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Le CIR de Lyon au contact des futurs GAV

Auteur : Antoine Faure - publié le
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Répartis sur tout le territoire, les 21 Centres d’information et de recrutement (CIR) jouent un rôle essentiel dans le dispositif de recrutement de la gendarmerie, non seulement en recevant les candidats, mais aussi en menant des opérations hors-les-murs, pour aller chercher des recrues potentielles. Exemple avec le CIR de Lyon.

La technique d’approche de l’adjudant-chef (ADC) Thierry marche à tous les coups. Il suffit qu’un jeune regarde de trop près la Renault Mégane 3 RS, exposée sur le stand commun de la gendarmerie et de la police, pour qu’il lui glisse innocemment un : « Cela vous dirait d’en conduire une comme ça ? » Suivi presque aussitôt d’un : « Je veux dire au quotidien, pas juste pour un petit tour... » Avant de l'inviter cordialement à prendre place autour du pupitre prévu à cet effet à proximité, et à découvrir les différentes opportunités professionnelles qu’offre la gendarmerie nationale.

Ce lundi 11 avril, dernier jour du Salon de l’auto de Lyon, à l’heure du déjeuner, la tactique du gendarme porte à nouveau ses fruits : le jeune homme venu admirer la voiture bleue étincelante repart avec son lot de prospectus sous le bras. « Notre présence sur ce salon s’inscrit dans une démarche globale consistant à aller chercher des recrues potentielles, sans attendre qu’elles poussent la porte de notre permanence, explique l’ADC Thierry, chef du Centre d'information et de recrutement (CIR) de Lyon. Nous avons également un projet d’opération sur l’autoroute A7, avec l’installation d’une tonnelle sur une aire de repos lors des grands départs estivaux. »

APJA ou E.P.

La permanence du CIR de Lyon se trouve à quelques foulées du Groupement de gendarmerie départementale (GGD) du Rhône, à mi-chemin entre la Saône, à l’ouest, et le Rhône, à l’est. Dans la petite salle d’attente, trois affiches illustrent les trois grandes entités de la gendarmerie : départementale, mobile et garde républicaine. Un écran diffuse en alternance un diaporama de photographies, présentant les métiers de la gendarmerie, et une vidéo de ce qui attend les futurs Gendarmes adjoints volontaires (GAV) lors de leur formation en école.

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Les candidats qui souhaitent devenir GAV, mais aussi tous les jeunes qui veulent intégrer l’une des quatre classes Prépas Talents que la gendarmerie propose aux jeunes désireux de préparer les concours officiers, dans le cadre de sa politique d’égalité des chances, sont reçus dans une autre pièce pour un entretien individuel.

« Ils doivent au préalable s’inscrire sur le site lagendarmerierecrute, remplir une fiche de renseignements administrative, et prendre rendez-vous en ligne, complète Thierry. Recevoir ces candidats au CIR, c’est notre cœur de métier, mais nous menons aussi des actions toute l’année dans les Pôles Emploi, les missions locales, auprès des mairies, des collèges, des lycées, particulièrement les lycées professionnels, pour leur présenter les postes de GAV E.P. (Gendarme Adjoint Volontaire - Emploi Particulier). »

Les GAV E.P., dont les compétences sont très recherchées en gendarmerie, postulent sur un emploi précis, pour lequel ils sont déjà formés ou diplômés, contrairement aux GAV APJA (Gendarmes Adjoints Volontaires - Agents de Police Judiciaire adjoints), qui eux choisiront leur place parmi celles proposées à la sortie d’école, en fonction de leur classement.

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Il faut pouvoir parler de la gendarmerie, et donc bien la connaître

L’ADC Thierry a découvert la fonction recrutement alors qu’il était affecté au Peloton de surveillance et d’intervention de gendarmerie (PSIG) d’Annecy, en Haute-Savoie, où il a servi pendant 16 ans. « J’ai repris le poste d’un référent recrutement, et ça m’a plu immédiatement. Plus tard, quand j’ai commencé à être dernier lors des footings, alors que j’avais l’habitude d’être dans les premiers, j’ai compris qu’il était temps de me remettre en question ! En 2019, j’ai répondu à un appel à volontaires pour devenir adjoint au commandant du CIR de Lyon, puis, après le départ en retraite de ce dernier, l’année suivante, on m’a proposé de prendre la suite. J’ai accepté le défi. »

Depuis 2021, l’adjudante Amandine est l’adjointe de Thierry. « Lorsque j’étais affectée au Peloton d’autoroute de Dagneux, dans l’Ain, j’avais échangé avec une référente recrutement du GGD, explique-t-elle. J’ai manifesté de l’intérêt pour ce rôle, et mon nom a ensuite été proposé à la commandante du groupement. Dans une unité de sécurité routière, le rapport avec la population n’est pas toujours évident. Il y a de la confrontation, de la tension. Alors les sessions de recrutement étaient comme un petit bol d’air. » Amandine a répondu à un appel à volontaires et a rejoint le CIR de Lyon en 2021. Comme elle était en outre community manager du GGD de l’Ain, son profil intéressait particulièrement une unité très active sur les réseaux sociaux.

Pour Thierry et Amandine, c’est une évidence : tout le monde ne peut pas faire du recrutement. « Il faut avoir une certaine fibre, estime Thierry. Il faut vraiment aimer son métier et le contact. » Et Amandine d’ajouter : « Pour « vendre » la gendarmerie, il faut pouvoir en parler et donc bien la connaître. Il faut avoir un parcours riche et varié. » Sans oublier une bonne tactique d’approche, à l’instar de celle de Thierry.