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Des « Bulles de répit » en bord de mer pour mieux remplir les missions sur le terrain

Auteur : Antoine Faure - publié le
Temps de lecture: ≃3 min.
Signature de la convention "Bulles de répit" le 17 mai par le général de corps d'armée Bruno Arviset, Directeur des personnels militaires de la gendarmerie nationale (DPMGN) et les différents partenaires : la Fondation Saint-Pierre, la Caisse nationale militaire de sécurité sociale (CNMSS), la Caisse nationale du gendarme (CNG) et l’association Gendarmes de cœur.
Signature de la convention "Bulles de répit" le 17 mai par le général de corps d'armée Bruno Arviset, Directeur des personnels militaires de la gendarmerie nationale (DPMGN) et les différents partenaires : la Fondation Saint-Pierre, la Caisse nationale militaire de sécurité sociale (CNMSS), la Caisse nationale du gendarme (CNG) et l’association Gendarmes de cœur.
© GEND/SIRPA/T.DOUBLET

Permettre aux gendarmes aidants familiaux de partir en vacances, et de pouvoir ainsi décompresser, et être plus efficaces ensuite lors de leurs missions de protection de la population, tel est l’objectif du programme « Bulles de répit », développé au sein de la direction générale de la gendarmerie nationale par la Mission accompagnement du handicap, avec l’appui de différents partenaires.

On estime à 2 000 environ le nombre de gendarmes aidants familiaux : 1 400 répertoriés par l’outil Agorh@ comme parents d’un enfant en situation de handicap, les autres assumant ce rôle auprès de leur conjoint ou d’un autre proche. Pour ces militaires, la notion de repos est toute relative. Ils consacrent une part très importante de leur temps libre, parfois même l’intégralité, à cette fonction d’aidant et aux multiples contraintes organisationnelles afférentes. Face à la complexité et au coût financier, certaines familles en viennent à ne même plus partir en vacances.

« Or, ils ont besoin de temps pour eux, pour se reposer, décompresser », explique le lieutenant-colonel Grégoire Charle, lui-même aidant familial d’un enfant handicapé, président de l’ADAPEI 41 (association départementale de parents et d’amis de personnes handicapées mentales dans le Loir-et-Cher), et chef de la Mission accompagnement du handicap, créée à l’été 2020, au sein de la Direction des personnels militaires de la gendarmerie nationale (DPMGN), dans le double cadre de la stratégie GEND 20.24 et du programme de transformation R.H.

Une naissance dans l’Hérault

Dès sa création, la Mission accompagnement du handicap a ainsi travaillé sur cette « notion essentielle d’accès au répit », selon le LCL Charle. Dans le même temps, à Montpellier, au sein de l’état-major de la formation administrative du Languedoc-Roussillon, naît l’idée d’un partenariat avec la Fondation Saint-Pierre, qui œuvre depuis un siècle pour l’amélioration de la santé et de la protection de l’enfance, afin d’organiser et de prendre en charge partiellement des séjours en bord de mer, destinés aux parents d’enfants handicapés.

« J’ai contacté la Mission accompagnement du handicap pour leur parler de ce projet, relate le général de division Jean-Valéry Letterman, chef du Service d'information et de relations publiques des armées-gendarmerie (SIRPA-G), qui était alors commandant du groupement de gendarmerie départementale de l’Hérault et responsable régional. Le LCL Charle a tout de suite accroché à cette idée, et le dispositif s’est monté très rapidement, avec différents partenaires, acteurs du monde de l’accompagnement : la Fondation Saint-Pierre, la Caisse nationale militaire de sécurité sociale (CNMSS), la Caisse nationale du gendarme (CNG) et l’association Gendarmes de cœur. Je suis fier et heureux d’avoir vu naître ce projet localement, et de le voir se développer aujourd’hui. »

Au profit de 54 familles cet été

En expérimentation l’été dernier, au profit d’une vingtaine de familles avec des enfants souffrant de troubles du spectre autistique, le programme « Bulles de répit » a fait l’objet d’une convention, signée le 17 mai dernier, à la direction générale de la gendarmerie nationale, entre les acteurs précités. Il sera étendu cet été à un maximum de 54 familles ayant un enfant polyhandicapé ou présentant un trouble du neuro-développement.

« La gendarmerie a été très innovante sur ce sujet, insiste François Frezouls, vice-président de la Fondation Saint-Pierre, et l’expérience « Bulles de répit » intéresse désormais beaucoup d’organismes et d’entreprises. La gendarmerie nationale, en faisant en sorte que les hommes et les femmes qui la composent puissent lâcher prise, pour ensuite donner le meilleur d’eux-mêmes au profit de la population, est pleinement dans sa mission. »

La gendarmerie est fière de servir ainsi d’exemple, pour que, dans la société tout entière, les familles avec un ou plusieurs enfants en situation de handicap, puissent accéder à des offres de séjours de vacances qui leur apportent le répit et le dépaysement dont elles ont tant besoin.