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Trois militaires des forces aériennes de la gendarmerie s’envolent à la rencontre de leurs homologues équatoriens

Auteur : la capitaine Sophie Bernard - publié le
Temps de lecture: ≃4 min.
© FAGN

Dans le cadre de la coopération avec l’Équateur, deux moniteurs pilotes et un instructeur mécanicien de bord des Forces aériennes de la gendarmerie nationale (FAGN) ont traversé l’Atlantique, entre le 16 et le 29 octobre derniers, pour accompagner leurs camarades de l'escadron Cobra Ala de combate 22 dans la réception et la prise en main de plusieurs appareils Airbus H-145 D2.

Rattaché aux Forces aériennes équatoriennes (FAE), l’escadron de combat 22 opère depuis la base Aérea Simón Bólivar, près de l'aéroport international de Guayaquil. Après avoir piloté des Dhruv et quelques avions légers, c’est aux commandes de H145 d’Airbus que les militaires équatoriens vont assurer désormais leurs différentes missions : la sécurité des frontières, la lutte contre les trafics de stupéfiants, mais aussi des opérations de sauvetage en haute montagne, en se servant notamment des différents équipements associés à ces nouveaux aéronefs. Civières pour transporter des blessés, treuil, phare de recherche, caméras électro-optiques et oxygène pour l’équipage, autant d’optionnels dont la mise en œuvre nécessite une bonne maîtrise de l’appareil.

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Aussi, durant deux semaines, les gendarmes français ont eu de riches échanges avec les pilotes et les mécaniciens des FAE. À travers 32 vols d'instruction dans ce calendrier serré, ils ont tenté de leur transmettre un maximum de leur savoir-faire. « Nos hôtes nous attendaient comme des instructeurs, des sachants. Cela a demandé beaucoup de travail en amont et sur place : traduction de documents, de procédures, travail sur les manuels de vol et d’instruction de l’appareil, etc. Nous travaillions le soir notre vocabulaire en anglais pour être de meilleurs pédagogues en vol. Ce n’est pas à 4 000 mètres et au-delà qu’il doit y avoir des ambiguïtés dans la machine », explique le chef d’escadron Matthieu, moniteur pilote du groupement instruction.

Cette formation constituait un véritable challenge car, malgré leur grande expérience dans la spécialité, c’est la première fois que les trois gendarmes exploitaient le potentiel de l’hélicoptère Airbus H-145 D2 à des altitudes aussi élevées. « Tout est plus grand que chez nous. C’est une autre échelle. Le vol en très haute montagne nous oblige à une précision qui est là un défi non négligeable quand on découvre un nouvel appareil », reconnaît le chef d’escadron.

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Passés les premiers vols, les trois instructeurs ont pu faire la démonstration des réelles performances de l’aéronef à leurs camarades. Ainsi, le 22 octobre, à proximité du sommet du volcan Cotopaxi, situé au sud de Quito, le capitaine Lionel, moniteur pilote du détachement aérien de Pamiers, s’est posé à 5 750 mètres, tandis que, quelques jours plus tard, le chef d'escadron Matthieu a renouvelé l’exploit à 5 500 mètres. Un record d'altitude pour les militaires des forces aériennes de la gendarmerie nationale, qui ont pu découvrir de plus près la « Petite Suisse de l'Amérique latine » et notamment les neiges éternelles de la cordillère des Andes. « Après une étude minutieuse de l’environnement et des éléments extérieurs, nous sommes parvenus à nous poser en appui-patin au quasi sommet du volcan. Au-delà de la performance, je retiens un moment de partage inoubliable avec les membres d’équipage équatoriens », relate le capitaine Lionel.

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Pour réaliser ces opérations tout en sécurité, les deux pilotes étaient épaulés par le capitaine Laurent, instructeur mécanicien de bord de la section aérienne de Chamonix. Celui-ci a également réalisé sur place la formation au treuillage de quatre mécaniciens de bord montagne équatoriens. « Ils mitraillaient avec leurs téléphones les exercices de treuillage ou les moments au pied des machines, l’engouement était palpable. Plus j’avançais dans la progression, plus ils attendaient de moi des exercices d’un niveau supérieur et un choix des zones de travail », décrit-il. Des zones et des paysages qui l’impressionnent également. « Je veux pour preuve la grandeur de ce cirque où j’ai choisi de les emmener. Je le voyais si petit en reconnaissance. Les 84 mètres de câble au treuil m’ont fait prendre conscience que tout était démesuré dans le secteur. »

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De retour en France, ces trois professionnels passionnés se disent chanceux d’avoir vécu une si belle expérience. « Ces différents moments ont soudé nos relations avec les Équatoriens. Leurs témoignages à la fin du stage étaient élogieux. Ils nous ont fait comprendre avec insistance qu’ils nous attendaient en 2022 et que nous étions des amis », apprécie le chef d’escadron Matthieu. Le rendez-vous est donc déjà pris pour un nouvel échange au sommet l’année prochaine ! D'ici là, l'action de coopération se poursuit avec le départ, dans quelques jours, de trois autres spécialistes des FAGN en Équateur, qui effectueront trois semaines de vols de nuit et d'opérations d'appui sol par aérocordage.

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