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Recrutement : les ambassadeurs de la gendarmerie répondent à vos questions

Auteur : le commandant Céline Morin - publié le
Temps de lecture: ≃7 min.
© Gendarmerie nationale

Après avoir lancé un tout nouveau site de recrutement en octobre dernier, la gendarmerie poursuit sur la voie de la digitalisation afin d’être en mesure de toucher et d’intéresser une jeune génération hyper-connectée. Depuis le 15 mars dernier, elle propose ainsi une plateforme conversationnelle digitale, animée par un réseau d’ambassadeurs métiers, qui répondent en ligne à toutes les questions des candidats potentiels.

Depuis quelques mois, la communication de recrutement de la gendarmerie fait peau neuve, dans la droite ligne de la stratégie GEND 20.24, promouvant une plus grande proximité avec la population, notamment à travers l’évolution de ses outils numériques. Une transformation impulsée par la sous-direction des compétences, et plus particulièrement par le Bureau du recrutement, des concours et des examens (BRCE), chargé, depuis la rentrée 2020, de la communication de recrutement.

La sous-direction s’est d’abord fixé comme priorité de moderniser le site « La gendarmerie recrute », afin de disposer d’un outil adapté aux enjeux de recrutement à venir. « La gendarmerie recrute en moyenne entre 10 000 et 12 000 gendarmes par an, tous statuts confondus. Dans un contexte fortement concurrentiel, il nous fallait redéfinir notre action, en la décorrélant de la communication institutionnelle, en modernisant nos outils et en les adaptant à notre tranche d’âge cible, celle des 18-25 ans », présente la commandante Peggy Raboin, chef de la Section communication (SECOM) du BRCE.

Un site de recrutement entièrement rénové

En octobre 2021, un site internet entièrement rénové voit ainsi le jour, « grâce au travail conjoint de la SECOM, des développeurs du SIRPA et d’un designer UX », devenant ainsi le premier site de recrutement institutionnel à adopter la nouvelle charte de l’État. Désormais compatible multi-écrans et doté d’une ergonomie moderne, permettant une navigation fluide et simplifiée, il offre également un taux d’accessibilité de 87,27 % aux personnes en situation de handicap.

Les efforts se sont également portés sur le fond, à travers une manière totalement différente d’aborder le recrutement. Ainsi, plutôt que de mettre en avant des parcours de carrière au sein des différents statuts, le choix a été fait de mettre en lumière les 350 métiers qui existent en gendarmerie (toutes les fiches-métiers ne sont pas encore en ligne, NDLR), ainsi que les conditions de recrutement, avec un lien systématique vers les Centres d’information et de recrutement (CIR) pour de plus amples renseignements.

« L’ancien site s’adressait plus à un public interne. Or, pour les sous-officiers, par exemple, les deux-tiers des candidats sont issus du recrutement externe. Notre objectif est d’aller droit à l’essentiel avec le candidat potentiel, d’être transparent, en lui offrant un accès direct à l’information. Il a fallu trouver le juste équilibre dans le ton, pour rendre les informations accessibles et attractives, dans le respect du public et de l’institution », insiste la commandante Raboin.

Une plateforme d’échanges pour répondre aux interrogations des futurs candidats et du public

Mais la SECOM a voulu aller plus loin ! « Nous avons identifié le besoin de se mettre à la disposition des candidats potentiels et de leur famille, pour leur expliquer la vraie vie en gendarmerie, en abordant l’aspect professionnel, mais aussi le volet personnel et humain », explique-t-elle. Germe alors l’idée d’une plateforme d’échanges en ligne : « Nous voulions un outil complémentaire, qui aille dans le sens de la proximité au quotidien avec les candidats potentiels. Le digital a cette vertu de casser les barrières. Parler en ligne permet de mettre à l’aise les plus réservés. Dans le même temps, cette potentialité d’échanger avec un gendarme permet aussi de sortir des stéréotypes qui nous collent à la peau. Il faut voir cela comme un levier d’action complémentaire des salons, des forums et des personnels de la chaîne de recrutement, qui répondent quant à eux à une démarche déjà plus aboutie de recrutement. Nous avons ainsi une offre globale correspondant aux différentes étapes dans la recherche d’un candidat ou de sa famille. »

Le travail mené en partenariat avec « Pathmotion », le prestataire de la plateforme, et le Sirpa, pour le volet ergonomique et l’incrémentation sur le site « La gendarmerie recrute », porte rapidement ses fruits, puisque le produit est lancé le 15 mars dernier. Et avec succès, puisqu’en moins de 48 heures, il enregistrait déjà une vingtaine de questions.

Un réseau d’ambassadeurs métiers au cœur du dispositif

Le fonctionnement de cette plateforme repose sur la mise en place d’un réseau de gendarmes ambassadeurs. Car qui est plus à même de communiquer sur son métier que le militaire en personne ? D’une dizaine au départ, ces derniers ont vocation à monter rapidement en puissance. L’objectif : avoir 25 ambassadeurs actifs, qui offriront une plus grande souplesse, en permettant notamment d’effectuer des rotations au gré des disponibilités des personnels, mais aussi en fonction des temps forts du recrutement.

Pour accélérer le lancement du dispositif, les premiers à rejoindre ce réseau ont été des personnels issus de la sphère du recrutement. Puis, sous l’action de la communication interne et du bouche-à-oreille, d’autres volontaires, généralistes comme spécialistes, viennent grossir les rangs. « L’idée qui sous-tend cet ambassadorat est d’avoir une représentativité la plus large possible en termes de statuts, de grades, de métiers, et même de géographie, et toujours dans un souci de mixité et de parité. Le réseau fonctionne sur la base du volontariat. Il faut en effet être disponible, passionné et avoir envie de parler de sa vie, puisqu’il s’agit d’une plateforme professionnelle, mais aussi plus humaine, qui ouvre sur des questions diverses, comme la place des femmes, le recrutement de personnes transgenres... Chaque ambassadeur va parler avec son vécu, sa propre authenticité », souligne l’officière, elle-même ambassadrice.

Après avoir suivi, auprès du prestataire, une formation à l’outil, à la navigation, mais aussi à la conduite des échanges (conseils relationnels), l’étape suivante pour ces ambassadeurs consiste à créer leur profil. « Nous pouvons les conseiller sur cette étape, mais sans les restreindre. Chacun a son parcours et son ressenti, et cela doit transparaître, toujours dans cet esprit de conserver l’authenticité des personnes et des échanges. » Une fois validé par la SECOM, administratrice de la plateforme d’échanges, le profil est mis en ligne, stipulant les domaines spécifiques sur lesquels l’ambassadeur est en mesure de répondre.

Une réponse sous trois jours

Les visiteurs en quête d’informations peuvent poser une question collégiale, qui pourra engendrer l’interaction de plusieurs ambassadeurs, ou s’adresser spécifiquement à l’un d’eux, en fonction du profil ou de la thématique. « Ce qui est intéressant, c’est que cela peut donner lieu à des questions auxquelles nous n’aurions pas pensé », note la commandante Raboin, avant de préciser : « Bien entendu, il y a un dispositif de modération intégré par « Pathmotion », afin de vérifier que les questions ciblent bien le recrutement, et les réorienter au besoin, par exemple vers l’application « ma sécurité ». Pour autant, dans le cadre de l’échange, nous pouvons aborder d’autres sujets, et adresser à ce titre l’internaute vers d’autres interlocuteurs plus adaptés. Nous sommes aussi vigilants à la teneur des échanges, notamment sur les profils des jeunes ambassadeurs, qui peuvent parfois appeler une modération de notre part. C’est un mode d’échange moderne, mais qui reste institutionnel. Il faut donc trouver un juste équilibre entre l’outil professionnel qu’il doit avant tout être et l’aspect humain et personnel que l’on souhaite y injecter. On ne doit pas tomber dans l’excès. »

Chaque sollicitation est notifiée à l’ambassadeur, qui y répond sous trois jours. En cas d’absence, la demande est prise en compte par un autre gendarme. L’intégralité des échanges est visible du grand public, insufflant ainsi une dynamique dans les discussions.

À travers les différents volets de cette opération de modernisation, guidée par une politique de recrutement dynamique, moderne et interactive, la gendarmerie entend ainsi accroître la visibilité de la marque employeur gendarmerie et attirer de nouveaux talents dans ses rangs.