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La section mobilité, une équipe de choc au cœur du déploiement de NEO 2

Auteur : la capitaine Sophie Bernard - publié le
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© Sirpa-G - B. Lapointe

Après une première révolution numérique rendue possible en 2017, avec 115 000 terminaux NEO 1 (tablettes et mobiles) déployés en gendarmerie et en police, l’expertise des personnels du ST(SI)² devrait permettre, dès les prochaines semaines, d’équiper les deux grandes maisons de 233 000 terminaux NEO 2. Un challenge sans précédent, qui n’aurait pu être envisageable sans une poignée de passionnés composant la section mobilité.

« Le concept NEO emporte deux enjeux : d’un côté la masse, avec un nombre conséquent de terminaux à gérer et la nécessité de satisfaire le plus grand nombre ; de l’autre la durabilité, avec notamment six personnels dédiés aux réparations non prises en compte dans la garantie », indique le lieutenant-colonel Michel Meens. Comme pour NEO 1, dans le cadre du nouveau marché conclu avec Orange et Cross Call, le ST(SI)² a travaillé en lien avec l’Opérateur des Systèmes d'Information Interministériels Classifiés (OSIIC) pour renforcer la sécurisation du système d’exploitation de base, optimiser le matériel et assurer ensuite le maintien en condition opérationnelle. 
Ce défi de taille n’aurait pu être relevé sans la quinzaine de personnels composant la section mobilité. « Ce sont majoritairement des gendarmes SIC, passionnés et affectés pour leurs compétences avérées, mais aussi un policier et un ingénieur civil, qui travaillent en continu sur le projet », décrit le lieutenant-colonel Meens. Des personnels qui ne cessent d’œuvrer pour améliorer ces matériels et répondre aux besoins de leurs camarades sur le terrain, « une vraie satisfaction pour l’équipe, qui se sent vraiment utile. »

Des échanges productifs au service du terrain

Ne pouvant se déplacer auprès de chaque utilisateur, les personnels de la section ont fait évoluer de manière significative l’outil de gestion de la flotte des terminaux NEOPARC il y a un an. Depuis cette évolution, ce logiciel permet d’avoir une visibilité sur tous les terminaux allumés sur le réseau. En informant l’utilisateur, ils peuvent ainsi prendre la main sur n’importe quel terminal à distance afin, par exemple, de forcer sa mise à jour ou de le géo-localiser en cas de perte. 
Toujours pour faciliter les missions de leurs camarades, les personnels de la section travaillent également sur le développement de nouvelles applications. Si 80 ont déjà été mises en place sur le store actuel, 40 sont en cours d’élaboration. « Il existe trois types d’applications sur NEO : celles nées d’innovations participatives, avec des propositions émanant de passionnés du terrain et peaufinées par la section, celles créées par des partenaires, comme « PVE », qui a été élaboré par l’Agence Nationale de Traitement Automatisé des Infractions (ANTAI), ou d’applicatifs développés ou achetés par d’autres sous-directions du ST(SI)², et, enfin, des productions internes à la section », explique le lieutenant-colonel. 
Afin de coller à la demande des usagers, la section peut également s’appuyer sur un groupe de trente utilisateurs, affectés dans des unités partout en France. Ces derniers sont équipés de « téléphones de qualification », permettant de tester les nouvelles applications. « Ces volontaires forment un véritable appui pour la section ! Dès le dépôt d’une nouvelle application sur le store, ils n’hésitent pas à faire des retours constructifs sur la boucle Tchap prévue à cet effet, comme ce fut le cas pour le TAJ NG. »

Enfin, la section réalise un audit (qualité du code et niveau de sécurité), avant de soumettre l’application à l’OSIIC, qui autorisera ou non la publication sur le store.

© Sirpa-G - B. Lapointe

Une section en mode « start-up », avec des procédés novateurs


Si la section mobilité est si performante, c’est aussi parce qu’elle est parvenue, ces dernières années, à s’inspirer du fonctionnement des plus grandes start-up. D’abord avec une composition éclectique, alliant des personnels diplômés ou autodidactes, des développeurs, mais aussi des ingénieurs et des apprentis designers depuis 2017. « Ces derniers vont réfléchir en priorité à l’ergonomie de l’application, pour obtenir le meilleur ressenti utilisateur possible, et permettre aux développeurs de se recentrer sur le cœur du projet. Tous évoluent ainsi avec une grande solidarité », remarque le lieutenant-colonel. 
La section a également su s’adapter au rythme des annonces ministérielles et des crises. « Dès le premier confinement, tous les personnels ont été équipés pour télé-travailler, avec des points de situation matin et soir. Cela a permis de s’apercevoir qu’ils étaient plus productifs en l’absence de sollicitations d’utilisateurs de proximité. Aussi, à la suite de la crise sanitaire, la section a déménagé dans un grand open space à Malakoff (92), tout en alternant avec du télétravail. Par ailleurs, les travaux sont programmés à la semaine, car les commandes peuvent évoluer très rapidement et il faut être au rendez-vous ! »

Le déploiement NEO 2 : un défi unique !

Ces nouveaux process devraient permettre à la section de relever le challenge sans précédent qui s’annonce à travers le déploiement NEO 2. « La masse à équiper est beaucoup plus importante, avec de nouveaux usagers, comme les élèves gendarmes en école, ou encore les gendarmes mobiles. Il s’agit de répondre à leurs besoins avec, par exemple, l’intégration de PC Storm, qui permettra d’avoir un réseau radio à très haut débit partagé avec les autres forces d’intervention », explique le lieutenant-colonel. 
L’autre défi pour la section réside en un moment clé : la manœuvre d’installation. « Pour cette opération, la section assistera les Sections opérationnelles de lutte contre les cybermenaces (SOLC) côté gendarmerie, et les Bureaux départementaux des systèmes informatiques et télécommunications (BDSIT) côté police. Mais il y a aussi de nombreux utilisateurs qui n’auront pas forcément de techniciens à proximité. La section a donc anticipé, en modifiant le système afin qu’ils puissent l’installer seuls, sans difficulté. La section utilise l’architecture de serveurs et d’équipements de sécurité élaborée par la sous-direction des applications de commandement, pour passer en toute sécurité d’Internet à Intranet. Elle devra là aussi veiller à ce que les dizaines de milliers de connexions simultanées ne menacent pas la sécurité des flux et des sites centraux ! »
Le challenge est donc colossal, mais c’est aussi ce qui motive les personnels de la section. Le projet NEO, tel qu'il a été pensé pour nos forces de l’ordre, associant la conception, la logistique et le suivi d’une masse importante de terminaux, n’a aujourd’hui aucun équivalent à l’étranger au sein des forces de sécurité intérieure, voire dans le monde de l’entreprise, et il n’est pas rare que le ST(SI)² soit sollicité pour des présentations chez ses homologues (Québec, Allemagne, Pays-Bas, etc).