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Déploiement des nouveaux NÉO 2 : que vont devenir les anciens téléphones de la gendarmerie ?

Auteur : la lieutenante Floriane Hours - publié le
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© SIRPA-G B. LAPOINTE
Dans le cadre du renouvellement du parc NÉO, plus de 120 000 nouveaux smartphones et tablettes sont en train d’être déployés dans toutes les unités de gendarmerie. Ces équipements, appelés NÉO 2, vont venir remplacer la précédente génération de téléphones et de tablettes actuellement utilisée. Au total, ce sont près de 65 000 téléphones qui vont ainsi être retirés du terrain. Mais que faire de ces smartphones ? Qui va les récupérer ? Comment la gendarmerie va-t-elle s’en débarrasser ? Réponse à travers la découverte de la manœuvre logistique d’ampleur que représente le recyclage des NÉO 1.

Place à la modernité ! Après 5 ans de bons et loyaux services, les NÉO 1 (les premiers smartphones et tablettes utilisés au quotidien par les gendarmes) vont laisser leur place à une nouvelle génération d’outils numériques, plus performants et plus complets, développés sous le nom de NÉO 2. Déployés à compter du mois de mars 2022 sur l’ensemble du territoire métropolitain et outre-mer, ces 120 000 nouveaux smartphones (puis tablettes) vont être affectés aux gendarmes de chaque unité.

Cette opération de modernisation numérique va rendre obsolètes plus de 65 000 téléphones actuellement utilisés en gendarmerie : les NÉO 1. Que faire dès lors de ces téléphones et de ces tablettes ? Comment avancer dans la modernité, tout en limitant l’impact écologique et environnemental lié à la destruction d’autant d'appareils numériques ? Et bien en les recyclant ! Et pour cela, la gendarmerie a monté, avec la société française Écosystem, éco-organisme agréé par les pouvoirs publics et spécialisé dans ce domaine, une vaste opération de récupération et de recyclage. Objectif : donner une seconde vie aux anciens téléphones de la gendarmerie.

Deux filières de recyclage

Pour le recyclage de l’ensemble de ces appareils, deux filières ont été prévues : la première pour les téléphones très anciens ou trop abîmés, et la seconde pour les téléphones pouvant encore être utilisés en dépit de leur ancienneté. Écosystem prendra en charge la première catégorie de terminaux. Les outils numériques seront démontés pièce par pièce. Puis les équipements seront récupérés et les métaux ainsi que le plastique seront recyclés.

Pour les appareils réutilisables, Écosystem va cette fois faire appel à une entreprise de réinsertion rattachée à Emmaüs : Les Ateliers du Bocage. Située près de Niort, dans les Deux-Sèvres, cette petite entreprise sera chargée de remettre en état de marche les téléphones revalorisables, qui seront ensuite revendus dans différents magasins Emmaüs sur le territoire.

Une manœuvre qui va permettre de prendre en compte tous les appareils numériques encore réemployables des gendarmes de métropole et d’outre-mer.

100 points de collecte

Sur le terrain, en amont de cette opération de recyclage, c’est une autre partition qui va se jouer, et cette fois-ci, ce seront les SOLC (les gendarmes des Sections Opérationnelles de Lutte contre les Cybermenaces) qui en seront les chefs d’orchestre. Sur les 100 points de collecte répartis dans les différents groupements de gendarmerie départementale, ces derniers ont commencé à réceptionner les nouveaux terminaux NÉO 2, ainsi que les caisses envoyées par Écosystem pour stocker les NÉO 1. Leur mission sera ensuite de gérer simultanément la distribution des NÉO 2 et la récupération des NÉO 1. Une manœuvre précisée par le colonel Pascal Julien, directeur de programme à la DOE, chargé de la gestion de la stratégie globale NÉO 2 : « Le militaire échangera son NÉ1 contre un NÉ2 ; les données seront alors transférées d’un équipement à l’autre. Les anciens NÉ1 seront ensuite blanchis”, puis déposés dans les caisses mises à disposition par Écosystem. À l’issue de cette collecte, qui devrait durer près de 6 mois, ces caisses seront récupérées par un transporteur affrété par Écosystem. Les téléphones non valorisables partiront vers les chaînes de recyclage. Les autres seront reversés à Emmaüs, qui annonce pouvoir créer des emplois dans ses ateliers de revalorisation de smartphones. L’objectif de cette convention est évidemment RSE (Responsabilité Sociétale des Entreprises). Il s’agit d’intégrer les préoccupations environnementales et sociales dans cette manœuvre. Il fallait aussi tendre vers un coût zéro pour la gendarmerie pour une telle opération. »

Une fin de déploiement des NÉO 2 est prévue en septembre 2022 pour la métropole et l’outre-mer.

Une manœuvre à grande échelle

Pour la gendarmerie, mais également pour la société Écosystem, cette manœuvre de recyclage à grande échelle est une grande première. Pour y faire face, l’entreprise française, qui, depuis fin 2020, a recyclé 100 000 téléphones, a dû s'adapter, comme l’explique l’un de ses responsables : « L’avantage sur cette opération, c’est que, comme on a une visibilité assez longue, on peut prédire en amont les quantités qui vont arriver à partir d’une certaine période. Et plus on va se rapprocher des échéances, [...] plus on pourra mettre de moyens logistiques et humains pour traiter les gisements qui vont arriver. »

Du côté de la gendarmerie, la difficulté ne réside pas dans la quantité de terminaux récupérés, mais plutôt dans le lieu où ils se trouvent. « La difficulté, c’est l’outre-mer, parce qu’en outre-mer, rien n’existe, aucune structure. Nous allons donc devoir organiser le rapatriement des NÉO 1 en métropole, et cela à moindre coût, c'est-à-dire en passant par les voies maritimes militaires. Pour cela, nous allons nous projeter très loin dans le temps. Le retour en métropole des équipements se fera en 2023, pour un volume qui avoisinera 4 000 postes. Il faut aussi penser aux questions de sécurité et de sûreté autour de ce matériel. Quand on les stocke et qu’ils vieillissent, comme en Guyane, la dégradation est beaucoup plus rapide qu’en métropole. Il y a des risques de pollution particulière, d’incendie, que nous devons maîtriser de bout en bout », indique le colonel Julien.

Des difficultés qui ont été anticipées, pour que cette manœuvre, inédite pour la gendarmerie, se déroule sans problème.

Déploiement des NÉO 2 en outre-mer : une manœuvre logistique de grande ampleur

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