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Des réserves de plus en plus précieuses

Auteur : Antoine Faure - publié le
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© DICOM/D.MENDIBOURE

La gendarmerie nationale dispose d’un écosystème territorial de proximité qui s’appuie sur un vivier de citoyens volontaires et de bénévoles qui ont souhaité s’engager pour la sécurité de leurs concitoyens. Les réserves de la gendarmerie sont une indispensable force complémentaire, qui contribue à la montée en puissance massive sur l’ensemble du territoire national (tant métropolitain qu’ultra-marin) de la gendarmerie, en cas d’événements majeurs, en temps de crise comme en temps de paix. Il s'agit d'une composante stratégique majeure, ancrée dans les territoires, indispensable à la performance de la gendarmerie.

Pour le directeur général de la gendarmerie nationale, le général d’armée Christian Rodriguez, c’est « une pépite ». Pour le général de division Didier Fortin, commandant des réserves de la gendarmerie, il s’agit de « l’une des deux jambes indissociables de la gendarmerie ». Et pour l’ancien Premier ministre britannique Sir Winston Churchill, « être réserviste, c’est être deux fois citoyen ». Quelle que soit la définition, chacun s’accorde sur l’importance prise au fil des années par la réserve, et sur celle de plus en plus grande qu’elle prendra dans les années à venir.

Objectif 50 000

La réserve d’emploi, telle qu’on la connaît aujourd’hui, est apparue en 1999, à la suite de la loi du 28 octobre 1997 suspendant la conscription, dans le cadre du processus de professionnalisation des armées. Après les attentats de 2015 sur le sol français, la création, par le président de la République François Hollande, de la Garde nationale, regroupant les réserves militaires et civiles, va contribuer à susciter des vocations, avec un engouement particulier pour la réserve de la gendarmerie nationale.

Dans un contexte de succession de crises, et pour répondre à un besoin de sécurité exprimé par la population française, la montée en puissance de la réserve opérationnelle, celle de la gendarmerie comme celle de la police, a été actée et récemment confirmée par le président de la République lors de la clôture du Beauvau de la sécurité. Pour la gendarmerie, l’objectif est de la porter d’un peu plus de 31 000 aujourd’hui, à 50 000 en 2027, en suscitant l'engagement citoyen des jeunes pour favoriser l’égalité des chances et encourager l’acculturation à la citoyenneté. Afin d’affirmer cet engagement en faveur de la jeunesse et promouvoir un parcours d’engagement sur mesure à son attention, la gendarmerie a créé un bureau jeunesse engagement citoyen au sein du commandement des réserves.

Entre 17 et 40 ans, de nationalité française

Le portrait-robot du réserviste de la gendarmerie nationale ? Entre 17 et 40 ans, de nationalité française, avec une bonne aptitude physique et psychologique, ainsi qu’une bonne moralité. « Ce sont les mêmes conditions que pour leurs camarades d’active, dont ils sont les frères d’arme, note la lieutenante-colonelle Marjorie Gorlin, chargée de mission auprès du Commandement des réserves de la gendarmerie (CRG). Et pour cause, ils assurent les mêmes missions de sécurité publique. »

Environ 70 % des réservistes opérationnels de la gendarmerie sont issus de la société civile. Seuls 30 % sont des anciens de l’Institution ou des anciens militaires qui apportent leur expérience professionnelle. Les profils sont très variés, couvrant un panel très large de catégories socio-professionnelles, du médecin à l’ouvrier, du chef d’entreprise au professeur, et 21 % sont des femmes. « Cette diversité de profils est une vraie richesse », assure la chargée de mission du CRG.

© GEND/SIRPA/F.GARCIA
À noter : La gendarmerie dispose de Minot@ur, outil de gestion en mobilité, qui permet au réserviste de communiquer ses disponibilités et à la gendarmerie de proposer des missions. En moyenne, les réservistes effectuent plus de 20 jours de mission par an, avec l’ambition pour la gendarmerie de porter ce volume à 30 jours. Les réservistes peuvent réaliser jusqu’à 90 jours dans l’année, voire 150 jours sur autorisation. La formation occupe une place importante, qu’elle soit initiale ou continue. Les jeunes réservistes, fraîchement formés, sont employés dès la fin de leur Préparation militaire gendarmerie (PMG), d’une durée d’un mois, afin de renforcer leur expérience sur le terrain.

 

De la tempête Irma aux Jeux Olympiques

Les gendarmes réservistes appuient donc leurs camarades d’active, sans s’y substituer. Ils peuvent agir en mixité, mais aussi en autonomie, en temps de paix comme en temps de crise. « Avec la multiplication des missions, les gendarmes d’active sont pleinement conscients de l’aide précieuse que constitue aujourd’hui la réserve opérationnelle », souligne la LCL Gorlin.

C’est une réserve de proximité. Leurs missions se déroulent sur le territoire du groupement de gendarmerie départementale où ils résident et qu’ils connaissent, mais ils peuvent aussi être projetés, sur la base du volontariat, comme ce fut le cas lors de la tempête Irma, à Saint-Martin, ou en appui des gendarmes départementaux sur les côtes calaisiennes dans la lutte contre l’immigration irrégulière, lors des missions Poséidon.

La réserve opérationnelle de la gendarmerie est un levier stratégique supplémentaire dans la main du directeur général. Force militaire, robuste et réactive, elle est fière de ses valeurs. Renforçant la présence de la gendarmerie sur la voie publique, elle cimente la cohésion nationale et illustre parfaitement la résilience de la nation.

Sa montée en puissance permettra notamment à la gendarmerie de remplir efficacement ses missions de sécurisation des grands événements qui se profilent, comme la coupe du Monde de rugby en 2023 et les Jeux Olympiques de Paris en 2024, mais aussi de développer un vivier de réservistes ayant des compétences dans le cyberespace, et plus généralement dans la transformation numérique, en appui du commandement de la gendarmerie dans le cyberespace, pour monter en puissance face à la menace cyber.

Par ailleurs, l’augmentation des effectifs de la réserve opérationnelle renforce l’ancrage local, et joue un rôle social important, en contribuant à l’insertion des jeunes, qui constituent un tiers de la réserve.

À noter : Il existe également une réserve citoyenne de défense et de sécurité, dont les membres sont des bénévoles qui offrent leur expertise pour enrichir les travaux de réflexion de la gendarmerie nationale, participant ainsi à son rayonnement.