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Nord : des négociateurs régionaux forment les élus

Auteur : Antoine Faure - publié le
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© Cédric Gout / La Voix du Nord

Sur la base d’un canevas conçu par la cellule Négociation du GIGN, deux négociateurs régionaux ont animé, fin janvier, une session de formation à destination d’élus de la 11e circonscription de Lille. Il s’agit d’une volonté forte de la gendarmerie de leur donner des clés pour gérer les conflits et les incivilités.

Récemment encore, en Gironde, le maire de Bassane, une commune d’une centaine d’habitants, a été frappé au visage par un habitant qui se considérait « abandonné à lui-même pendant les inondations ». Régulièrement, des élus sont ainsi confrontés directement à la colère, et trop souvent à la violence, de certains administrés. Face à ce constat, la gendarmerie nationale a décidé de mettre en place des sessions de formation proposées gratuitement aux élus, sur tout le territoire.

Le support de cette formation, baptisée « Gestion pacifique des incivilités aux élus », a été conçu par la cellule Négociation du Groupe d’intervention de la gendarmerie nationale (GIGN). Les sessions seront animées par deux des 350 négociateurs régionaux.

Vendredi 29 janvier, à la Compagnie de gendarmerie départementale (CGD) de Lille, s’est tenue la première de ces sessions. Elle était animée par l’adjudant Meddi, adjoint au commandant de la Brigade territoriale autonome (BTA) de Lille, et le maréchal des logis-chef Vincent, du Peloton de surveillance et d'intervention de gendarmerie (PSIG) Sabre d'Hallennes-lez-Haubourdin. Dix élus de la 11e circonscription de Lille y assistaient, dans le respect strict des distanciations sociales et des consignes sanitaires.

« Nous avons présenté l’organisation de la négociation au sein de la gendarmerie, et notamment la force du maillage territorial, décrit l’adjudant Meddi, négociateur référent du Nord-Pas-de-Calais. Puis nous leur avons donné quelques clés pour désamorcer des conflits. L’idée est bien de gérer ces crises sans violence, grâce à la voix, à des gestes, des techniques d’écoute active. Nous soulignons l’importance de l’empathie, qui est la base de toute négociation, et de la synchronisation, c’est-à-dire d’être le reflet de son interlocuteur. »

La session a duré un peu moins de quatre heures, avec une partie théorique et une partie plus pratique, à partir notamment de cas concrets rapportés par les élus. « C’était très interactif, note Meddi. Tous les élus ont déjà vécu ce genre de situations très tendues. »

« Cette formation répond vraiment à un besoin »

C’est notamment le cas d’Yvon Petronin, maire de Warneton, commune de 239 habitants limitrophe avec la Belgique. « Il n’y a pas très longtemps, raconte-t-il, je me suis retrouvé à devoir gérer un conflit ouvert avec des habitants qui voulaient bloquer des travaux d’aménagement. Je me suis rendu compte que je n’étais pas préparé. Cette formation répond vraiment à un besoin. Et les gendarmes nous rappellent aussi des règles de bon sens, auxquelles on ne pense pas forcément, comme le fait d’éviter de régler un conflit seul dans son bureau, où sont accessibles des objets potentiellement dangereux, comme une paire de ciseaux ou un coupe-papier. Je n’en avais pas conscience et cette formation m’a ouvert les yeux sur les risques. C’était très positif et je tiens à dire que nous avons reçu un excellent accueil. Mais ça se passe toujours bien avec les gendarmes ! »

D’autres formations de ce type se sont déjà déroulées ailleurs en France, comme à Nantes le 10 février, ou vont avoir lieu dans les prochaines semaines, et ce, dans toutes les régions. Le dispositif va ainsi progressivement monter en puissance.