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Savoie : sauvetage d’un randonneur pris dans une avalanche

Auteur : Antoine Faure - publié le
Temps de lecture: ≃3 min.
© PGHM de Bourg-Saint-Maurice

Grâce à une forte mobilisation des pisteurs-secouristes de Val-d’Isère en primo-intervenants, des militaires du PGHM de Bourg-Saint-Maurice et du groupe montagne de la compagnie de gendarmerie départementale (CGD) d’Albertville, des sapeurs-pompiers, ainsi que des guides et moniteurs de la station de Val-d’Isère, un homme a pu être sauvé après avoir passé 2 heures et 40 minutes enseveli sous une avalanche.

On estime généralement à un quart d’heure le temps de survie dans une avalanche. Passé ce délai, chaque minute amenuise considérablement les chances. Jeudi 28 janvier, un homme prisonnier de la neige a survécu pendant 2 heures et 40 minutes avant d’être délivré par les sauveteurs. Dans ces conditions, le terme de miracle semble justifié.

Il était 13 h 30 lorsque le groupement de gendarmerie départementale de Savoie est alerté de la disparition d’un homme. Une famille de quatre personnes, les deux parents et leurs deux enfants adultes, a été prise dans une avalanche, alors qu’elle randonnait en raquettes sur un sentier débonnaire, mais néanmoins exposé à de fortes pentes, à proximité de la station de Val-d’Isère. Seul le père demeure introuvable.

Le Peloton de gendarmerie de haute montagne (PGHM) de Bourg-Saint-Maurice est immédiatement engagé. « Les conditions météo étaient trop mauvaises pour prendre l’hélicoptère, raconte le lieutenant Alexandre, commandant en second du PGHM. Nous avons sollicité le service des pistes de Val-d’Isère afin qu’ils se rendent sur zone rapidement. »

Le Wolfhound entre en action

Sur place, une équipe d’une quarantaine de secouristes commence les recherches, sous le commandement conjoint du directeur du service des pistes de la station et du chef de caravane du PGHM. Tous les moyens sont mobilisés, dont cinq équipes cynophiles. Les sauveteurs percent le manteau neigeux à l’aide de sondes d’avalanche.

Le détecteur de victime d’avalanche, qui permet de capter les émissions d’un autre détecteur, ne donne aucun résultat, car les randonneurs amateurs n’en étaient pas équipés. Le système RECCO, qui fonctionne, lui, avec des pastilles intégrées aux vêtements et aux chaussures réflectant des ondes envoyées par un émetteur, ne permet pas non plus de localiser le disparu.

C’est le système Wolfhound qui va changer la donne. Utilisé par le PGHM depuis quelques années, il permet de localiser les ondes des téléphones portables allumés. « Une fois que nous nous sommes assurés que tous les autres téléphones à proximité étaient éteints, nous avons pu suivre un signal sur le potentiomètre, afin de délimiter une zone de plus en plus précise, où nous avons pu localiser l’homme au moyen de la sonde », explique Alexandre.

Les secouristes s’emploient alors à le dégager avec leurs pelles à neige. « Il était en position verticale, avec un mètre de neige au-dessus de lui, poursuit le lieutenant. Il a eu beaucoup de chance. Au moment de l’avalanche, il a eu la présence d’esprit de s’abriter derrière un arbre en amont, ce qui lui a permis de ne pas être emporté et donc de ne subir aucun traumatisme. Grâce aux branches, la neige au-dessus de lui n’était pas trop tassée, et donc suffisamment perméable pour pouvoir respirer et ne pas s’auto-asphyxier. Enfin, il était suffisamment couvert pour ne pas mourir d’hypothermie. La température de son corps avait chuté à 32°c, mais il était conscient et lucide. »

Hautes-Pyrénées : un homme décédé à Luz-Ardiden

Les conditions climatiques actuelles, avec d’importantes chutes de neige en altitude et une forte humidité en basse montagne, augmentent considérablement les risques d’avalanche, y compris à proximité des stations. « Nous sommes actuellement à 5 sur une échelle de 5, confirme Alexandre. C’est assez rare. Le manteau neigeux est très instable. Nous déconseillons fortement de randonner, que ce soit en ski ou en raquettes. »

L’issue de ces accidents est rarement aussi heureuse. Quinze personnes ont déjà perdu la vie dans des avalanches depuis le début de la saison, un chiffre qui n’a rien d’exceptionnel. Mardi, c’est un sexagénaire qui a été enseveli au cours d’une randonnée sur le domaine de Luz-Ardiden, dans les Hautes-Pyrénées. Il avait été retrouvé, au bout de vingt minutes de recherches, par les autres membres du groupe, en arrêt cardio-respiratoire. Arrivés sur zone, les gendarmes du PGHM de Pierrefitte-Nestalas ont tenté de le réanimer, en vain.