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Comment lutter efficacement contre les cambriolages ? Un référent sûreté vous répond !

Auteur : le chef d'escadron Sophie Bernard - publié le
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© GENDARMERIE/SIRPA/F.GARCIA

Ce 15 juin 2022, l'EUCPN (European Crime Prevention Network) organise la quatrième édition de la journée européenne de lutte contre les cambriolages. L’occasion pour l’adjudant chef Philippe d’expliquer en quoi consiste sa fonction de référent sûreté au sein de la Cellule de prévention technique de la malveillance (CPTM) du groupement de gendarmerie de Moselle et de vous donner quelques conseils pour partir en vacances l’esprit tranquille.

 

Une formation d’excellence

Entré en gendarmerie il y a 35 ans, Philippe a eu le temps d’étudier toutes les ficelles des délinquants en matière de cambriolage puisqu’il a exercé dans cinq brigades différentes et a été confronté à de nombreux phénomènes d’atteintes aux biens dans des zones prioritaires. En 2015, alors qu’il est affecté au sein de la compagnie de Thionville, il assiste à une formation de trois jours pour devenir correspondant sûreté et se passionne pour la matière. « Cela m’a plu car elle allie deux domaines que j’apprécie : la prévention et la technique (caméras, alarmes, etc). Avec mon expérience en unité, j’avais une culture de la délinquance et je souhaitais apporter mon aide aux administrés et aux chefs d’entreprises », explique-t-il.

Souhaitant encore approfondir ces connaissances, il répond, peu de temps après, à un appel à volontaires pour devenir référent sûreté. Il part en stage cinq semaines à Cannes Écluse avant d’être affecté en tant que tel au groupement de Moselle en 2017. « La formation est particulièrement dense et intense avec des objectifs pédagogiques à valider chaque semaine pour pouvoir revenir à la suivante », décrit le gradé qui, depuis, a revêtu la casquette de formateur, « Elle est assurée par des personnels de la police et de la gendarmerie nationales, ainsi que de la préfecture de police de Paris. Une centaine de référents sûretés sont formés chaque année et, parmi eux, des candidats issus du Ministère de la Justice ou même de la RATP. Les référents sûretés peuvent ensuite demander une certification afin que leur diplôme soit reconnu dans le monde de l’entreprise. »

Un large éventail de missions

Si, comme leur nom l’indique, ils font lieu de référence, les référents sûreté assurent une palette de missions qui demeure en réalité bien souvent méconnue. « Nous sensibilisons les particuliers et les professionnels en matière de prévention situationnelle, nous réalisons des études de sûreté plus ou moins longues (consultations, évaluations, diagnostics, audits) selon le site ciblé, nous animons et formons le réseau départemental de correspondants sûreté qui déclinent ces mêmes actions en local, nous sommes entendus par la commission départementale s’agissant de la vidéoprotection afin de favoriser son appréciation sur les dispositifs qui lui sont soumis, nous émettons des avis concernant les demandes de subventions dans ce domaine ou concernant la sécurisation des transports de fonds, nous cherchons à développer des partenariats dans le cadre de la prévention de la délinquance, etc », énumère Philippe de manière non exhaustive.

© D.R.

La richesse de cette fonction, tant dans ses actions que dans le réseau d’interlocuteurs qu’elle suppose, l’a ainsi conduit à effectuer des missions aussi intéressantes qu’étonnantes. « J’ai déjà été sollicité pour réaliser l’étude de sûreté d’une entreprise industrielle qui s’avère être la seule au monde à fabriquer des citernes de gaz liquéfié. J’ai également été amené à opérer une évaluation s’agissant des lieux de stockage des vaccins contre le Covid ou encore à rendre un audit concernant la sûreté d’un site Center Parcs. »

Des conseils simples

« Nos recommandations ne sont pas obligatoires, elles restent de simples conseils », insiste l’adjudant-chef. Néanmoins, son expérience lui a permis d’observer certains écueils en matière de cambriolages. « Les particuliers et les commerçants s’équipent de plus en plus en matériel de sécurité, d’autant que les assurances les y incitent. Pour ma part, je conseille des systèmes simples et peu onéreux comme un éclairage en façade avec détection de mouvement ou des fenêtres protégées par du barreaudage quand il n’y a pas de volet. Mais en réalité, même si la technique évolue, ce sont l’humain et l’organisationnel qui continuent de pêcher», déplore le référent sûreté qui bien souvent est appelé trop tard. Pourtant, comme il se plaît à le souligner, il y a des principes de base qui peuvent être appliqués par tous : « Ne pas ranger ses objets de valeur dans les lieux habituels et en établir une liste avec des photos à l’appui pour le dépôt de plainte et l’assurance ; en cas d’absence prolongée, s’inscrire à l’opération tranquillité vacances et s’arranger avec des proches pour éviter que la boite aux lettres ne déborde ; que le dernier qui quitte la maison pense à vérifier que les fenêtres sont fermées, l’alarme enclenchée et la clé tournée dans la serrure... » Autant de bonnes habitudes permettant de protéger votre petit nid douillet !