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Deux gendarmes en repos sauvent la vie d’un randonneur en Haute-Savoie

Auteur : Pablo Agnan - publié le
Temps de lecture: ≃3 min.
Les gendarmes du Peloton de gendarmerie de haute montagne (PGHM) de Bagnères-de-Luchon effectuent un exercice d'hélitreuillage avec un hélicoptère EC145 du Détachement aérien de la gendarmerie (DAG) de Tarbes.
© Photo d’illustration - MI DICOM/J.ROCHA

Alors qu’ils randonnaient en Haute-Savoie, deux Gendarmes adjoints volontaires (GAV) ont sauvé, par hasard, la vie d’un randonneur disparu la veille.

Se tromper a parfois du bon. C’est d’ailleurs une erreur d’orientation de deux gendarmes au repos qui les a conduits à sauver une vie. Plus précisément celle d’un randonneur porté disparu dans le massif du Semnoz, en Haute-Savoie.

Une opération de recherche d’envergure

Mercredi 18 mai, à 22 h 15, la Brigade de proximité (B.P.) de Faverges-Seythenex est alertée de la disparition d’un jeune homme de 22 ans, parti randonner autour d’Annecy depuis le milieu de l’après-midi. Les recherches débutent immédiatement. Elles sont conduites par les gendarmes donc, « avec l’appui de la police nationale et d’une équipe du Service départemental d’incendie et de secours (SDIS), équipée d’une caméra thermique », détaille le capitaine Joël Contal, de la compagnie de gendarmerie départementale d’Annecy.

Les recherches se concentrent sur le massif sur Semnoz, « dernier endroit où le téléphone du disparu a borné. » Mais faute de résultat, elles sont levées peu après une heure du matin. Elles reprennent le lendemain, au lever du jour, avec le renfort de 21 secouristes, parmi lesquels « sept gendarmes, dont trois du Peloton de gendarmerie de haute montagne (PGHM) d’Annecy, quatre équipes cynophiles, une société de secouristes bénévoles et, enfin, un Groupe montagne sapeurs-pompiers (GMSP). »  

Beaucoup de chance dans cette mésaventure

Mais ce ne sont ni eux, ni le Dragon de la sécurité civile qui réussissent à localiser le randonneur disparu. Sa trace est retrouvée par hasard, grâce à deux Gendarmes adjoints volontaires  (GAV) en repos. « Nous étions partis marcher en direction du Mont Veyrier », raconte le brigadier Dorian, affecté au Peloton d’autoroute (P.A.) de Sainte-Marie-de-Cuines-Fréjus. Ce sommet se trouve de l’autre côté du lac d’Annecy, à moins d’une dizaine de kilomètres, à vol d’oiseau, de la dernière géolocalisation connue du téléphone du disparu.  

Sur un coup du sort, les deux militaires se trompent dans leur itinéraire. Ils décident de faire un détour et d’emprunter un petit sentier forestier, difficile d’accès. Sur le chemin, ils tombent sur un casque audio, puis, une dizaine de mètres plus bas, sur un sac à dos et, enfin, sur une paire de chaussures. Malgré plusieurs appels à la voix, personne ne leur répond. « Je précise qu’ils n’étaient pas au courant des opérations de recherche », insiste le capitaine Contal.  

Au vu de la gravité de ses blessures, s’ils n’étaient pas intervenus, le jeune homme serait certainement décédé.

Ils décident alors de continuer leur descente et finissent par tomber sur le jeune homme disparu. « Il se trouvait 15 mètres en contrebas de notre position, inconscient. » Le GAV Loïck, affecté à la Brigade territoriale autonome (BTA) d’Annecy-Seynod, et son acolyte, le brigadier Dorian, lui procurent les premiers soins. Des gestes que ce dernier maîtrise parfaitement, puisqu’il exerce aussi des fonctions de pompier volontaire.

Médaille d'honneur pour acte de courage et de dévouement

Le jeune homme sera finalement récupéré par l’hélicoptère de la sécurité civile. Il souffre de nombreuses blessures, mais son état est stable.
L’initiative des deux militaires a réellement sauvé la vie du randonneur. « Sans eux, on aurait mis du temps à le trouver », admet le capitaine Contal, avant d’ajouter : « Et au vu de la gravité de ses blessures, s’ils n’étaient pas intervenus, le jeune homme serait certainement décédé. »

Pour cette action héroïque, les deux gendarmes se verront décerner la médaille d'honneur pour acte de courage et de dévouement. Peut-être de quoi accélérer le rêve du brigadier Dorian d’intégrer un PGHM.