions pas comment l’animal allait réagir au bruit. »

Autre nouveauté : l’utilisation de quads, prêtés par le GGD de l’Essonne, plus sécurisants que les motos pour les patrouilles nocturnes. Enfin, trois caméras ont été installées sur les points stratégiques du circuit, dont une au profit de la police.

Opération de prévention sur l’A28

Pour la gendarmerie nationale, cet événement à l’exposition exceptionnelle est aussi l’occasion de mener des opérations en matière de communication, de recrutement et de prévention. Ainsi, du 18 au 22 août, la gendarmerie nationale a tenu un stand commun avec son partenaire, la Fédération internationale de l’automobile (FIA), exposant trois véhicules de son patrimoine mécanique, prêtés par le musée de la gendarmerie et le Centre national de formation à la sécurité routière (CNFSR), pour mieux attirer les visiteurs, les sensibiliser aux risques de la route, et orienter d’éventuels candidats à l’engagement en gendarmerie.

La gendarmerie a également été associée à la campagne de prévention routière de la FIA « #3500lives ». Des gendarmes étaient notamment présents sur le circuit, juste avant le départ officiel de la course, pour tenir la banderole déployée pour promouvoir cette campagne.

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Samedi 21 août, sur l’autoroute A28, s’est également déroulée une opération de prévention, menée par les gendarmes de l’EDSR de la Sarthe. Il s’agissait de proposer aux auteurs de certaines infractions au Code de la route, identifiées par le procureur de la République, une alternative aux poursuites. Une fois interceptés, ils étaient accompagnés jusqu’à un village éphémère, où il leur était proposé de suivre un parcours pédagogique d’une quarantaine de minutes. Libre à eux, bien sûr, de refuser et de préférer reprendre la route en étant verbalisé.

Marlène Schiappa, ministre déléguée auprès du ministre de l’Intérieur, chargée de la citoyenneté, s’est rendue sur cette opération, puis sur le stand commun de la gendarmerie et de la FIA, accompagnée notamment du général d’armée François Giéré, Inspecteur général des armées gendarmerie (IGAG), et de Jean Todt, président de la FIA et envoyé spécial pour la sécurité routière du secrétaire général des Nations Unies.

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