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Union européenne : un nouveau fonds de sécurité intérieure pour lutter contre la criminalité organisée envers les biens

Auteur : la lieutenante Floriane Hours - publié le
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© OCLDI
Mercredi 24 mars 2021, s’est déroulé en visioconférence, le séminaire de lancement du fonds de sécurité intérieure SWORD. Dirigé par l’OCLDI et mis en place pour une durée de deux ans, ce fonds de sécurité d’un montant d’un million d’euros va permettre le renforcement de la lutte contre la criminalité organisée envers les biens. Un outil majeur de coopération européenne pour le démantèlement des menaces criminelles communes.

Signé en novembre 2020 par l'Union européenne, le fonds de sécurité intérieure, très attendu, a été officiellement lancé. Ce mercredi 24 mars, dans les locaux de la direction générale de la gendarmerie nationale et en visioconférence, plus d’une cinquantaine de personnes représentant 30 pays dont 21 de l'Union européenne, ainsi que 3 organisations (FRONTEX, EUCPN et PCC SEE) se sont ainsi retrouvées pour un séminaire actant ce projet. La Commission européenne (DG HOME) et EUROPOL étaient également représentées.

Un projet initié par la gendarmerie nationale

Initié par la gendarmerie nationale via la cellule des projets européens de l’OCLDI (l’office de lutte contre la délinquance itinérante) et soutenu par l’Allemagne via l’office fédéral de police criminelle allemande (BKA), ce fonds de sécurité intérieure a pour objectif de réunir et d'améliorer les compétences de chacun des 30 pays concernés pour lutter ensemble et au mieux contre la criminalité organisée envers les biens. Sous l’autorité et grâce au financement de l’Union européenne, ce projet, appelé FSI SWORD, va permettre le déblocage de fonds conséquents ( un million d’euros ) qui serviront pour la formation, la réalisation de réunions opérationnelles ou de groupes de travail et l’achat de matériels qui seront mis à disposition de l’ensemble des 30 pays. Les formations et les réunions opérationnelles porteront sur le partage concret de compétences européennes larges et utiles à tous, comme les moyens techniques, les méthodes d’interception, de surveillance, etc. Les groupes de travail porteront, eux, sur des thématiques plus précises mais aussi sur un territoire et une sorte de criminalité bien spécifiques.

« Nous devons travailler ensemble pour être efficace »

Pour débuter ce séminaire de lancement de projet, le général de corps d’armée Hubert Bonneau, directeur des opérations et de l’emploi s’est exprimé. Dans un discours en anglais, il a tenu à souligner l’importance d’un tel projet européen pour lutter contre la criminalité liée aux atteintes aux biens : « Nous devons travailler ensemble pour être efficaces face aux groupes criminels organisés itinérants qui développent en permanence de nouveaux modes opératoires et se professionnalisent de plus en plus. Policiers, gendarmes, responsables européens, nous partageons tous la même vision sur les dommages causés par ces groupes criminels et la nécessité de démanteler l'ensemble des réseaux criminels, du voleur, en passant par le receleur et jusqu'à leurs chefs. Nous devons également mieux nous organiser afin d’augmenter la saisie d’avoirs criminels. » (Traduit du discours en anglais, NDLR).

Durant le séminaire, de nombreux échanges ont ensuite eu lieu concernant le comité opérationnel, la présentation du projet et des activités ciblées par ce dernier (groupes criminels russophones, trafics de véhicules,...) et l’utilisation des compétences proposées par le FSI SWORD. Le général de corps d’armée Jean-Philippe Lecouffe, adjoint au major général de la gendarmerie nationale, a ensuite clôturé le séminaire. Parmi les 30 pays présents lors de l'événement, 9 d’entre eux sont des pays situés hors U.E., comme les USA, l’Albanie ou la Suisse. La présence de ces territoires s’explique par la nécessité d'un travail conjoint sur de nombreux dossiers qui amènent régulièrement les polices des différents pays à travailler ensemble

Des objectifs ambitieux

Sur les deux années d’action du projet SWORD, qui se traduit par « Lutte contre la criminalité généralisée contre les biens organisés à la racine et dans toutes ses dimensions », l’objectif opérationnel est ambitieux. Au total, la gendarmerie (OCLDI), à la tête du projet européen, a prévu le démantèlement de 100 groupes mobiles de criminalité organisée liée aux atteintes aux biens, la saisie de 5 millions d’avoirs criminels, la restitution d’objets volés aux victimes d’une valeur d’au moins 5 autres millions. En plus de l’opérationnel, certains objectifs sont plus spécifiques, avec le renfort des investigations coordonnées, le développement des techniques spéciales d’enquête, le ciblage de groupes de phénomènes clefs dans la propagation de la criminalité et la révélation d’aspects polycriminels. Pour la première fois dans ce type de projet, les intérêts des victimes ont été mis en avant dans la liste des objectifs à remplir. Une volonté défendue par le général Lecouffe, comme un écho à l’ADN de la gendarmerie et au fameux “répondre présent”.

Afin de donner une dimension beaucoup plus importante à ce projet SWORD, l’OCLDI, qui en a la charge, a décidé de le rattacher à l'EMPACT OPC (European Multidisciplinary Platform Against Criminal Threats - Organized Property Crime), la plateforme d’EUROPOL qui traite elle aussi des atteintes aux biens. Un appui de plus dans la lutte contre ce fléau international.