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Gironde : tous les moyens de l’état mobilisés sur le front des incendies

Auteur : le commandant Céline Morin - Reportage photo : Patrice Héraud (Gendarmerie de Nouvelle-Aquitaine) - publié le
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Depuis le 12 juillet, le département de la Gironde est ravagé par deux violents incendies, qui se sont déclarés presque simultanément sur les secteurs de Landiras, en zone de compétence gendarmerie, et de la Teste-de-Buch, en zone de compétence police. Ce matin, la préfecture de la Gironde annonçait la destruction de près de 19 300 hectares de forêt et l’évacuation de près de 34 000 personnes sur ces deux secteurs depuis le début de la crise. Gendarmes et policiers sont mobilisés H.24 aux côtés des sapeurs-pompiers, afin de mettre la population à l’abri dans les zones menacées par les flammes et lutter contre les atteintes aux biens dans les zones évacuées.

Depuis sept jours maintenant, le département de la Gironde est en proie à deux violents incendies, qui se sont déclarés presque simultanément le 12 juillet dernier, sur les secteurs de Landiras, en zone de compétence gendarmerie, et de la Teste-de-Buch, en zone de compétence police. Depuis le début de la crise, près de 19 300 hectares de forêt sont partis en fumée et plus de 34 000 personnes ont été évacuées sur ces deux secteurs, indiquait ce matin la préfecture du département dans son point quotidien.

Sur le front des incendies, plus de 2 000 sapeurs-pompiers, venus de Gironde et de toute la France, appuyés par d’importants moyens aériens (huit Canadairs et deux DASH aujourd’hui), sont à ce jour mobilisés afin de stopper la progression des flammes, pour préserver les vies humaines et limiter les dégâts matériels. Les forces de gendarmerie et de police sont également engagées H.24 à leurs côtés, afin de mettre la population à l’abri dans les zones menacées par les flammes et lutter contre les atteintes aux biens dans les zones évacuées.

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Secteur de Landiras : gendarmes départementaux et mobiles sur le front

Mardi 12 juillet, il est 16 h 40 quand un incendie se déclare sur la commune de Landiras, au sud de Bordeaux. Aux côtés des sapeurs-pompiers, mobilisés sur le sinistre, les militaires de la compagnie de gendarmerie départementale de Langon-Toulenne sont immédiatement engagés. Devant l’ampleur que prend le sinistre, le dispositif, piloté par le Groupement de gendarmerie départementale (GGD) de la Gironde, monte rapidement en puissance, avec le renfort, dans un premier temps, de militaires des compagnies limitrophes, y compris des GGD voisins. L’Escadron départemental de sécurité routière (EDSR), ainsi qu’un équipage de la section aérienne de gendarmerie de Mérignac sont également engagés, et le Centre zonal des opérations (CZO) activé. Dimanche 17 juillet, des gendarmes mobiles sont arrivés sur place pour renforcer le dispositif et relayer leurs camarades locaux, permettant de continuer à assurer une présence H.24. Le ministère de l’Intérieur a en effet accordé le concours, jusqu’au 24 juillet inclus, de deux escadrons, à la demande de la préfecture de zone. L’EGM 27/2 de Marmande, mobilisé à hauteur de 50 militaires, sera ainsi rejoint dès ce soir par l’EGM 23/1 de Rosny-sous-Bois, à hauteur de 56 personnels.

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Depuis le déclenchement du sinistre, les gendarmes ont ainsi pour mission d’assurer le contrôle des axes, afin de faciliter l’accès des secours, mais aussi d’empêcher toute intrusion d’individus dans les zones sinistrées, qui pourraient se mettre en danger ou commettre des actes délictuels. À cet effet, des postes fixes ont été mis en place en plusieurs points stratégiques, tandis que des patrouilles circulent sur les axes et dans les communes évacuées (15 à ce jour en Gironde et une dans les Landes, en zone gendarmerie), afin de contrôler les identités et assurer une présence dissuasive pour prévenir toute tentative de cambriolage.

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Dans le même temps, les militaires se sont vu confier la mission d’accompagner les évacuations décidées par l’autorité administrative et les pompiers. Un travail qu’ils mènent de concert avec les élus et autres acteurs de la vie locale. Dans les villages menacés, divisés en secteurs, des équipes mixtes, composées de gendarmes, d’élus et de bénévoles, font ainsi du porte-à-porte afin de demander aux habitants de partir. Ils leur délivrent des conseils sur les principaux biens à emporter (papiers, objets sensibles, médicaments, etc.) et les gestes à effectuer avant leur départ (fermeture des portes et des volets, etc.), les rassurant aussi sur la présence renforcée de la gendarmerie en leur absence. Les gendarmes relèvent par ailleurs l’identité des personnes réticentes à quitter leur habitation, afin de pouvoir revenir les voir ultérieurement. Les habitants qui n’ont pas de solution de repli dans leur famille sont orientés vers des structures d’accueil installées dans des salles communes, à l’instar de gymnases.

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Selon les éléments communiqués par la Préfecture ce 19 juillet en début de matinée, 12 800 hectares sont d’ores et déjà partis en fumée sur le secteur de Landiras, dépendant de la compagnie de Langon-Toulenne, atteignant également une partie du secteur des compagnies de Mérignac et d’Arcachon. Plus de 8 000 personnes ont été évacuées ce 18 juillet, portant le nombre total d’évacués à plus de 14 000 depuis le début de la crise. Des chiffres évolutifs, puisque de nouvelles évacuations peuvent être programmées au regard de la progression de l’incendie. Le Poste de commandement opérationnel, une nouvelle fois menacé par les flammes, a quant à lui déménagé hier pour la troisième fois, s’implantant désormais à Langon.

À noter que la fédération girondine de Défense des forêts contre les incendies (DFCI) et les entreprises de travaux forestiers sont également à pied d’œuvre pour créer des pare-feu visant à limiter la progression des flammes.

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Deuxième front à la Teste-de-Buch

Le 12 juillet, un second incendie d’ampleur s’est déclaré sur le secteur de la Teste-de-Buch, en zone de compétence police. Selon les dernières informations de la Préfecture de la Gironde, 6 500 hectares de forêt ont brûlé et près de 20 000 personnes ont été évacuées par les services de secours et de la police nationale depuis le début de la crise.

Tandis que les sapeurs-pompiers se relaient jour et nuit sur le front de l’incendie, la DFCI et l’ONF, appuyés par des entreprises forestières et des bulldozers de l’armée, réalisent des pare-feu, notamment au nord de Biscarrosse.

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En parallèle de l’action de la police nationale sur le secteur de la Teste-de-Buch, plus au sud, les militaires de la compagnie de Parentis-en-Born sont mobilisés dès le premier jour pour interdire l’accès à la zone sinistrée - et progressivement évacuée - par la D218, en mesure de faire face à une propagation de l’incendie dans leur secteur.

Ce lundi 18 juillet, l’EDSR de la Gironde a par ailleurs prêté main-forte sur le dispositif mis en place par la police nationale sur le secteur de la Teste-de-Buch, afin de gérer et fluidifier les flux sur l’A660 en provenance de Bordeaux et en direction de la zone sinistrée, afin d’éviter la congestion de l’axe.

La préfecture précise par ailleurs que la navigation de plaisance sur la partie ouest du lac de Cazaux-Sanguinet ainsi que la navigation et le mouillage sur le secteur de la passe sud d’entrée du bassin d’Arcachon restent interdites. La route départementale D218 est par ailleurs toujours coupée entre le rond-point du Pilat et Biscarrosse plage.

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Action judiciaire : un homme placé en garde à vue par les gendarmes

À la suite des deux incendies qui se sont déclarés sur son ressort, le Parquet de Bordeaux a décidé d’ouvrir deux enquêtes judiciaires distinctes, confiées respectivement au commissariat d’Arcachon, avec le soutien de la DDSP 33, concernant le sinistre de la Teste-de-Buch, et à la Brigade de recherches (B.R.) de Langon-Toulenne, en co-saisine avec l’antenne locale de l’Office central de lutte contre les atteintes à l’environnement et à la santé publique (OCLAESP), concernant celui de Landiras.

L’enquête relative à l’incendie de Landiras a été ouverte du chef de « destruction par incendie de bois, forêt, lande, maquis ou plantation d’autrui pouvant causer un dommage aux personnes », faits pour lesquels le ou les auteurs présumés encourent des peines criminelles de 15 ans d’emprisonnement et 150 000 euros d’amende.

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Afin de rechercher les causes de l’incendie et un éventuel auteur, la gendarmerie a mis en place une cellule P.J. composée d’une vingtaine de personnels issus de la B.R de Langon-Toulenne, renforcés par des enquêteurs de plusieurs unités, à l’instar de la Section de recherches (S.R.) de Bordeaux, de la Section d’appui judiciaire (SAJ) de la région et de la Brigade départementale de renseignements et d'investigations judiciaires (BDRIJ) du GGD 33. Deux Techniciens en identification criminelle (TIC), dont un spécifiquement formé en Recherche des causes et circonstances d'incendie (RCCI), ont été déployés pour effectuer les constatations d’usage, qui ont permis aux enquêteurs de privilégier la thèse d’un « acte volontairement malveillant », ainsi que le confirme le procureur de la République dans un communiqué en date du 18 juillet. Celui-ci mentionne notamment l’existence d’un témoin ayant vu un véhicule stationné à proximité du départ de feu ce 12 juillet et ayant démarré en trombe à sa vue.

Les divers actes d’investigation ont conduit, dès hier, à l’interpellation et au placement en garde à vue d’un suspect. Les gendarmes, qui poursuivent leurs expertises et auditions de témoins, étudient par ailleurs l’existence d’un lien entre ce sinistre et d’autres départs de feu constatés sur la zone le même jour, à des horaires différents, ainsi qu’avec trois autres départs de feu constatés entre le 13 et le 15 juillet, rapidement circonscrits.

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Par ailleurs, concernant l’incendie de la Teste-de-Buch, il semblerait, au regard des premiers éléments de l’enquête, que les « faits ne présentent pas de caractère criminel et s’inscrivent dans un contexte de délit involontaire. »

Les magistrats du Pôle régional environnement (PRE) sont également associés aux investigations, afin que le préjudice environnemental soit le plus rapidement possible évalué avec précision.

À cette heure, malgré les importants moyens terrestres et aériens engagés, la situation n’est pas fixée sur ces deux incendies, indique la Préfecture, qui annonce par ailleurs le déclenchement d’un nouveau feu, hier en fin d’après-midi, à Vensac, dans le Médoc. Rapidement contenu, après avoir détruit près de 70 ha, il a néanmoins conduit à quelques évacuations préventives. À noter que de nombreuses routes, dont la liste est consultable sur le site du département, restent fermées.

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