Actualités

Les entraînements entre les PSIG et l’armée de Terre, au cœur de la coopération interarmées

Auteur : Lieutenante Floriane Hours - publié le
Temps de lecture: ≃3 min.
© SIRPA-G - B. LAPOINTE
Jeudi 16 juin 2022, le Directeur général de la gendarmerie nationale (DGGN) et le Chef d’état major de l’armée de terre (CEMAT) se sont rendus au camp militaire de la Valbonne, pour assister à un exercice réalisé conjointement entre le PSIG d’Ambérieu-en-Bugey et le 68e Régiment des Artilleurs d’Afrique (68e RAA). Un entraînement qui s’inscrit dans une volonté de coopération globale entre les deux institutions militaires.

En août 2021 a été signé le renouvellement du protocole d’accord de coopération entre la gendarmerie nationale et l’armée de Terre. Acté pour la première fois en mai 2018, cet accord est le fruit du rapprochement entre les deux institutions, impulsé en 2015 lors du lancement de l’opération Sentinelle. Aujourd’hui, il révèle la volonté des deux institutions de poursuivre et renforcer le partage de connaissances tactiques et techniques dans les domaines des ressources humaines, des partenariats opérationnels, de l’interopérabilité et de la formation.

© SIRPA-G - B. LAPOINTE

Des mises en situation tactiques et techniques

Pour illustrer ce partenariat, le directeur général de la gendarmerie, le général d’armée Christian Rodriguez et le Chef d’État Major de l’Armée de Terre, le général Pierre Schill, se sont rendus ce jeudi 16 juin 2022 au camp militaire de la Valbonne pour assister à un exercice de fin de stage d’aguerrissement entre le PSIG d’Ambérieu-en-Bugey et le 68e RAA. Une visite inédite lors de laquelle deux scénarios ont été présentés : le premier impliquant une patrouille Sentinelle prise à partie dans un environnement type « village de Noël » et devant stabiliser l’adversaire avant l’arrivée du PSIG et le second, centré sur l’intervention de douze personnels du PSIG (constitués en trinômes) faisant face à plusieurs individus retranchés dans des bâtiments.

Réalisées par des instructeurs de l’armée de terre, ces mises en situations réalistes permettent de préparer les unités de gendarmerie aux interventions de haute intensité et à l’application des savoir-faire militaires à l’action quotidienne de sécurité. Un véritable besoin dans un contexte de superposition de crises (drame de Collobrières, attentats de 2015, succession de forcenés armés) et face à une augmentation significative des agressions de gendarmes avec armes (+300 % en 10 ans). Une difficulté abordée par le directeur général de la gendarmerie lors d’un point presse au camp de la Valbonne : « Quand on est face à quelqu’un qui nous tire dessus, il n’y a pas 156 solutions pour essayer de se protéger, de neutraliser la personne et pour éviter qu’elle ne tue quelqu’un, que ce soit un gendarme ou quelqu’un de son entourage. Donc, cela paraît logique de s’inspirer de ceux, qui, je considère, ont une avance dans ce domaine là. […] Et je suis très content d’avoir vu ce que j’ai vu [durant l’exercice], des gens qui manœuvrent, qui s’inspirent de ce que font les régiments de l’armée de Terre dans leur quotidien notamment en mission extérieure ».

Depuis sa mise en place en septembre 2021, ce partage de compétences ne cesse de se développer. Durant les quatre premiers mois de son application en 2021, 40 PSIG ont ainsi été formés. Au 31 mai 2022, ils sont déjà 73. L’idée est, à terme, que tous les PSIG de France puissent bénéficier de ce stage d’aguerrissement.

© SIRPA-G - B. LAPOINTE

La militarité comme ADN commun

Au-delà de ces actions de formations communes, le partenariat entre la gendarmerie et l’armée de Terre s’incarne également à travers les liens opérationnels (la gestion de crise au niveau zonal, la mise en condition finale sentinelle, l’appui mutuel lors de stages de préparation aux opérations hors métropole et extérieures), à travers des exercices communs de grande ampleur, dont le but est de développer l’interopérabilité, et à travers des partenariats au niveau des groupements-régiments et des centres nationaux ou régionaux d’instruction. Les deux forces partageant la même identité et la même culture militaires, cette dynamique de partage des connaissances n’est pas prête de s’arrêter. La venue du DGGN et du CEMAT sur la séquence du 16 juin 2022 à La Valbonne en est la parfaite illustration.

Enjeux et implications de la militarité de la gendarmerie : le directeur général s’exprime devant la commission de la Défense

Ce mardi 25 janvier, la commission de la Défense a auditionné le général d’armée Christian Rodriguez, directeur général de la gendarmerie nationale, s..

Lire la suite...