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Tour de France : coordination des forces pour sécuriser l'épreuve du Mont Ventoux

Auteur : capitaine Sophie Bernard - publié le
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© SIRPA - Gend. F.Garcia

Ce mercredi 7 juillet, les cyclistes ont été confrontés à une épreuve mythique de la Grande Boucle : le Mont Ventoux, qui culmine à plus de 1 900 mètres d'altitude. Pour cette 11e étape si particulière, le centre de coordination réunissant l'ensemble des forces de sécurité intérieure s'est mis en ordre de bataille.

Emprunté seulement 16 fois dans l'histoire du Tour et absent des itinéraires depuis cinq ans, le col du Ventoux fait un retour remarqué dans la programmation de cette année, les cyclistes devant le gravir deux fois pour l'occasion. Si cela engendre l'euphorie des spectateurs, les chuchotements et la concentration sont de mises au centre de coordination.

Réunion au sommet

Les représentants d'A.S.O. (Amaury Sport Organisation) et des différentes forces du ministère de l'Intérieur (gendarmerie et police nationales, pompiers) sont réunis dans ce bus aménagé en salle opérationnelle pour se coordonner en cas de problème sanitaire (malaise, blessé dans un accident, etc.) ou d'ordre public (ivresse publique manifeste, survol de drone non autorisé, etc.).

© CNE S. Bernard

Afin qu'ils puissent bénéficier d'une remontée d'informations en temps réel, le centre est équipé d'un écran géant, retransmettant les images des caméras à disposition sur le tour, d'un retour radio et d'une cartographie indiquant l'ensemble des véhicules géolocalisés.

Guettant ces différentes données, le major Philippe S. gère en permanence les aléas. Fort de ses 24 ans d'expérience sur la Grande Boucle, il en connaît bien le fonctionnement et la signalétique spécifiques. Sur chaque étape, il est accompagné d'un ou plusieurs acteurs locaux (ici l'officier adjoint communication du groupement du Vaucluse), qui ont, pour leur part, une connaissance précise de leur territoire.

« À l'instant, nous avons dû gérer une évacuation sanitaire vitale, nécessitant d'emprunter l'itinéraire de course à contresens, juste entre le passage de la caravane et celui des coureurs, explique le major. À la suite de l'accident d'un coureur, nous avons aussi dû faire appel aux motocyclistes de l'EDSR (Escadron Départemental de Sécurité Routière) pour escorter l'évacuation, puis trouver un moyen pour que l'ambulance puisse réintégrer l'itinéraire de course en cas de nouveau problème. »

Un défi de taille

Si le Mont Ventoux représente un vrai défi pour les cyclistes, il en est de même pour les forces de sécurité ! « Cette épreuve est concentrée sur un département, exclusivement en zone gendarmerie. Elle représente plusieurs difficultés pour nous, puisqu'elle est en forme de boucle et qu'il n'y a donc pas de point de cisaillement permettant une évacuation. Nous avons aussi de la chance avec la météo, car en cas de conditions climatiques défavorables, la course aurait été plus dangereuse, les hélicoptères seraient inopérants et nous aurions des soucis de transmission radio. »

Pour parer à toutes ces problématiques, le groupement du Vaucluse a engagé 850 gendarmes sur cette étape, dont 540 pour le jalonnement, soit plus que son effectif total de 720 personnels. Pour cela, il a fait appel au renfort notamment des escadrons de gendarmerie mobile de Satory et de Grasse, à 110 réservistes du département et 200 des groupements voisins, à une compagnie d'élèves gendarmes de Montluçon, mais aussi au détachement aérien de Montpellier. « C'est une préparation de longue haleine pour cette épreuve, que ce soit pour la manœuvre communication (NDLR : 400 postes radio en simultané et 21 bulles tactiques créées), mais aussi pour contrôler le col trois jours avant, en sanctuarisant, par exemple, les parkings pour les camping-caristes », explique l'Officier adjoint de commandement (OAC) du groupement, le lieutenant-colonel Michaël Krok.

Une étape qui se prépare tôt en amont et se termine encore après le départ des spectateurs. « Pour nous, l'action continue bien après la course. Nous devons encore faire évacuer les coureurs par l'EDSR vers l'autoroute A7, en direction de leur lieu d'hébergement », souligne le major. L'une des plus grosses étapes du Tour touche à sa fin et le travail de l'ombre effectué au centre de coordination a permis que la course se déroule sans accroc.