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RapidHitTM, une nouvelle capacité d’analyse ADN au-delà du territoire métropolitain

Auteur : Sirpa, Gendarmerie nationale - publié le
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L’instrument RapidHitTM ID de l’IRCGN connecté à son poste de pilotage informatique.
© IRCGN

La technique d’analyse ADN tout en un, développée par l’Institut de recherche criminelle de la gendarmerie nationale, en collaboration avec ses partenaires, a obtenu cet été l’agrément du ministère de la Justice et du Comité français d’accréditation. La Nouvelle-Calédonie est le premier territoire à bénéficier de ce dispositif, permettant d’obtenir un résultat en 90 minutes. Cette nouvelle façon de procéder, de manière décentralisée, est une première mondiale !

L’Institut de recherche criminelle de la gendarmerie nationale (IRCGN) vient de valider une technique d’analyse ADN tout en un, qui permet d’obtenir un résultat en 90 minutes. Cette technologie, nommée RapidHitTM ID System, a été adaptée par les experts généticiens de l’IRCGN, en étroite collaboration avec l’équipe support française de la société ThermoFisher, pour permettre de réaliser une analyse ADN en temps réel dans les départements d’outre-mer et insulaires, dépourvus d’un laboratoire local en mesure de le faire et répondre ainsi aux besoins en tous points du territoire.

À l’issue de deux ans de travail pour valider cette nouvelle technologie, l’IRCGN a obtenu l’agrément du ministère de la Justice et du Comité français d’accréditation (accréditation COFRAC n°8-2527, portée disponible sur www.cofrac.fr)* pour l’utiliser dans le cadre de procédures judiciaires pénales dans le respect des exigences de la norme internationale ISO17025 qui s’appliquent aux laboratoires.

La France est ainsi aujourd’hui le seul pays au monde à avoir accrédité cette technologie pour une utilisation décentralisée de son lieu d’implantation, positionnant la gendarmerie nationale comme un modèle précurseur en la matière.

Une analyse en 90 minutes

Le principe est simple : la machine, installée au sein des locaux d’une Cellule d’identification criminelle (CIC) de la gendarmerie, est mise en œuvre par les techniciens de cette même unité (TIC), sous la direction et la responsabilité d’un expert généticien de l’IRCGN, qui contrôle à distance la machine depuis le laboratoire de Pontoise, dans le Val-d’Oise.

Une fois l’analyse réalisée de manière automatique par la machine en 90 minutes, le résultat est téléchargé par une connexion sécurisée, analysé par l’expert de l’IRCGN et transmis au Fichier national automatisé des empreintes génétiques (FNAEG) pour identifier l’individu à l’origine de la trace ADN prélevée sur la scène de crime.

Avec cette approche novatrice, la gendarmerie nationale affirme ainsi sa volonté de répondre présent sur l’ensemble du territoire français, en offrant la même qualité de service en matière d’analyses ADN en tous temps et tous lieux.

Test opérationnel en Nouvelle-Calédonie

En octobre dernier, l’IRCGN a ainsi projeté sa première machine RapidHitTM ID en Nouvelle-Calédonie, de manière à pouvoir y réaliser des analyses ADN en temps réel. À cet effet, la chef d’escadron Pascaline T., expert en empreintes génétiques près la cour d’appel de Versailles, a procédé un mois durant, dans un contexte sanitaire contraint lié à la pandémie de COVID 19, à l’installation de la machine dans les locaux de la CIC de Nouméa et à la formation des TIC à l'utilisation de cette machine.

Et la machine n’a pas tardé à entrer en action. Le 1er novembre dernier, l’IRCGN a été sollicité par la CIC de Nouméa pour procéder en urgence à l’analyse de trois traces ADN relevées dans un périple de cambriolages. La technologie RapidHitTM ID a ainsi pu être mise en œuvre pour la première fois dans le cadre d’une procédure judiciaire et a permis d’obtenir sans délai, par le correspond gendarmerie, un profil ADN masculin enregistré au FNAEG.

Ce profil ADN a immédiatement été rapproché avec celui d’un individu originaire de Nouméa, offrant aux enquêteurs locaux une piste d’investigation des plus intéressantes pour identifier l’individu à l’origine des cambriolages, et ce seulement quelques heures après la commission des faits.

Cette nouvelle potentialité démontre ainsi toute son efficacité dès sa première utilisation. Elle s’inscrit dans une démarche de modernité, de simplification des processus et d’efficacité au service des autorités judiciaires.

Les contraintes logistiques liées à l’acheminement des prélèvements ADN à analyser en métropole et les délais de réponse font désormais partie du passé. Offrant une réponse scientifique immédiate sans frontière, compatible avec le temps de la garde à vue et celui de la flagrance, cette analyse ADN 2.0 se pose en une vraie révolution !