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NÉO 2 : la formation des SIC, dernière étape avant le déploiement

Auteur : Pablo Agnan - publié le
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© SIRPA - B.LAPOINTE

Avant d’arriver dans les mains de leurs utilisateurs, les nouveaux terminaux NÉO 2 doivent subir une dernière manipulation. Cette phase consiste à les initialiser. Mais cette manœuvre ne peut être réalisée que par des personnels spécialement formés. Une mission dédiée au Centre national de formation des SIC de la gendarmerie (CNFSICG).

Alors que le Service central des réseaux et technologies avancées (SCRTA) poursuit sa manœuvre d’ampleur pour fournir aux gendarmes les 110 000 terminaux issus du programme NÉO 2, un autre service entame la sienne. Depuis la mi-mars, le Centre national de formation des SIC de la gendarmerie (CNFSICG) a en effet commencé la formation des formateurs relais (CSIC et référents SIC des écoles).

Ces personnels constituent le dernier maillon de la chaîne de distribution des smartphones et autres tablettes. « Ils seront chargés de réceptionner les matériels et de procéder à leur configuration initiale, avant de les remettre aux utilisateurs, décrypte le colonel Bruno Cotillon, commandant du CNFSICG. Ce procédé nécessite une assistance technique, avec un mot de passe notamment, accessible uniquement via un logiciel, lui-même déverrouillable seulement grâce au code savoir délivré à la fin de la formation. »

400 gendarmes à former

Dans le détail, cette manipulation consiste, entre autres, à initialiser la carte micro SD. Cette dernière fonctionne comme un badge. Vierge au départ, c’est à l’intérieur de ce bout de plastique que seront injectés les fameux certificats de sécurité. Ils sont essentiels au bon fonctionnement et à la sécurisation du téléphone. En clair, sans eux, l’utilisateur ne pourra pas avoir accès au terminal. Pourquoi ? Car sans ces codes, le système ne va pas reconnaître l’utilisateur. Un peu comme si vous essayiez de passer un portique de sécurité avec votre carte Vitale.

Pour les formateurs relais, ce process est accessible uniquement après avoir suivi la formation. D’où l’obligation pour eux de passer une journée dans les locaux du centre, implanté à Rosny-sous-Bois, en région parisienne. « Nous avons 400 à 420 gendarmes à former, en seulement quatre à cinq semaines », précise l’officier. Soit une vingtaine par jour. Certaines de ces formations se déroulent même à l’extérieur, notamment dans les écoles de gendarmerie. « 10 000 personnes y passent chaque année, justifie le colonel. D’où l’idée d’avoir des référents SIC NÉO 2 sur place. »

La mallette pédagogique

Dans tous les cas, pour tenir cette cadence, le colonel Cotillon peut compter sur une douzaine de formateurs, comme l’adjudant-chef Fabrice. Avec ses camarades, le sous-officier a travaillé pendant six mois sur la constitution d’une mallette pédagogique disponible sur Gendform. Construite avec la section mobilité du ST(SI)², dans un véritable souci de vulgarisation, elle contient toutes les informations dont les formateurs relais auront besoin pour effectuer l’initialisation. Ce kit a également été fourni au CNAU, qui joue un rôle très important dans l’accompagnement des utilisateurs finaux.

« En ingénierie de formation, il faut développer un discours qui soit lisible par un néophyte, mais écrit par un professionnel, qui s’appuie sur ce que va lui dire un développeur, résume l’adjudant-chef. Tout ce qui a été fait dans ce projet a été simplifié. »

Pourquoi ? « Car notre public n’est pas composé de techniciens. » L’idée des instructeurs a donc été de faciliter la compréhension de ces informations, en rendant les supports plus ludiques et, surtout, diversifiés. « Tout le monde n’apprend pas de la même manière, expose le colonel Cotillon. Certains préfèrent lire, d’autres regarder un tutoriel vidéo. On a donc construit une combinaison de tout cela. »

L’andragogie

Infographies, diaporamas, schémas et même tutoriels vidéo, les supports de formation se veulent aussi variés que les profils des stagiaires. Et contrairement aux années quatre-vingt-dix, où les instructions se déroulaient sur photos, ici, théorie et pratique se mélangent. 60 téléphones ainsi que des cartes micro SD ont été fournis au CNFSICG pour que les apprenants puissent se familiariser avec les nouveaux terminaux. « Aujourd’hui, les gens ont besoin de manipuler, de toucher et d’explorer eux-mêmes », stipule l’officier.  

Cette méthode d’apprentissage porte un nom : l’andragogie. « Il s’agit ni plus ni moins que d’une pédagogie adaptée aux adultes », explique l’adjudant-chef Fabrice. Et elle porte ses fruits. À la fin de la journée, tous les stagiaires peuvent opérer la manipulation liée à l’intégration des certificats dans les microcartes SD, et bien d’autres !