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Marne : la première classe défense gendarmerie vient de voir le jour dans le département

Auteur : la lieutenante Floriane Hours - publié le
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© RGCA
Mardi 16 février, le lycée François Ier de Vitry-le-François, dans la Marne, a officialisé la création en ses murs d’une classe défense et sécurité globale. Ce partenariat, habituellement conclu avec les trois corps armés de la Défense, a été signé, pour la première fois dans le département, avec une unité de gendarmerie, la compagnie de la commune.

C’est une première dans le département de la Marne et un cas assez rare en France. À Vitry-le-François, la gendarmerie de la ville vient d'officialiser avec le lycée François 1er, la création d’une classe de défense et de sécurité globale. Une officialisation et non une création, puisque dans les faits, la classe défense existe à titre expérimental depuis un an et demi. Un essai qui, à cause de la pandémie, n’avait pas pu se concrétiser plus tôt.

« Lier l’Éducation nationale et la Gendarmerie »

À l’origine de cette classe défense et sécurité globale, se trouvent des élèves particulièrement motivés par le sujet et un professeur d’histoire-géographie, par ailleurs officier de réserve opérationnelle en gendarmerie, Franck Marre. « Je suis d’une famille de gendarmes et cela faisait longtemps que je voulais lier deux maisons qui me tenaient à cœur, l’Éducation nationale et la Gendarmerie. […] Il y a deux ans, je suis tombé sur le dispositif des classes défense, que je ne connaissais pas du tout. Je me suis penché sur la question et j’ai proposé le projet au proviseur du lycée, qui a tout de suite accepté. Il y avait aussi une vraie demande des élèves. »

Soutenu par sa hiérarchie, il monte donc un programme et le propose à la compagnie de gendarmerie de la Vitry-le-François. Après quelques ajustements, un planning définitif est adopté par tous (élèves, professeurs, proviseur et gendarmerie) et quelques mois plus tard, la classe défense et sécurité globale du lycée François Ier est lancée.

Plus de 40 élèves inscrits

Au début de l’expérimentation de cette classe défense en juin 2019, ils sont 42 élèves de première à se lancer dans l’aventure. Trois mois plus tard, à la rentrée de septembre 2019, 38 d’entre eux se réinscrivent. Aujourd’hui, la classe défense ne désemplit pas et le professeur d‘histoire géographie compte dans ses rangs, 17 élèves de terminale et 28 de première. Parmi eux se trouvent autant de filles que de garçons de tous niveaux scolaires.

Un programme bien chargé

Avant la signature de la convention actant la création officielle de cette classe défense, les élèves, tous volontaires, ont principalement étudié l’histoire de la gendarmerie et travaillé sur la notion d’engagement, au travers de l’exemple de Thierry Prungnaud, ancien opérationnel du GIGN, gravement blessé durant l’assaut mené en 1994 à Marignane, lors de la prise d’otages sur le vol Paris-Alger.

Avec l’officialisation de la classe défense, ils vont dorénavant pouvoir approfondir leurs connaissances et aller sur le terrain pour visiter des unités, comme la compagnie de Vitry-le-François, l’Escadron de gendarmerie mobile (EGM) 35/7 de Revigny-sur-Ornain, l'École de gendarmerie (E.G.) de Chaumont ou encore le musée de la gendarmerie de Melun.

Après une vue d’ensemble de l’organisation de l’Institution, et particulièrement de la gendarmerie départementale, les lycéens vont également pouvoir découvrir certaines spécialités, de la lutte contre le terrorisme, avec la venue d’un PSIG (Peloton de Surveillance et d’Intervention Gendarmerie) sabre, à la criminalistique, avec l’intervention d’un Technicien en identification criminelle (TIC), en passant par la découverte de l’action de la gendarmerie à l’international, avec la rencontre d’un gendarme de la prévôtale, tout juste rentré d’Opération extérieure (OPEX) au Mali.

La naissance de nombreuses vocations

Un programme bien chargé et des rencontres qui suscitent déjà des vocations. « La moitié des élèves s'interrogent de manière très précise sur la gendarmerie et sur les armées, mais ont encore du mal à définir ce qu'ils veulent vraiment y faire et dans quelle armée ils veulent aller. Ce qui est intéressant, c’est que l’autre moitié vient par pure curiosité, parce qu’ils veulent simplement comprendre le fonctionnement de la gendarmerie. Parmi eux, il y a notamment des jeunes qui souhaitent intégrer Sciences Po' et qui voient là l’occasion de renforcer leurs connaissances de l’organisation de la sécurité en France et de la gendarmerie plus particulièrement », confie Franck Marre.

La participation des lycéens à la classe de défense et de sécurité globale est basée sur le volontariat et ne leur apporte aucun point supplémentaire au baccalauréat. Néanmoins, pour valoriser leur engagement, une attestation de participation leur sera remise. Un plus qui peut être valorisé dans le cadre de Parcoursup et qui apporte une véritable plus-value sur un C.V.

Dans cette aventure, Franck Marre a aussi embarqué d'autres collègues, des professeurs d’histoire-géographie, mais aussi de philosophie. « Les valeurs de la gendarmerie se retrouvent dans plein de domaines », conclut-il.

À noter : Fruits d’un partenariat entre les ministères des Armées et de l’Éducation nationale, les classes défense et sécurité globale ont été créées en 2005. Il s’agit d’un projet pédagogique, interdisciplinaire et pluriannuel, mené à l’initiative d’une équipe enseignante, en partenariat avec une unité militaire marraine, dans le cadre de l’enseignement de défense. Le but de cette classe (qui regroupe souvent des élèves de différents niveaux et de différentes classes) est de faire découvrir aux adolescents le monde des armées et de recréer du lien armée-jeunesse. Aujourd’hui, en France, il existe plus de 300 classes de défense et sécurité globale réparties sur l’ensemble du territoire, impliquant plus de 7 000 élèves et 150 entités des armées.