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TSUR : un dispositif expérimental de lutte contre la délinquance en Haute-Marne

Auteur : Pablo Agnan - publié le
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© Matignon/A.LEBON

Le Premier ministre, Jean Castex, s’est rendu en Haute-Marne lundi 26 juillet, accompagné de Gérald Darmanin, ministre de l’Intérieur, et Bérangère Abba, secrétaire d’État auprès de la ministre de la Transition écologique chargée de la Biodiversité. L’objectif de cette visite ? Signer la charte d’un dispositif innovant de lutte contre la délinquance, le « Territoire de sécurité urbain et rural » (TSUR).     

Le Premier ministre, Jean Castex, a effectué, lundi 26 juillet, une visite en Haute-Marne, en compagnie de Gérald Darmanin, ministre de l’Intérieur, et Bérangère Abba, secrétaire d’État auprès de la ministre de la Transition écologique chargée de la Biodiversité.

Accompagnés également par le directeur général de la gendarmerie, le général d’armée Christian Rodriguez, cette visite avait pour but de présenter aux ministres, ainsi qu’au chef du gouvernement, un dispositif expérimental de lutte contre la délinquance, adapté aux problématiques de ce territoire du nord-est de la France. Baptisée « Territoire de sécurité urbain et rural » (TSUR), cette structure vise à traiter en plus grande cohérence la délinquance, en dépassant les frontières administratives et judiciaires, grâce à une approche territorialisée, globale et partenariale avec les élus.

Une augmentation de la délinquance qui inquiète la population

Avant d’expliquer en détail l’articulation de ce dispositif innovant, il faut revenir sur le pourquoi. Les communes de Perthes (52) et Sapignicourt (51), situées à une dizaine de kilomètres de Saint-Dizier, bordent de part en part la RN4. Selon Quentin Brière, Président de la communauté de communes de Saint-Dizier, Der et Blaise, cette zone connaît des « infractions en tous genres. »

« (…) Nous sommes ici au cœur d’un véritable carrefour (…), doté d’importants axes de circulation. C’est évidemment un atout pour le territoire. C’est aussi et malheureusement, un vecteur de délinquance », résumait Jean Castex.   

Les chiffres lui donnent raison ; en 2020, la gendarmerie a enregistré 34 vols de fret, à la roulotte et de carburant dans ce secteur. En tout, ce territoire d’environ 1 000 habitants, à cheval sur deux départements, a subi 122 faits de délinquance l’année passée. Pour la Direction des opérations (DO) de la région de gendarmerie de Champagne-Ardenne, les communes de Perthes et Sapignicourt constituent « l’épicentre des vols de fret sur les départements de la Marne principalement, de la Haute-Marne et de la Meuse, avec des répercussions sur la RN4, l’A26 et la RN67. »

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Dans sa note, la DO juge cette « délinquance stable » par rapport à 2019, mais elle écrit également « qu’elle demeure à un niveau élevé pour des communes de cette taille. » Si élevé d’ailleurs que l’exaspération de la population locale grandit.

Création d’un PSIG dédié au TSUR

Si des initiatives ont déjà été mises sur pied par la gendarmerie pour inverser cette tendance, (Dispositif de consultation et d’amélioration du service (DCAS), optimisation de l’empreinte au sol et contrat de sécurité intégré), le lancement de ce TSUR vise à apporter une réponse cohérente face à une délinquance pour qui les frontières judiciaires et administratives n’existent pas. Cette zone regroupera 87 communes (dont les trois principales seraient alors Vitry-le-François, Saint-Dizier et Bar-le-Duc), 180 000 habitants répartis sur trois départements et relevant de la compétence de trois procureurs différents.

L’idée est donc de tendre à une action des forces de l’ordre plus centralisée ; la DO envisage, à titre d’exemple, « la veille dans un lieu unique de tous les moyens de vidéoprotection. » Même constat pour le volet judiciaire, où il est plébiscité, à fin de rapidité et d’efficience, « la mise en œuvre d’une justice de proximité dédiée à cette problématique par l’affectation d’un magistrat ad hoc ».

© Matignon/A.LEBON

« Nous allons créer (…) un Peloton de surveillance et d’intervention de la gendarmerie (PSIG) de 12 militaires pour compléter l’action de l’actuel PSIG de Joinville », a annoncé le Premier ministre Jean Castex dans son discours. « Dédié à la RN4, proche de sa zone d’action, le futur PSIG interdépartemental de Saint-Dizier permettra de renforcer les opérations de contrôles coordonnées sur la nationale et ses abords », a t’il ajouté.     

Enfin, afin d’obtenir une meilleure coordination entre les forces de l’ordre, le pouvoir judiciaire, l’autorité publique et les élus locaux, le pilotage de cette structure serait tournant par département (51, 52 et 55), autour de trinômes constitués par le Préfet, le Parquet et les élus locaux.
L’expérimentation de ce TSUR serait initiée pour une durée de trois ans.