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Déploiement des NÉO 2 en outre-mer : une manœuvre logistique de grande ampleur

Auteur : Lieutenante Floriane Hours - publié le
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© SIPRAG - B.LAPOINTE
Depuis le début du mois de mars, les NÉO 2, téléphones nouvelle génération de la gendarmerie, ont commencé à être déployés, avec un envoi prioritaire vers les territoires d’outre-mer. Une manœuvre logistique conséquente, pour un déploiement exceptionnel.

Sur l’île de la Martinique, c’est une cargaison bien particulière qui est déchargée de cet avion civil en provenance directe de la métropole. Sur des palettes entourées d’un film noir, une vingtaine de cartons est en train d’être déchargée, sous l’œil attentif des SOLC (Sections Opérationnelles de Lutte contre la Cybercriminalité) et du commandement. À l’intérieur, se trouvent 661 téléphones : les NÉO 2 tant attendus, qui vont être distribués à l’ensemble des personnels de gendarmerie.

Lancé depuis le début du mois de mars, le déploiement des NÉO 2 en outre-mer constitue la première phase du plan de déploiement national. Ce sont en tout 4 392 téléphones qui ont été envoyés à destination de douze territoires ultramarins. Une manœuvre conséquente, qui a demandé une préparation logistique d’ampleur au SCRTA, le Service Central des Réseaux et Technologies Avancées, situé au Mans.

Accessoires et poids des batteries

Dans les locaux de ce service, chargé du conditionnement et de l’envoi de tous les outils numériques sur les territoires d’engagement des gendarmes, deux militaires sont employées, depuis le mois de novembre 2021 (renforcées depuis décembre par un civil), sur la manœuvre logistique de déploiement des NÉO 2 en outre-mer. Un envoi réalisé par voie aérienne civile et pour lequel les problématiques ont été bien plus complexes que pour le déploiement en métropole, et ce, dès la première phase, celle du conditionnement des appareils et de leurs accessoires, comme l’explique la capitaine Sandrine, chef du département logistique du SCRTA. « Au départ, elles ont commencé à préparer les accessoires (kits mains libres, cordons et alimentations, films de protection, cartes µsd) sur les palettes, avant d’intégrer les terminaux. Afin d’éviter de multiplier les envois, les X-câbles, permettant le chargement à induction, les X-ride et les X-car (supports pour moto/vélo et voiture), qui seront déployés plus tard en métropole, ont également été envoyés. Finalement, il a fallu recalibrer plusieurs fois les palettes et voir comment les agencer en incorporant la totalité du matériel. » Une sorte de jeu de construction qui n’a pas été la seule difficulté rencontrée par les personnels du SCRTA.

Les téléphones contenant des batteries au lithium (un élément instable, dont les quantités doivent être limitées pour un envoi aérien), leur transmission a dû être extrêmement contrôlée. « Dans le cadre du IATA (association du transport aérien international), il y a des normes à respecter. En métropole, on envoie des cartons dans lesquels il y a 40 terminaux, mais pour l’outre-mer, on est obligé de faire des cartons avec 35 terminaux. Ça nous a forcés à repenser notre mode opératoire. […] Il faut peser, contrôler chaque carton, vérifier le poids de lithium sur chaque palette. C’est un travail un peu fastidieux. », poursuit la chef du département.

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Complexité des douanes et autres modalités administratives

Autre difficulté que les militaires ont dû prendre en compte pour cette manœuvre : la gestion des modalités administratives liées à l’envoi d’autant de matériel électronique. Une problématique qui, en 2017, avait fait prendre un retard considérable au déploiement des NÉO 1 outre-mer. « Déjà, au niveau du déploiement, l’outre-mer avait été servie à la fin. Ensuite, quand on a envoyé les terminaux, on a rencontré des difficultés avec les douanes des territoires, parce que ce matériel est loué. Quand on leur disait que c’était de l’export temporaire, ils ne comprenaient pas. […] Il a fallu fournir un document émanant de la direction pour justifier cette particularité. Cette fois, on s’est donc assuré d'avoir ce document en amont pour que le matériel ne soit pas bloqué en douane comme lors du premier déploiement. »

Pour gérer ces démarches administratives complexes, liées au déploiement des nouveaux terminaux mais aussi, et plus généralement, à la réception et à l’envoi quotidien des appareils affectés ou concernés par du MCO (Maintien en Condition Opérationnelle), les personnels du SCRTA bénéficient de différentes formations : la formation IATA, la formation IMDG (transport maritime de matières dangereuses) et la formation ADR (sur le chargement et le déchargement de matières dangereuses). Des instructions indispensables pour lesquelles un recyclage est prévu tous les deux ans.

Priorité à l’outre-mer

Après le conditionnement, et une fois les modalités administratives réglées, les palettes ont enfin pu être expédiées. Au cours de la première semaine de mars, c’est en Martinique que les 661 premiers terminaux sont arrivés, puis en Nouvelle-Calédonie (556) et à Wallis-et-Futuna (19). La semaine suivante, ce sont les palettes à destination de La Réunion et le colis pour Saint-Pierre-et-Miquelon (le plus petit colisage pour 30 terminaux) qui sont partis du SCRTA. Fin mars, ce sera au tour de la Guadeloupe (intégrant Saint-Barthélemy et Saint-Martin), de la Guyane, de Mayotte et de la Polynésie Française d’être servies. « Il faut savoir que La Réunion, la Guadeloupe et la Martinique sont nos trois plus gros clients. »

Une fois les cartons réceptionnés dans les territoires ultramarins, ce sont les personnels des SOLC qui prennent en main la manœuvre, en récupérant les terminaux avant de les redistribuer à l’ensemble des personnels de toutes les unités. Les NÉO 1 récupérés dans le même temps sont quant à eux stockés dans des cartons de la société française Écosystem, avant d’être renvoyés en métropole par voie maritime militaire pour y être recyclés par cette société.

Contrairement au déploiement des NÉO 1 en 2017, l’outre-mer est cette fois servie en priorité. Un choix stratégique : « L’idée était d’éviter d’envoyer trop de terminaux dans une région où certains vont partir et d’autres vont arriver. Il fallait donc que tout soit envoyé avant les mouvements estivaux. »

Un pari en passe d’être gagné, puisqu’à trois mois de la période estivale, tous les colis ont déjà été envoyés et réceptionnés. Une manœuvre bien menée, par des personnels mobilisés pour faciliter le quotidien des gendarmes.

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